Natale Schiavoni
Natale Schiavoni (Chioggia, 1777 - Venise, 16 avril 1858) était un peintre italien qui a été actif à la fin du XVIIIe et dans la première moitié du XIXe siècle.
Natale Schiavoni apprit d'abord à l'Accademia de Venise comme élève de Francesco Maggiotto et ensuite à Florence auprès de Raffaelo Morghen. Il avait une préférence pour les portraits et il se rendit à Trieste où il développa la réalisation de portraits en miniature fort demandés. Par la suite il se rendit à Milan jusqu'en 1815. François Ier d'Autriche l'appela à la cour de Vienne où il réalisa de nombreuses commandes de portraits en miniature et des toiles de sujets féminins et odalisques d'inspiration renaissance ce qui lui valut d'être surnommé par ses contemporains de Pittore delle grazie («Le peintre des grâces»). En 1821, il s'établit définitivement à Chioggia où il se dédia à l'étude de la peinture tout en continuant à voyager en Autriche et en Allemagne. En 1840 il fut nommé professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Venise et acheta le Palazzo Giustiniani.
Sandor Nyulassy
Sandor Nyulassy, ou Alexander Nyulassy, était un artiste peintre né en 1840 et mort en 1903. Sa mère s'appelait Ľudovít Nyulassy.
On en sait pas plus sur lui.
John Bostock
John Bostock, né en 1807 à Staffordshire et mort en 1872, était un peintre anglais qui a vécu à Londres et à Manchester. Principalement portraitiste, il a beaucoup exposé à Londres et a notamment présenté cinquante œuvres à la Royal Academy de 1826 à 1869.
Il a été étudiant à l'école de la Royal Academy à partir du 31 mars 1825.
Joseph Mallord William Turner
Joseph Mallord William Turner, plus connu sous le nom de William Turner ou de ses initiales J. M. W. Turnera, était un peintre, aquarelliste et graveur britannique, né vers le 23 avril 1775 à Londres, où il est mort le 19 décembre 1851.
Initialement de la veine romantique anglaise, son œuvre est marquée par une recherche novatrice audacieuse qui le fait considérer, avec son contemporain John Constable, comme un précurseur de l'impressionnisme.
Renommé pour ses huiles, Turner est également un des plus grands maîtres anglais de paysages à l'aquarelle. Il y gagne le surnom de «peintre de la lumière». La plus grande partie des œuvres de Turner est conservée à la Tate Britain.
William Turner a une telle manie du secret que sa date de naissance est incertaine. Lui-même revendique la date du 23 avril 1775, le jour de la fête de saint Georges et l'anniversaire supposé de William Shakespeare, mais cette affirmation n'a jamais pu être vérifiéeb. Son testament indique aussi le souhait qu'à cette date un dîner commémoratif soit donné à la Royal Academy. La première date dont les historiens sont sûrs est donc son baptême le 14 mai 1775 à l'église Saint-Paul dans le quartier de Covent Garden à Londres6,7. Il est né au 21 Maiden Lane à Covent Garden et ses trois prénoms sont ceux de son oncle maternel.
William Turner est le fils d'un barbier-perruquier, William Gay Turner (1745-1829), qui a sa boutique près de l'église Saint-Paul, au rez-de-chaussée de sa maison au n°21 d'une sombre venelle appelée Maiden Lane. Sa mère, Mary Marshall, est issue d'une famille de bouchers. Neurasthénique, elle perd progressivement la raison et entre en 1799 au St Luke's Hospital for Lunatics, puis au Bethlem Royal Hospital l'année suivante. Elle y meurt en 1804. L'une des raisons de sa folie est probablement le décès de la jeune sœur de William, Mary Ann, née en septembre 1778 et morte en août 1784 avant ses 6 ans. Si les relations avec sa mère sont difficiles, il semble que, malgré ce contexte, l'enfance de Turner ait été «chaleureuse». Il observe les bateaux qui accostent sur la Tamise, et côtoie les nombreux artistes qui vivent dans le quartier populaire de Covent Garden.
Parce qu'on lui suppose une santé fragile à la suite de la mort de sa sœur Mary Anne, et parce que la maladie de sa mère s'aggrave, le jeune Turner est envoyé à ses 10 ans en 1785 chez un oncle maternel à Brentford, petite ville sur les rives de la Tamise, dans le Middlesex, à l'ouest de Londres. Il y va à l'école. C'est probablement à Brentford que son intérêt pour le dessin et la peinture s'éveille. L'exercice artistique connu le plus ancien de Turner est de cette époque; il s'agit d'une série de coloriages simples de gravures issues du livre Picturesque View of the Antiquities of England and Wales d'Henry Boswell.
L'année suivante, en 1786, il suit son oncle et est envoyé à Margate, dans le Kent, au bord de la mer du Nord. Il y est également scolarisé. À partir de cette époque, il commence à produire des dessins que son père expose à la vitrine de son commerce et vend pour quelques shillings. C'est aussi à partir de ce moment qu'il signe ses œuvres. À Margate, il produit une série de dessins de la ville et de la zone environnante préfigurant son travail plus tardif. En 1789, Turner habite de nouveau chez son oncle, lequel a pris sa retraite à Sunningwell, à l'époque dans le Berkshire. Un carnet de croquis de cette période ainsi qu'une aquarelle d'Oxford attestent de sa poursuite artistique. L'utilisation de croquis au crayon sur place, comme le fondement préliminaire de peintures achevées plus tard, constitue la base de la manière de travailler que Turner conservera toute sa carrière.
Grâce au soutien de son père, il a l'occasion de travailler à Covent Garden comme coloriste d'estampes chez le graveur John Raphael Smith et l'éditeur Colnaghi13. Son père est étonnammentc fier des facultés artistiques de son fils8. Il se vante même à l'artiste Thomas Stothard que son « […] fils, monsieur, va être un peintre »15. Cependant, ses centres d'intérêt se fixent sur l'architecture puis le paysage13.
À presque 14 ans, il obtient son premier emploi de dessinateur chez l'architecte Thomas Hardwick. Il y réalise notamment des aquarelles de la reconstruction de l'église Saint-Marie de Wanstead. Marquant un vif intérêt pour l'architecture, il prend également des cours de perspective et de topographie auprès du dessinateur en architecture Thomas Malton le Jeune, son «véritable maître» selon lui. Il se passionne alors pour le «paysage topographique» qui est en vogue en Grande-Bretagne et il en fait le cœur de sa technique.
Incité par l'artiste John Francis Rigaud, il entre le 11 décembre 1789 - âgé de 14 ans seulement - à l'école de la Royal Academy après un essai et une épreuve technique. Ce parcours est classique pour les artistes de son temps, même s'il se démarque par la suite par la précocité de l'ascension de l'artiste. La Royal Academy offre un enseignement gratuit et de haute qualité. Il y côtoie Joshua Reynolds, premier président de la Royal Academy, et son influence, au moins théorique, est telle qu'il en fera mention dans son testament.
Turner réside alors avec sa famille, qui occupe un logement au 26 Maiden Lane, à Covent Garden, à quelques numéros de sa maison natale.
Il est autorisé à présenter des aquarelles à l'exposition d'été de la Royal Academy - notamment Le Palais de l'archevêque à Lambeth - alors qu'il n'y est élève que depuis un an.
C'est à cette période, au cours de premiers voyages hors de Londres comme chez l'ami de son père John Narraway à Bristol en 1791, puis à Bath et à Malmesbury, qu'il réalise l'importance de dessiner des croquis préliminaires avant de poursuivre ses œuvres en atelier. Il développe ainsi l'habitude de prendre des idées à l'extérieur en été pour travailler en atelier en hiver. En 1792, Turner rend de nouveau visite à la famille Narraway et voyage dans le Sud du pays de Galles.
En 1792, il rencontre l'architecte John Soane et W. F. Wells, deux hommes qui resteront proches de l'artiste.
En 1793, Turner reçoit le prix de la «Greater Silver Palette» par la Royal Academy. Il profite de l'été pour visiter Hereford et Tintern et de l'automne pour le Kent et le Sussex.
En 1794, il voyage dans les Midlands et le Nord du pays de Galles. La même année, il fait la rencontre de l'artiste Thomas Girtin.
En 1795, il se rend à nouveau dans le Sud du pays de Galles puis visite l'île de Wight. Il reçoit la même année une commission de John Landseer et de Richard Colt Hoare.
D'un style alors plutôt rigoureux, il expose en 1796 sa première peinture à l'huile, Pêcheurs en mer, à la Royal Academy. Cette peinture de marine d'une scène nocturne au large des Needles de l'île de Wight est à la fois réaliste par l'effet de Lune et de ses reflets sur la mer et romantique par son atmosphère. Elle marque également par son fort contraste. Selon le conservateur Andrew Wilton, ce tableau est «un résumé de tout ce qui avait été dit à propos de la mer par les artistes du XVIIIe siècle» et montre une forte influence d'artistes tels que Horace Vernet, Philippe-Jacques de Loutherbourg, Peter Monamy ou encore Francis Swaine. L'huile sur toile est saluée par les critiques contemporaines et installe la réputation de Turner, à la fois comme un peintre à l'huile et peintre de marine.
C'est aussi à partir de cette année, 1796, qu'il expose chaque année à la Royal Academy, et ce jusqu'à la fin de sa vie. En tout, deux cent soixante aquarelles et peintures seront exposés par Turner à cet événement. Toujours en 1796, il se rend à Brighton.
En 1797, il visite le Nord de l'Angleterre, le Lake District et Harewood dans le Yorkshire afin de travailler pour Edward Lascelles.
En 1798, il visite le Kent avec le révérend Robert Nixon et Stephen Peter Rigaud, puis le pays de Galles à nouveau. Toujours en 1798, il décide de tout faire pour devenir membre de la Royal Academy. Si son talent est déjà reconnu, sa jeunesse est un frein. Il doit alors faire une véritable campagne pour obtenir les faveurs des membres de l'institution.
Abbaye de Tintern, 1794.
En 1799, il est recommandé au diplomate Thomas Bruce pour être son dessinateur en Grèce, mais Turner n'accepte pas les conditions et l'Italien Giovanni Battista Lusieri est choisi à sa place. En août et septembre, il travaille pour l'écrivain William Thomas Beckford qui lui achète plusieurs œuvres topographiques de son abbaye de Fonthill, puis en octobre, il visite de nouveau le Nord du pays de Galles, puis le village de Knockholt. La même année, il est finalement élu membre associé le 4 novembre23, à 24 ans. Au-delà du prestige, c'est l’occasion pour lui de donner ses lettres de noblesse à la peinture de paysage, alors un courant mineur, à l'inverse de la tradition de la peinture d'histoire.
Au fil du temps, il rencontre ses premiers mécènes comme Thomas Monro - médecin au Bethlem Royal Hospital, il s'occupera de la mère de Turner - et Richard Colt Hoare, et à la fin du siècle, il dispose d'une clientèle abondante et établie.
Un appui important pour son travail vient de Walter Fawkes, de Farnley Hall près d'Otley dans le Yorkshire, dont il devient un ami proche. Turner avait rendu visite à Otley en 1797, lorsqu’il avait 22 ans, alors qu'il devait peindre des aquarelles de la région. Il aime tellement Otley et sa région qu'il va y revenir régulièrement le long de sa carrière. La toile de fond de Hannibal traversant les Alpes est réputée comme ayant été inspirée par une tempête sur le Chevin à Otley, alors qu'il se trouvait à Farnley Hall.
Les années 1790 sont marquées par l'influence du travail sur le paysage de Richard Wilson, lui-même inspiré par Claude Gellée. Le tableau Château de Dolbadarn, nord du pays de Galles - utilisé pour son diplôme - ou encore Paysage avec le père de Psyché sacrifiant à Apollon en reprennent des caractéristiques.
À partir de 1799-1800, il partage un studio avec le peintre John Thomas Serres.
En 1800, George Dance le Jeune dessine le portrait de Turner.
La même année, Turner expose La Cinquième Plaie d'Égypte à la Royal Academy. Il s'agit d'une œuvre entre la peinture d'histoire et la peinture de paysage. Le premier propriétaire du tableau est l'ancien client William Thomas Beckford et la somme déboursée - 150 guinées - participe à établir la renommée de Turner. La Cinquième Plaie d'Égypte marque des influences du peintre français Nicolas Poussin.
Le duc de Bridgewater Francis Egerton commissionne en 1800 à Turner Bateaux hollandais dans la tempête comme pendant à Bateaux sur une mer tempétueuse de Willem van de Velde le Jeune. En Angleterre, Turner est souvent l'hôte de George Wyndham, 3e comte d'Egremont, à Petworth House dans le Sussex, ce qui donne naissance à une série de peintures.
En 1801, il visite le nord de l'Écosse, le Lake District et Chester.
Ses tableaux, paysages et marines d'Angleterre, permettent à Turner d'avoir obtenu rapidement une grande réputation et donc cette consécration. Le 10 février 18027, Turner obtient le titre d'académicien royal9 et son talent lui apporte une reconnaissance et un confort. De juillet à octobre 1802, après la paix d'Amiens, il est financé pour visiter la France, la Savoie et la Suisse. À Paris, il visite le musée du Louvre et étudie de nombreuses toiles de maîtres dont Claude Gellée et Nicolas Poussin.
En 1803, l'influent critique et peintre amateur George Beaumont défend une peinture académique et devient l'un des critiques les plus véhéments du style de Turner.
À partir d'avril 1804, Turner ouvre sa galerie, au coin de Harley Street et de Queen Anne Street9. Il y place un judas lui permettant d'observer les réactions du public devant ses œuvres. Quelques jours avant l'ouverture, sa mère meurt à l'asile.
L'année suivante, il séjourne à la Syon Park House Estate d'Isleworth, en grande banlieue de Londres, et visite par bateau la Tamise, esquissant des aquarelles et huiles de la nature environnante. En décembre, il travaille sur une esquisse du HMS Victory quand il revient dans le Medway après la bataille de Trafalgar. La victoire des Britanniques est l'un des tournants des guerres napoléoniennes qui conforte également la suprématie britannique sur les mers. L'artiste traitera de cette bataille dans plusieurs œuvres restées célèbres.
En 1806, il se rend à Knockholt dans le Kent et travaille, en collaboration avec le graveur en manière noire Charles Turner (avec qui il n'entretient aucun lien de parenté), sur un recueil d'estampes, Liber Studiorum, duquel les premières planches sont publiées en 1807.
Il est élu en 1807 professeur de perspective à la Royal Academy of Arts. Jusqu'en 1828, il y présente plusieurs conférences par an. Il recherche notamment à transmettre son goût pour les peintures de paysage aux élèves. Il s'appuie sur une série de "diagrammes", tels que le diagramme n°26 qui montre l'Intérieur de la grande salle de Somerset House, et le diagramme n°76 qui représente l'intérieur du mausolée de Brocklesby Park, près de Crowle, Lincolnshire.
Turner achète un terrain à Twickenham en 1807 et y fait construire la Sandycombe Lodge à partir de 1812. Entretemps, en 1810, il déménage dans une maison qu'il a fait construire au 47 Queen Anne Street. Maison, studio et galerie, il y habite jusqu'en 1846. Vers les dernières années, la maison - désormais détruite - est remarquée pour être dans un état particulièrement vétuste.
En 1808, Turner peint dans le parc Cassiobury à Watford puis à Spithead pour le retour de la flotte ayant participé à la bataille de Copenhague.
En 1809, il visite Petworth, le château de Cockermouth, Oxford, ainsi que le château de Lowther et le château de Whitehaven. À partir de 1810 jusqu'en 1827, il se rend chaque année à Farnley Hall.
En 1819, il intègre le conseil d'administration de la Royal Academy of Arts.
La même année 1819, il visite l'Italie, il étudie des œuvres de Titien, Raphaël ou encore Canaletto. Venise, où il séjourne à trois reprises (en 1819, 1829 et 1840), lui est une importante source d'inspiration. Ses expositions se transforment en performance où il n'est pas rare de le voir peindre et reprendre ses tableaux alors même qu'ils sont exposés, le tout devant un public médusé.
Entre 1822 et 1824, Turner peint La Bataille de Trafalgar dont le format est inhabituellement grand. Ce tableau, commande de George IV pour le Painted Hall du Greenwich Hospital, a pour thème la bataille de Trafalgar et mêle plusieurs moments du combat comme la levée du célèbre signal par pavillons England expects that every man will do his duty d'Horatio Nelson depuis son navire amiral, le HMS Victory, la casse d'un des mâts du navire britannique - allusion probable à la mort de Nelson - l'Achille français en feu ou encore le Redoutable qui coule. La toile s'inspire du tableau Lord Howe lors de la bataille du 13 prairial an II peint par Philippe-Jacques de Loutherbourg en 1795. À l'époque, la peinture suscite des critiques «pour son approche non chronologique de la victoire de Nelson» et «ses puissantes allusions au prix humain [de ce] triomphe britannique».
Il avait déjà séjourné en 1809, à Petworth House, à l’intérieur des terres de Chichester dans le Sussex de l'Ouest, invité par le comte d'Egremont qui avait commencé une importante collection de ses peintures. Il y revient en 1827 et souvent jusqu'à la mort du comte en 1837, se voyant même attribuer une chambre pour son atelier. Il y travaille à une série de quatre tableaux sur un format double carré dans la salle sculptée de Petworth, donnant sur le lac.
Lors de son voyage en Italie en 1828, il retourne à Rome et travaille cette fois à la peinture à l'huile. Il s'installe dans un atelier Piazza Mignanelli, avec un peintre de ses amis, Charles Eastlake. Celui-ci a dit à Thornbury que Turner y avait peint la «Vue d'Orvieto», le «Regulus» et la «Médée».
La nuit du 16 octobre 1834, Turner est témoin de l'incendie du Parlement à Londres où le palais de Westminster, utilisé comme siège du Parlement du Royaume-Uni, est en grande partie détruit. Entre horreur et fascination pour cette catastrophe, des milliers de spectateurs assistent à la scène, ainsi que des peintres comme Turner ou Constable. Turner, lui, loue un bateau pour réaliser une série d'aquarelles dont il tirera deux tableaux, notamment L'Incendie de la Chambre des lords et des communes, le 16 octobre 1834.
En 1838, Turner réalise sa peinture la plus célèbre: Le Dernier Voyage du Téméraire. Le tableau, exposé pour la première fois à la Royal Academy of Arts en 1839, dépeint l'un des derniers navires de ligne de deuxième rang qui a joué un rôle capital dans la bataille de Trafalgar, le HMS Temeraire, tracté par un remorqueur à vapeur muni de roues à aubes vers Rotherhithe pour y être détruit. Ici, Turner peint la fin d'une ère, celle de ce navire de ligne vétéran des guerres napoléoniennes. Cette œuvre, avec d'autres, témoigne de la fascination de Turner pour le monde moderne et la révolution industrielle tout en montrant son talent pour la mise en scène, puisqu'il n'a pas assisté au remorquage du Temeraire. La peinture, qui pourrait également représenter le déclin de la marine britannique, est saluée par la critique et reçoit les honneurs de John Ruskin et William Makepeace Thackeray. C'est aussi l'une des œuvres préférées du peintre: il la prête une fois puis refuse de le faire à nouveau. Il refuse de la vendre pour, à sa mort, la léguer à la nation britannique.
Turner peint en 1840 l'un de ses tableaux les plus engagés: Le Négrier, lequel traite du sort des esclaves et la façon dont ils étaient traités à cette époque. Le thème de l'œuvre s'inspire du massacre du Zong et est un pendant artistique possible à l'autre peinture Fusées et signaux bleus.
En 1842, Turner réalise Paix - Funérailles en mer dont le sujet est «l'enterrement» en mer d'un de ses amis, l'artiste David Wilkie. Le tableau contraste avec sa palette de noirs saturés avec son pendant, Guerre. L'Exilé et l'Arapède. Les deux œuvres sont à l'époque critiquées pour leur manque de finition.
Pluie, Vapeur et Vitesse est peint en 1844 et montre une autre image du progrès et de l'industrie moderne. La toile représente en effet une locomotive passant sur le Maidenhead Railway Bridge, un pont de chemin de fer enjambant la Tamise, à Maidenhead. Turner est à l'époque l'un des rares artistes à s'intéresser au train.
En 1845, il devient président de la Royal Academy mais son enthousiasme est freiné par la charge qui accompagne cette nouvelle fonction. Dans la même période, Turner réalise un groupe de tableaux inachevés ou expérimentaux. Il ne souhaitait pas les montrer, en tout cas en l’état et ils représentent son dernier style, où son art grandit en richesse, vivacité et audace.
En 1846, il se retire de la vie publique, vivant discrètement à Cheyne Walk sous le pseudonyme de «Mr Booth» ou «amiral Booth», du nom de sa compagne Sophia Caroline Booth (1798–1875), alors que ses amis pensent qu'il habite toujours dans sa maison au 47, Queen Ann Street. Il expose une dernière fois à la Royal Academy of Arts en 1850, un an avant sa mort.
Turner demeure attaché à son identité londonienne et conservera l'accent cockney toute sa vie. Il est décrit comme rustre ou avare et, avec l'âge, devient de plus en plus excentrique et taciturne. Il est aussi un grand buveur et un amateur de chats.
Il a peu d'amis et de proches à l'exception de son père, qui travaille pour son fils comme assistant et habite avec lui jusqu'à sa mort en 1829. Son décès affecte beaucoup Turner, qui est dès lors sujet à des accès de dépression.
Il ne se mariera jamais mais a une relation avec la veuve d'un musicien, Sarah Danby, plus âgée que lui. Il est soupçonné d'être le père de ses deux filles, Evelina et Georgiana, nées en 1801 et 1811, même si des recherches plus récentes indiqueraient qu'elles sont les filles de son père, et donc ses demi-sœurs. Plus tard, à partir de 1833, il a une relation avec Sophia Caroline Booth, après la mort du second mari de celle-ci et vit pendant environ dix-huit ans dans sa maison à Chelsea.
Turner voyage beaucoup tout au long de sa carrière, d'abord en Angleterre et en Écosse, puis en 1802, en France, en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas, dans l'empire d'Autriche (Prague et Vienne). Cette vie de voyage le démarque d'un peintre comme John Constable, plus sédentaire. Dans ce Grand Tour qui culmine avec les voyages en Italie en 1819, 1828, 1833 et 1840, il se «confronte à l'Antiquité et à un héritage culturel dont il n'a eu jusque-là qu'une approche indirecte».
Comme de nombreux contemporains, Turner est un amateur de tabac à priser. En 1838, le roi des Français, Louis-Philippe Ier, lui offre une boîte de tabac à priser en or.
Le 19 décembre 1851, Turner meurt du choléra au domicile de sa compagne Sophia Caroline Booth à Cheyne Walk, dans le quartier de Chelsea, où il mène une double vie depuis 1846 avec cette veuve. Ses derniers mots auraient été «Le soleil est Dieu». Un masque mortuaire est réalisé et une cérémonie religieuse a lieu à la cathédrale Saint-Paul de Londres le 30 décembre.
À sa demande, il est enterré dans la crypte de la cathédrale Saint-Paul de Londres où il repose aux côtés du peintre Joshua Reynolds. L'architecte Philip Hardwick, fils de son tuteur Thomas Hardwick, est chargé des arrangements funéraires. Une statue de marbre du sculpteur Patrick MacDowell y est érigée en 1862, la même année de la publication de la première biographie de l'artiste par George Walter Thornbury.
Turner lègue dans son testament la totalité de ses œuvres à l'État britannique. Un de ses exécuteurs testamentaires, le poète et critique d'art John Ruskin qu'il a rencontré en 1840 (Ruskin est à l'origine d'un travail de recensement, de classement et de sauvegarde qui a beaucoup fait pour la postérité de l'artiste) donnera ainsi la majeure partie du legs (le fond de son atelier ainsi que toutes les huiles, dessins, aquarelles et gravures dans cet atelier, pour la plupart encore inconnues) à la National Gallery, future Tate Britain. Mais, tant pour des raisons juridiques liées aux nombreux codicilles rédigés par l'artiste, rendant ses volontés sujettes à interprétations, que par manque de place, l'exposition au public, même d'une partie du legs n'est que très partiellement possible. Ainsi seuls deux tableaux sont exposés en 1852, selon la volonté du peintre, entre des paysages de Claude Le Lorrain. Ce n'est qu'en 1857, sous la pression de Ruskin, qu'ont lieu les premières présentations des œuvres du legs. Le musée a finalement pour charge de les exposer en créant des salles en 1859.
Il souhaite aussi qu'une grande partie de sa fortune soit utilisée pour la construction d'un hospice pour les peintres âgés, projet qui ne verra pas le jour. Une somme est aussi prévue pour un monument. Il donne une rente annuelle à sa gouvernante et une autre pour la création d'une chaire d'enseignement de l'art paysager à la Royal Academy. Ses autres biens sont partagés entre les membres de sa famille. Sa générosité tranche ainsi avec sa personnalité supposée d'avare.
Turner a peu l'habitude de signer ses œuvres. Selon la période, les signatures «W Turner», «W m Turner» ou même «William Turner» se retrouvent. Après son élection à la Royal Academy, il signe «JMW Turner» avec généralement la mention «RA» ajoutée, de même que «PP» lorsqu'il devient professeur de perspective. Les signatures se font beaucoup plus rares à partir de 1840, probablement parce que le style de l'artiste est tellement reconnaissable qu'il peut s'en dispenser. Certaines œuvres comme Dogana et Madonna della Salute, Venise (1843) comportent ses initiales en trompe-l'œil. Par facétie, il signe aussi par un vol d'oiseaux ou un canard, son deuxième prénom Mallord ressemblant au mot mallard qui désigne le canard colvert en anglais. Son père est également suspecté d'avoir signé beaucoup d'œuvres de son fils.
Charles Bentley
Charles Bentley (né à Tottenham Court Road en 1805 - mort le 4 septembre 1854) était un peintre aquarelliste anglais de paysages côtiers et fluviaux.
Bentley est né en 1805 ou 1806, fils d'un maître charpentier et constructeur vivant à Tottenham Court Road, à Londres. Il est envoyé travailler à la coloration d'estampes pour Theodore Fielding, auprès duquel il devient apprenti pour apprendre l'aquatinte. Bentley devient l'ami de toujours d'un autre élève de Fielding, William Callow, plus jeune que lui. Pendant son apprentissage, il est envoyé à Paris, probablement pour participer à la réalisation des planches d'Excursion sur les Cotes et dans les Ports de Normandie (Paris, 1823-5), dont la plupart ont été réalisées d'après des aquarelles de Richard Bonington.
Après la fin de son apprentissage, bien qu'il gagne un peu d'argent en gravant ou en concevant des planches pour des périodiques, Bentley se tourne de plus en plus vers la peinture à l'aquarelle. Il expose quatre œuvres à la première exposition de la New Society of Painters in Water-Colours (qui deviendra plus tard le Royal Institute of Painters in Water-Colours) en 1832, et six l'année suivante. Il habite alors au 15, Bateman's Buildings, une étroite rue située au sud de Soho Square, où il reste encore six ans. En février 1834, Bentley est élu exposant associé de l'Old Water-Colour Society (qui deviendra plus tard la Royal Society of Painters in Water-Colours). En 1838, il s'installe au 11, Mornington Place, Hampstead Road, où, à l'exception d'une pause de trois ans (pendant laquelle il vit avec William Callow dans Charlotte Street), il passe le reste de sa vie. Parmi les œuvres qu'il expose à la Old Water-Colour Society en 1838 figurent deux compositions pleines d'imagination : From the Red Rover, qui dépeint une bataille navale, et From Tom Cringle's Log, qui représente un navire négrier en train de couler. Il expose pour la première fois à la British Institution en 1843 et devient l'année suivante membre à part entière de la «Old Society». En 1851, il expose à la Society of British Artists.
Bentley a peint des scènes dans toute la Grande-Bretagne, à Jersey, dans le nord de l'Irlande et en Normandie, qu'il a visitée plusieurs fois avec Callow entre 1836 et 1841. Il a également exposé des vues de Venise, de la Hollande et de Düsseldorf, mais il n'est pas certain qu'il se soit réellement rendu dans ces endroits, car il est connu pour avoir peint des œuvres d'après des croquis d'autres personnes, comme ses peintures de Trébizonde et d'Abydos, exposées en 1841 et 1849, d'après des dessins de Coke Smyth. Il a également réalisé les illustrations de 12 vues de l'intérieur de la Guyane, publiées par Rudolf Ackermann en 1841, à partir d'études réalisées lors d'une expédition en Amérique du Sud par John Morison.
Bentley n'a pas connu la réussite financière: Samuel Redgrave le décrit comme «incertain dans ses transactions et toujours pauvre». Il mourut du choléra le 4 septembre 1854, laissant une veuve, et fut enterré dans la partie ouest du cimetière de Highgate. La tombe (n°6056) n'a plus de pierre tombale ni de plaque commémorative.
Robert Ponsonby Staples
Sir Robert Ponsonby Staples, 12e baronnet (1853-1943) était un artiste, également connu pour son excentricité.
Il était le troisième fils de Sir Nathaniel Staples, 11e baronnet de Lissan House, près de Cookstown, dans le comté de Tyrone. Il est devenu l'un des artistes les plus connus d'Ulster. Surnommé le «baronnet aux pieds nus», il refusait de porter des chaussures car il pensait que les semelles en cuir bloquaient l'électricité naturelle de la terre et nuisaient ainsi à la santé. Il se rendait à Belfast uniquement pour marcher sur les lignes de tramway, car il pensait que cet apport supplémentaire d'électricité serait particulièrement bénéfique.
Staples est né à Dundee et a commencé à étudier l'architecture à l'université catholique de Louvain à l'âge de 12 ans. Il a ensuite séjourné à Dresde, à Paris et à Londres, où il a suivi une formation artistique.
Staples a vécu dans le Londres de l'époque édouardienne et a fait partie du groupe du Café Royal qui comprenait Sir William Orpen, Lily Langtry, Sophie Guilbert et le roi Édouard VII. Il a également participé à la création de la Grosvenor Gallery, fondée par Sir Coutts Lindsay et sa femme Blanche Fitzroy pour offrir un espace d'exposition alternatif à la Royal Academy.
Staples s'est finalement installé à Lissan en 1912, après la mort de son frère aîné James Head Staples, qui s'était occupé du domaine pendant que Sir John Staples, leur frère aîné, était à l'asile. Il y est resté jusqu'à la fin de sa vie, dessinant et peignant ses enfants, ses petits-enfants et les habitants de la région. Il réalise également des croquis lors de ses voyages. Au moment de sa mort, en 1943, sa famille était dans une situation financière très difficile.
Son premier tableau a été accepté par la Royal Academy alors qu'il n'avait que 22 ans et il y a exposé toute sa vie. Sa place dans la société londonienne se reflète dans ses peintures, qui comprennent des portraits d'hommes politiques, d'acteurs, d'hommes d'église, d'artistes et de la monarchie anglaise.
Son tableau le plus célèbre, The Ideal Cricket Match (Le match de cricket idéal), aujourd'hui accroché dans le pavillon du Lord's Cricket Ground, représente un match imaginaire fondant le tournoi des Ashes entre l'Australie et l'Angleterre. Parmi ses autres œuvres, citons La dernière réception du cardinal Manning (au palais archiépiscopal de l'archevêque de Westminster), Le dernier coup au Queen's Club (aujourd'hui au Worthing Museum & Art Gallery) et Gladstone Introducing the Home Rule Bill (aujourd'hui accroché à la Chambre des Lords).
Les journaux intimes de Staples ont survécu à Lissan House. Sa collection de peintures a été vendue en grande partie lors d'une vente aux enchères chez Phillips à Londres en 1991, organisée par sa petite-fille, Hazel Radclyffe Dolling, pour financer des travaux de restauration. La collection de Lissan se compose aujourd'hui principalement de portraits de famille.
William Henry Parkinson
William Henry Parkinson (1863 - 1916) était un artiste et photographe de Bradford. Son père, également prénommé William, était maître imprimeur et mourut alors que William jnr. était encore adolescent, laissant sa mère, Elizabeth, s'occuper de lui et de sa sœur, Clary. La famille vivait avec les parents d'Elizabeth à Rooley Lane, Bankfoot, Bradford.
Après avoir quitté l'école, William devient apprenti artiste-photographe. À cette époque, dans les premières années de la photographie, les deux compétences étaient étroitement liées, les photographies étant souvent colorées à la main, retouchées ou embellies.
William a fini par établir son propre studio photographique au 115 Newton Street, West Bowling, Bradford.
Les photographes, qui étaient également des artistes compétents, peignaient souvent des portraits commandés à partir de photographies qui leur étaient fournies, de sorte que William, qui était également un artiste talentueux, était bien placé pour trouver du travail. L'un des portraits qu'il a peints est celui de la célèbre actrice et chanteuse Gertie Millar, née à Bradford, appréciée pour sa beauté et populaire pour ses prestations sur scène dans des comédies musicales. Le portrait à l'huile d'une célébrité comme Gertie se vendait à un bon prix dans sa forme originale, et était également reproduit sous forme d'estampes pour être vendu à ses admirateurs.
En 1884, William a épousé Annie Cowman et le couple s'est installé à Newton Street, Bowling, où il a élevé cinq enfants.
Outre son travail photographique, William a également peint un large éventail de scènes terrestres, côtières et de genre victorien. Il avait l'œil pour repérer les sujets qui s'avéraient populaires dans les maisons de la fin de l'époque victorienne et de l'époque édouardienne dans la ville et il a exposé ses œuvres tant au niveau régional avec la Yorkshire Union of Artists, qu'à Londres, y compris sept œuvres à la Royal Academy.
Auguste Truphème
Auguste Joseph Truphème, né le 23 janvier 1836 à Aix-en-Provence et mort le 10 juin 1898 à Paris, était un peintre français.
Spécialiste de scènes de genre, surtout de scènes scolaires, et de portraits, ses tableaux étaient reproduits dans la presse de l'époque, comme Le Petit Journal illustré. Il est le frère cadet du sculpteur François Truphème (1820-1888).
Auguste Truphème est élève de William Bouguereau, Hippolyte Flandrin et Jean-Jacques Henner. Il expose au Salon des artistes français de 1865 à sa mort. Il a été directeur du cours supérieur de dessin de la Ville de Paris.
Portrait d'homme, Paris, musée d'Orsay.
Émile Vernon fut son élève à Paris.
Il est représenté dans les musées d'Aix-en-Provence, de Carpentras et de Louviers.
Jean Geoffroy
Henri-Jules-Jean Geoffroy, également connu sous le pseudonyme de Géo (1er mars 1853, Marennes - 15 décembre 1924, Paris) était un peintre et illustrateur français, connu principalement pour ses scènes de genre avec des enfants. Certaines sources donnent ses prénoms dans l'ordre inverse.
Son père, Jean-Baptiste (1822-1895), était tailleur et costumier. Sa mère, Rosalie, était la fille aînée d'un peintre anglais nommé John Dickinson (1791-1830). Ils s'installent à Paris alors qu'il n'a que deux ans. En 1871, il commence ses études à l'École des Beaux-Arts, d'abord avec Léon Bonnat, puis avec Eugène Levasseur (1822-1887) et Adolphe Yvon. Sa première exposition a lieu en 1874, au Salon, puis au Salon des artistes français, dont il devient membre en 1883. Pendant plusieurs années, jusqu'en 1886, il prend des cours complémentaires auprès d'Émile Bin.
Pendant ces années, il bénéficie du patronage du marchand de bois Laurent-Louis Borniche (1801-1883), qui est également un collectionneur d'art passionné et le créateur du musée d'art du Pavillon de l'Arsenal. La carrière de Geoffroy est couronnée par une médaille d'or à l'Exposition universelle (1900).
En 1882, il reçoit une importante commande du ministère de l'Éducation nationale. En plus des peintures, il donne des conseils sur la manière dont les images peuvent être utilisées en classe. Deux ans plus tard, il est nommé officier de l'instruction publique. En 1887, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Une autre commande de cinq peintures murales lui est passée en 1893, ce qui l'amène à se rendre en Bretagne et en Algérie pour recueillir des matériaux.
Il est devenu peintre d'enfants parce qu'au début de sa carrière, il partageait un appartement avec deux instituteurs, Louis et Julie Girard, au-dessus de leur école privée; des années plus tard, lorsqu'ils ouvrent un pensionnat, c'est là qu'il puise l'inspiration pour ses œuvres. À la mort de Louis en 1890, il devient le protecteur de Julie.
Vers 1876, il rencontre Pierre-Jules Hetzel, qui l'engage comme illustrateur de livres pour la jeunesse. Après 1880, il signe ses illustrations du nom de «Géo». Il se lie également d'amitié avec le docteur Gaston Variot, qui a travaillé avec Louis Pasteur, et devient un fervent défenseur de la pasteurisation.
Il meurt d'une maladie non révélée en 1924 et lègue le reste de sa collection à Julie Girard. La famille Girard conserve toujours son atelier.
John George Brown
John George Brown (11 novembre 1831 - 8 février 1913) était un citoyen britannique et un peintre américain spécialisé dans les scènes de genre.
John George Brown naît à Durham, en Angleterre, le 11 novembre 1831. À l'âge de quatorze ans, ses parents le mettent en apprentissage dans le métier de verrier afin de le dissuader de se lancer dans la peinture. Il étudie le soir à la School of Design de Newcastle-on-Tyne tout en travaillant comme coupeur de verre entre 1849 et 1852 et le soir à la Trustees Academy d'Édimbourg tout en travaillant à la verrerie Holyrood entre 1852 et 1853. Après avoir déménagé à New York en 1853, il étudie avec Thomas Seir Cummings à la National Academy of Design, où il est élu académicien national en 1861. Brown est vice-président de l'Académie de 1899 à 1904.
Vers 1855, il travaille comme souffleur de verre pour le propriétaire de la Brooklyn Glass Company et épouse plus tard la fille de son employeur. Son beau-père encourage ses talents artistiques et le soutient financièrement, ce qui permet à Brown de se consacrer à la peinture à plein temps. Il ouvre un studio en 1860 et, en 1866, il devient l'un des membres fondateurs de la Water-Color Society, dont il sera le président de 1887 à 1904. Brown devient célèbre pour ses représentations idéalisées de gamins des rues de New York (cireurs de bottes, musiciens de rue, vendeurs d'articles de toilette, garçons de journaux, etc.).
Son Passing Show (Paris, Salon, 1877) et Street Boys at Play (Exposition de Paris, 1900) sont de bons exemples de son talent populaire. L'art de Brown se caractérise par des peintures de genre britanniques adaptées à des sujets américains. Essentiellement littéraires, les peintures de Brown sont exécutées avec des détails précis, mais pauvres en couleurs, et plus populaires auprès du grand public que des connaisseurs. Ses peintures étaient très populaires auprès des collectionneurs fortunés. De nombreuses peintures de Brown ont été reproduites sous forme de lithographies et largement distribuées avec les thés emballés. Il a également peint quelques paysages, juste pour le plaisir.
Il est décédé à son domicile de New York le 8 février 1913.
Souhaitant capturer plus fidèlement ses sujets tels qu'ils apparaissent dans la vie réelle, Brown a déclaré un jour: «Ils changeront de vêtements, comme pour montrer l'étendue de leur garde-robe. Après avoir été expressément averti le samedi et avoir reçu l'ordre de revenir avec la même veste de fusil, votre garçon apparaîtra le lundi matin, s'il apparaît, avec une chemise de laine rouge. Et ils se font constamment couper les cheveux... de parfaits dandys!».
Brown essayait de saisir l'esprit des enfants des rues comme des personnes qui «se tirent d'affaire par leurs propres moyens».
Bien des années plus tard, Brown a affirmé que la plupart des enfants des rues qu'il avait peints étaient devenus des hommes d'affaires prospères.
Brown a déclaré aux bobbies: «Je ne peins pas de pauvres garçons uniquement parce que le public aime de telles images et me paie pour cela, mais parce que j'aime ces garçons moi-même, car j'ai moi aussi été un pauvre garçon comme eux».
Charles Venneman
Charles Ferdinand Venneman (7 janvier 1802, Gand - 22 août 1875, Saint-Josse-ten-Noode) était un peintre belge spécialisé dans les scènes de genre anecdotiques, les foires flamandes et les paysages avec des animaux.
Il reçoit sa formation artistique auprès de Joseph De Cauwer et de Ferdinand de Braekeleer. À dix-huit ans, il participe au Salon de Gand. De 1821 à 1836, il vit de la peinture décorative et de meubles. Après 1836, il peut se consacrer entièrement à son art.
Il s'installe à Anvers en 1837, pour travailler avec son ancien professeur, De Braekeleer. Là, il subit l'influence des œuvres de David Teniers et d'Adriaen van Ostade, en particulier celles qui représentent des villageois et des paysans en train de s'amuser. Les œuvres qui en résultent sont de nature nostalgique : elles sont agréables et rappellent des œuvres similaires du 17e siècle. Une histoire est toujours sous-entendue.
Au cours de sa carrière, il a exposé avec succès aux Salons d'Anvers et de Bruxelles, ainsi qu'à Gand. Ses peintures sont devenues très populaires et ont souvent été appelées «Vennemannekens».
Comme beaucoup de peintres prolifiques du XIXe siècle, il utilise une peinture à base de poix qui ne préserve pas très bien les couleurs, ce qui rend ses œuvres moins colorées et moins nuancées qu'elles ne l'étaient à l'origine.
Sa fille Rosa est également devenue peintre, mais a travaillé dans un style plus réaliste.
Enrico Bianchini
Enrico Bianchini (30 juillet 1903 - 24 octobre 1971) était un peintre, ingénieur et architecte italien. Il est connu et apprécié pour ses peintures représentant des marines, des scènes de vie et des monuments historiques italien.
Enrico Bianchini était un spécialiste du calcul des structures en béton armé. Il a participé à la conception et à la supervision de la construction d'ouvrages tels que l'autoroute de Florence à la mer Tyrrhénienne, ainsi qu'à l'arc protégeant le téléphérique de Serravalle Pistoiese. Il a également participé à la construction des stades de Turin et de Lucques, de la Casa Littoria Dante Rossi à Florence et de l'université de Trieste.
Bianchini a étudié l'histoire de l'art à Pise, puis le génie civil à Rome. Il a ensuite travaillé comme ingénieur en construction et chef de chantier. En 1931, il entame une collaboration de 20 ans avec Raffaello Fagnoni. En 1932, il participe à la construction du « Stade Benito Mussolini » à Turin, sa contribution aux concours artistiques de 1936 avec Dagoberto Ortensi et Fagnoni. Par la suite, il a fondé ses propres entreprises de construction, qui ont réalisé de grands projets tels que des centrales électriques.
Eugen Felix
Eugen Felix, aussi connu sous le nom de Karl Eugene Felix, est né le 27 avril 1836 ou 1837 à Proßnitz (Moravie) sous le nom de Veith Ehrenstamm et est mort le 21 août 1906 à Vienne, était un peintre autrichien. Il portait le nom de son grand-père, le fabricant Veith Ehrenstamm, décédé en 1827 à Proßnitz.
Eugen Felix a été l'élève de Ferdinand Georg Waldmüller vers 1852 et de Carl Rahl avant 1859. Vers 1859, il poursuivit sa formation artistique à Paris dans l'atelier de Léon Cogniet. En 1865, Felix retourna à Vienne après avoir effectué un grand voyage à travers l'Europe. À partir de 1866, il y participe régulièrement à des expositions d'art. Plus tard, il devint membre de la Wiener Künstlerhaus-Genossenschaft, dont il fut le président en 1874-1876, 1888-1890 et 1896-1898. Il a également exercé temporairement la fonction de bibliothécaire de la Maison des artistes de Vienne.
Au début, il se concentrait sur la peinture religieuse et le tableau de genre. Parmi ses œuvres de l'époque, on peut citer Le premier ami au Belvédère de Vienne, L'atelier du peintre, Les petits félicitants, Le fauconnier (Der Falkner). Plus tard, il se tourne vers la peinture mythologique (Les Bacchantes) et le portrait, qu'il cultive avec un bonheur particulier auprès de l'aristocratie et de la haute finance, aidé par un coloris plaisant et un modelé élégant.
Anton Ebert
Anton Ebert, né le 29 juin 1845 à Kladruby en Bohême et mort le 16 juin 1896 à Vienne, était un peintre portraitiste et paysagiste autrichien germanophone.
Ebert étudie la peinture à l'Académie des beaux-arts de Prague ; il poursuit ses études comme élève du peintre Ferdinand Georg Waldmüller à Vienne.
Après plusieurs voyages d'études, Anton Ebert s'installe comme portraitiste à Vienne.
Il est élu membre de la Künstlerhaus de Vienne en 1862.
Il réalise des portraits de l'empereur François-Joseph Ier en miniature sur ivoire.
En Bohême, il peint en 1882-1884 les tableaux d'autel de l'église Saint-Pierre à Kladruby.
Il se consacre également à la peinture de genre et à la peinture de paysage, en prenant ses modèles dans la région de Vienne. Sa peinture prolonge le style de l'époque Biedermeier.
Arthur Elsley
Arthur John Elsley ( 20 novembre 1860-19 février 1952) était un peintre anglais de la fin de l'époque victorienne et de l'époque édouardienne, célèbre pour ses scènes de genre idylliques représentant des enfants enjoués et leurs animaux de compagnie. Il a connu une grande popularité tout au long de sa vie et la plupart de ses œuvres ont été publiées dans des calendriers, des magazines et des livres.
Né à Londres, Arthur Elsley est l'un des six enfants de John Elsley, cocher et artiste amateur, et d'Emily Freer. Le père d'Arthur Elsley avait exposé à la British Institution Exhibition en 1845 mais, plus tard, il a contracté la tuberculose qui l'a forcé à prendre une retraite anticipée.
Alors qu'il n'a que onze ans, Arthur réalise d'excellentes études d'animaux lors de ses fréquentes visites au zoo de Londres, dans le Regent's Park. À l'âge de quatorze ans, il s'inscrit à l'école d'art de South Kensington (qui deviendra plus tard le Royal College of Art). C'est à peu près à cette époque qu'une crise de rougeole endommage définitivement sa vue.
En 1876, Elsley devient stagiaire à la Royal Academy Schools, où il subit l'influence de Frederick Pickersgill (gardien de la Royal Academy), Edward Armitage (professeur de peinture), John Marshal (professeur d'anatomie) et Henry Bowler (professeur de perspective).
Un grand nombre de ses peintures sont inspirées de croquis réalisés lors de ses fréquentes excursions à vélo dans la campagne. En 1878, il expose son premier tableau, intitulé «A Portrait of an Old Pony» (Portrait d'un vieux poney) à la Royal Academy. Il reste dans les écoles de l'Academy jusqu'en 1882 et commence alors à accepter des commandes de portraits d'enfants et de chiens, en mettant l'accent sur les chevaux. Un grand nombre de ses portraits lui sont commandés par la famille Benett-Stanford, une famille d'hommes politiques vivant à Preston Manor à Brighton - certaines œuvres y sont toujours exposées. Sa première œuvre publiée connue est une gravure au trait intitulée «April Floods In Eastern Counties» (Inondations d'avril dans les comtés de l'Est), imprimée dans le magazine «Young England» en 1885.
Elsley se lie d'amitié avec les peintres anglais Solomon Joseph Solomon et George Grenville Manton (1855-1932), partageant un atelier avec ce dernier en 1876. Par l'intermédiaire de Manton, Elsley rencontre Frederick Morgan, un peintre d'enfants populaire. En 1889, Elsley s'installe dans l'atelier de Morgan, un arrangement qui débouche sur une bonne relation de travail - Morgan ayant des difficultés à peindre des animaux, un domaine dans lequel Elsley excelle.
Elsley reçoit une médaille d'argent à l'exposition du Crystal Palace de 1891 pour son tableau «The Bailiff's Daughter of Islington». En 1892, son tableau «I'se Biggest» est publié, et doit ensuite être regravé pour satisfaire la demande du public. Le tableau représente une jeune fille comparant sa taille à celle d'un grand chien Saint-Bernard. L'Illustrated London News publie l'une des peintures d'Elsley, Grandfather's Pet, comme choix de Noël pour 1893.
Le 11 novembre 1893, Elsley épouse Emily «Emm» Fusedale, sa cousine au second degré qui a posé pour lui pendant dix ans. Ils ont un enfant, Marjorie, née en 1903, qui pose pour nombre de ses tableaux ultérieurs. Après son mariage, Elsley ouvre son propre studio, mais continue à peindre avec Frederick Morgan. Après la mort de Charles Burton Barber (1845-1894), Elsley devient son successeur naturel en tant que principal peintre d'enfants et de leurs animaux de compagnie.
Les relations entre Elsley et Frederick Morgan s'envenimèrent définitivement lorsque Morgan accusa Elsley d'utiliser ses idées. Après cela, Elsley devint plus audacieux dans ses compositions, dépeignant souvent des scènes avec de multiples personnages, tous issus de visiteurs individuels de son studio. Ne quittant pratiquement jamais son studio, les éléments extérieurs de ses peintures étaient des croquis qu'il avait faits auparavant et des images de magazines. On pensait que ces méthodes de peinture en intérieur aggravaient sa vision déjà défectueuse.
La Première Guerre mondiale réduit considérablement la production de peintures d'Elsley - il n'en réalise que quatre entre 1915 et 1917, dont l'une, un portrait de sa fille Marjorie, est exposée à la Royal Academy. Il contribue à l'effort de guerre en travaillant sur des viseurs de bombes dans une usine de munitions, ce qui met à rude épreuve sa vue déjà faible. Au début des années 1930, il n'est plus capable que de travailler le bois et de jardiner.
Arthur John Elsley meurt chez lui à Tunbridge Wells le 19 février 1952.
Au sommet de sa carrière, de 1878 à 1927, Elsley a exposé 52 œuvres à la Royal Academy, mais beaucoup d'autres ont été présentées dans des salles d'exposition à travers le pays: The Royal Society of British Artists, Royal Institute of Oil Painters, French Gallery, Dudley Gallery et Crystal Palace à Londres; The Walker Art Gallery, Liverpool; The Institute of Fine Art, Glasgow; Manchester City Art Gallery; The Royal Society of Artists, Birmingham; Nottingham Castle Museum; Victoria Art Gallery, Bath; The International Exhibition in Cork Ireland (1902-03).
Ses gravures ont été utilisées à des fins commerciales par de nombreuses entreprises telles que les calendriers de Thomas D. Murphy Co, Sunlight Soap, Brook's Sewing Cottons, Peek Freans biscuits & cakes ; et Bibby's Quarterly (un journal illustré de la vie à la campagne et à la maison). Ses peintures ont également été utilisées dans des documents publicitaires distribués par A&F Pears, par exemple comme gravures dans le Pear's Annual (publié chaque année à Noël).
Actuellement, les œuvres d'Elsley sont exposées à la Russell-Cotes Art Gallery & Museum de Bournemouth, dans les collections du Hartlepool Museums and Heritage Service, à la Lady Lever Art Gallery de Port Sunlight, à Liverpool, au Royal Liverpool Children's Hospital de Liverpool et à la Royal Pavilion Art Gallery and Museum, Preston Manor, 194 Preston Road, Brighton.
François-Louis Lanfant
François-Louis Lanfant, né en 1814 à Sierck-les-Bains et mort au Havre en 1892, était un peintre français d'histoire et de genre.
Il eut une vie assez mouvementée. Arrivé à Paris à l'âge de 15 ans, il dessina d'abord des compositions originales pour des marchands de papiers peints. Puis il fut admis à l'atelier d'Ary Scheiffer, peintre d'histoire, de genre et de portraits. En 1842, il fut engagé comme dessinateur par le naturaliste suisse Agassiz et l'accompagna en Suisse et en Italie. Bien vite rebuté par une existence trop régulière, il quitta Naples à pied et s'engagea dans une troupe de comédiens ambulants, réalisant ainsi un rêve de jeunesse. Il quitta assez rapidement cette troupe puisqu'en 1843, on le retrouve peintre à Paris. De 1843 à 1866, il expose régulièrement au Salon de Paris, entre autre : Romulus attaque et bat les Sabins, Une bouquetière sous la Régence et la Fiancée du village qui obtint une Médaille d'Or en 1847.
En 1853, il exposa au Salon La Visite chez le brocanteur, considérée comme une de ses meilleures oeuvres.Le peintre finit par acquérir une certaine notoriété. Il eut un atelier à Paris, Boulevard des Italiens et forma un certain nombre d'élèves. 1868 fut un tournant dans sa vie d'artiste : au cours d'un voyage à Trouville avec Courbet, il retrouva d'anciens amis comédiens et rencontra le musicien Louis Tessier qui devint son ami. Il décida de ne plus retourner à Paris. Il s'établit au Havre et changea complétement sa manière de peindre. Abandonnant la peinture d'histoire, il ne peindra plus que des tablotins de petit format, mettant en scène l'enfance insouciante et espiègle : jeux de bambins, sorties d'écoles bruyantes, batailles rangées, farces, jeux interdits (le bon vin, le dénicheur), parodies des attitudes, gestes et passions des adultes. La lithographie popularisa certaines de ses oeuvres ; Eugène Jouy et Goupil les éditèrent en couleurs, Barry, Fuhr et Lemoine les transposèrent au crayon lithographique. Dans ces innombrables scènes enfantines, l'imagination de Lanfant fut débordante ; il sut éviter toute redite et ajouter toujours une note attendrie qui rend ses petits comédiens si charmants.
Au Salon de 1845, il présente "Les jardins publics sous Louis XV".
Silvestro Lega
Silvestro Lega (8 décembre 1826 - 21 septembre 1895) était un peintre réaliste italien. Il fut l'un des principaux artistes des Macchiaioli et fut également impliqué dans le mouvement de Mazzini.
Il est né à Modigliana, près de Forlì, dans une famille aisée. À partir de 1838, il fréquente le collège des Piaristes, où ses talents de dessinateur se révèlent. De 1843 à 1847, il fréquente l'Accademia di Belle Arti, à Florence, où il étudie le dessin avec Benedetto Servolini (1805-79) et Tommaso Gazzarrini (1790-1853), puis la peinture, brièvement, avec Giuseppe Bezzuoli. En 1847, il fréquente l'école de Luigi Mussini, où l'enseignement met l'accent sur les principes florentins du XVe siècle en matière de dessin et de construction ordonnée. Ensuite, et pendant quelques années, il continue à fréquenter la Scuola del Nudo de l'Accademia.
Volontaire garibaldien, Lega participe aux campagnes militaires pour l'indépendance de l'Italie (1848-49) avant de reprendre sa formation, cette fois sous la direction d'Antonio Ciseri[1]. En 1850, il réalise son premier tableau de grande taille, Thomas le Douteux (Modigliana, Osp. Civ.). En 1852, il remporte le Concorso Trienniale dell'Accademia avec David plaçant Saul et devient membre de l'Accademia degli Incamminati de Modigliana le 30 janvier 1853. En 1855, Lega retourne dans sa ville natale, où il reste jusqu'en 1857.
De nature sérieuse, Lega était un visiteur peu fréquent du Caffè Michelangiolo, lieu de rencontre favori dans les années 1850 pour les jeunes peintres qui deviendront plus tard connus sous le nom de Macchiaioli. Diego Martelli, un contemporain de Lega, écrit à son sujet qu'«il n'était pas de ceux qui, artistiquement parlant, peuvent se lancer dans des développements nouveaux...». Malgré les discussions nocturnes dans le creuset du Café Michelangiolo, l'art de Lega, jusqu'en 1859, reste ostensiblement académique". Par la suite, le style de Lega s'oriente vers le réalisme et s'éloigne du purisme de Mussini. Cette évolution est évidente dans les quatre lunettes qu'il peint entre 1858 et 1863 pour l'Oratoire de la Madonna del Cantone à Modigliana, et dans plusieurs œuvres à thème militaire qu'il peint pendant cette période Avec ses amis de Macchiaioli, Odoardo Borrani, Giuseppe Abbati, Telemaco Signorini et Raffaello Sernesi, il commence à peindre des paysages en plein air.
De 1861 à 1870, il vit avec la famille Batelli, près de la rivière Affrico, et entame une relation avec la fille aînée, Virginia. Les enfants et les femmes de la famille Batelli sont les sujets de nombre de ses peintures pendant cette période heureuse de sa vie.
En 1870, il reçoit la médaille d'argent à l'Exposition nationale de Parme. La même année, Virginia Batelli, sa compagne, meurt de la tuberculose. Trois des frères de Lega meurent également à peu près à la même époque. Lega, en deuil, retourne à Modigliana. Déprimé et souffrant de problèmes oculaires, il cesse presque totalement de peindre pendant quatre ans entre 1874 et 1878. En 1875, il crée avec Borrani une galerie d'art moderne à Florence, mais celle-ci échoue rapidement et les problèmes financiers de Lega s'aggravent. En 1878, il participe aux préparatifs de l'Exposition universelle de Paris. Au Promotrice florentin en 1879, Lega, qui n'a jamais voyagé en dehors de l'Italie, voit deux tableaux impressionnistes de Camille Pissarro qu'il admire.
Il devient un hôte fréquent de la famille Tommasi et un tuteur des fils de la famille. L'historienne de l'art Norma Broude affirme que «comme les Batellis avant eux, les Tommasi ont accueilli Lega dans leur cercle familial et lui ont fourni l'environnement familial chaleureux et soudé dans lequel lui et son art pouvaient s'épanouir». En 1886, il peint l'une de ses œuvres les plus célèbres, les Gabbarigiane.
Au milieu des années 1880, Lega est presque aveugle et ne perçoit que les grandes masses. Il réalise de nombreuses peintures à Gabbro, où il est l'hôte de la famille Bandini, et participe à l'Exposition universelle (1889) et à la Promotrice de Florence.
Lega meurt à Florence en 1895 d'un cancer de l'estomac.
La carrière artistique de Lega peut être divisée en deux périodes: la première est la phase calme, où il porte un regard optimiste sur le monde. La seconde est la phase perturbée, liée à ses mauvaises conditions économiques et à sa dépression après la mort de Virginia.
Efrem Gisella Calingaert dit :
L'originalité du style de Lega réside dans la façon dont il a adapté une utilisation contemporaine de la couleur, basée sur l'expérience directe du motif, à un type de composition traditionnel et à des formes soigneusement définies. Ceci est illustré par le Chant de la Ballade (1867; Florence, Pitti), qui, avec Une Visite (1868; Rome, G.N.A. Mod.) et La Pergola, constituent les œuvres les plus importantes de la période de maturité de Lega et peut-être de toute sa carrière. Dans le Chant de la ballade, la simplicité et l'équilibre de la composition, la transparence des couleurs et le rendu de l'atmosphère, la monumentalité des personnages de profil et leurs formes pyramidales confèrent à la scène la solennité d'un tableau de Piero della Francesca.
Corneille Van Leemputten
Corneille Van Leemputten, né à Werchter le 25 janvier 1841 et mort à Schaerbeek le 24 novembre 1902, était un peintre belge connu pour ses représentations animalières et ses paysages pastoraux, traités de manière réaliste.
Exposant aux salons triennaux belges de Bruxelles, Anvers et Gand, il est également connu hors de la Belgique grâce à sa participation à de nombreuses d'expositions internationales, où il obtient plusieurs récompenses.
Ses œuvres sont conservées dans plusieurs musées belges et britanniques.
Corneille (Cornelis) Van Leemputten, né à Werchter le 25 janvier 1841 est le fils de Jean François Van Leemputten (1818-1894) et d'Elisabeth Hopland. Son père, agriculteur et boulanger, devenu veuf en 1849, et remarié l'année suivante, s'installe avec sa famille à Bruxelles en 1852 pour devenir restaurateur de tableaux, attaché au musée de Bruxelles, car il avait une certaine pratique comme peintre animalier. Corneille et son jeune demi-frère Frans Van Leemputten sont encouragés par leur père à pratiquer l'art.
Le 19 mai 1866, Corneille Van Leemputten épouse à Saint-Josse-ten-Noode, Marie Thérèse Van Diegom, fleuriste, née à Saint-Josse-ten-Noode le 29 janvier 1841 et morte à Laeken en avril 1921.
À l'exception de quelques leçons de son père, Corneille Van Leemputten se forme initialement en autodidacte en réalisant des études d'après nature dans des régions telles que le Brabant et la Campine dans le nord-est de la Belgique. En 1855, sa famille s'installe brièvement à Anvers où Corneille suit les cours de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers de 1855 à 1860. En 1858, il obtient trois prix (dessin, figures ombrées et figures au trait) au cours dispensé par Edward Dujardin, de même que le second accessit en figures ombrées lors du concours de dessin d'ornement d'après l'estampe.
Corneille Van Leemputten participe à plusieurs expositions triennales belges, où son premier envoi est un Intérieur d'étable au Salon de Bruxelles de 18724. En 1883, il expose Matinée d'automne et Bruyères à Arendonck au Salon de Gand et obtient une médaille d'or5.
Il expose ensuite souvent dans les expositions internationales : Exposition universelle de 1878 à Paris, Salon de Paris de 1879, 1880, 1882 et 18836, Reims, Alger (médaille en 1881), Londres, Saint-Louis, Munich, à l'Exposition universelle de 1893 à Chicago et à l'Exposition de Bordeaux de 1895. Il obtient des médailles d'or à Édimbourg en 1887, à Port Adélaïde en 1887 et à Berlin en 1896. Il reçoit également des médailles d'argent à Nice (1883), La Nouvelle-Orléans (1885), Melbourne (1888), Barcelone (1888) et Cologne (1889).
Corneille Van Leemputten, vivant retiré depuis plusieurs années, meurt, à l'âge de 61 ans, place Masui, n°8 à Schaerbeek, le 24 novembre 1902.
Corneille Van Leemputten est principalement connu pour ses paysages représentant des moutons, de style similaire à ceux d'Anton Mauve et Charles Jacque. Au Salon de Bruxelles de 1875, il envoie Une bergère tricotant au milieu de ses moutons. La critique estime les animaux justes d'allure, ressemblant à ceux dessinés par Albert Brendel. Il réalise aussi des sujets représentant des scènes de basse-cour. Il est influencé par les scènes romantiques avec du bétail d'Eugène Verboeckhoven, qu'il réinterprète de manière plus réaliste. Ses compositions représentent souvent, avec de petites variations, la campagne plate belge brabançonne ou campinoise, présentant un horizon bas, de la végétation et des surfaces d'eau au premier plan et des personnages miniatures. Ses moutons constituent une manière d'étoffage dans un contexte varié selon les situations climatiques, les évolutions du jour et les fluctuations de la lumière. Il est considéré comme «l'un des poètes du brouillard».
Corneille Van Leemputten est un artiste à l'esprit commercial qui produit une grande quantité d'œuvres de qualité égale destinées aux marchés locaux et internationaux.
Charles Petit
Nous ne savons rien d'autre sur lui.
Alexeï Harlamov
Alexeï Harlamov, nommé aussi Harlamoff, Kharlamov et Charlamoff, était un peintre russe, né le 18 octobre 1840 à Dyachevka (Saratov, Empire russe) et mort le 11 avril 1925 à Paris, où il vécut principalement.
Né dans une famille de serfs qui obtient son émancipation en 1850, le jeune Alexeï, doué pour le dessin, est admis en 1854 à l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Il obtient la médaille d'argent trois ans plus tard, puis une nouvelle distinction en 1862 et devient l'assistant du peintre d'histoire Alexeï Tarasovich Markov (1802-1878). Jusqu'en 1868, il produit de grands formats peints figurant des scènes religieuses, fortement remarquées par l'Académie, qui lui décerne la médaille d'or et l'admet parmi ses membres en tant qu'élève; il deviendra pleinement membre en 1875. L'année suivante, il obtient une bourse pour venir à Paris compléter sa formation.
En avril 1870, la tsarine Maria Alexandrovna lui achète une œuvre, un portrait d'Alexandre II. Vers la fin de l'été, il séjourne en Normandie, puis aux Pays-Bas, au moment de l'entrée en guerre de la France contre la Prusse, accompagné entre autres de son compatriote Alexeï Bogolioubov. Il visite Bruxelles, puis Londres, et enfin La Haye, villes où il découvre dans les différents musées les grands maîtres. Fin 1871, l'Académie russe lui passe commande d'une copie de La Leçon d'anatomie du docteur Tulp de Rembrandt (La Haye), pour laquelle il reçoit 1500 roubles. De retour à Paris en 1872, il décide d'assister aux cours privés de Léon Bonnat, après avoir essuyé un refus de l'Académie des beaux-arts de Vienne pour un poste d'assistant. Son adresse parisienne est au 42 rue Fontaine. Il fréquente les soirées artistiques de son ami Bogolioubov au 95 rue de Rome. Il croise Ivan Tourgueniev. La galerie Goupil & Cie se porte acquéreur de ses tableaux, ainsi que le grand collectionneur moscovite Mikhail Petrovich Botkin (1839-1914), via Tourgueniev. De fait, Harlamov devient un intime du couple Louis Viardot et Pauline Viardot-Garcia, qui vivent 50 rue de Douai, immeuble où réside également Tourgueniev. En juin 1874, Harlamov séjourne en Allemagne, puis en Espagne, et enfin à Veules-les-Roses et Étretat, le reste de l'été. Il séjourne également à la «villa Viardot» à Bougival.
En mai 1875, il expose pour la première fois au Salon de Paris, sous le nom d'«Alexis Harlamoff», deux portraits et une nature morte. Il est ensuite présent au Salon régulièrement jusqu'en 1882, et dans le même temps, il envoie également des œuvres au salon de l'Académie russe. Le succès est alors au rendez-vous. Son portrait de Pauline Viardot est remarqué par la presse parisienne. Il loue alors l'ancien atelier d'Isidore Pils, situé 11 place Pigalle. Sa notoriété, via Goupil, gagne le marché international. C'est en artiste comblé et fêté qu'il revient pour un bref séjour à Saint-Pétersbourg, durant l'hiver 1875-1876. Peu après, de retour à Paris, son atelier accueille ses premiers élèves, dont Pauline Viardot et la soprano russe Felia Litvinne, dont il fera plusieurs portraits.
En novembre 1877, Harlamov est le cofondateur de la «Société d'entraide et de charité des artistes russes de Paris» (Общество взаимного вспомоществования и благотворительности русских), plus simplement appelée «Société des artistes russes», avec Bogolioubov (président) Tourgueniev (secrétaire), Nicolas Orloff (président d'honneur) et Horace Günzburg (administrateur, mécène), par ailleurs fondateurs de l'Organisation reconstruction travail. Les réunions se tenaient le mardi rue de Tilsitt, chez le baron Günzburg.
En 1879, il est convié, parmi d'autres artistes, à la décoration de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. Il est ensuite admis au Cercle de l'Union artistique. Le critique russe Ivan Kramskoï l'invite à participer aux expositions des Ambulants, à travers toute la Russie. En 1880, il exécute le portrait d'Andreï Kraïevsky. En 1883, passant par Florence, il fait celui de Paul Pavlovitch Demidoff et de sa famille. En 1885, Bogolioubov tente de fonder un musée à Saratov, l'actuel musée A.N. Radichtchev, et Harlamov lui fait don de quelques toiles. En 1886, Pavel Tretiakov lui achète des tableaux, destinés à la galerie Tretiakov. En 1888, il expose ses toiles dans le cadre de l'International Exhibition of Science, Art and Industry de Glasgow.
Durant l'exposition universelle de 1900 à Paris, il fait partie des artistes russes invités d'honneur, et est nommé chevalier de la Légion d'honneur. En 1902, il se voit décerner l'ordre de Saint-Vladimir.
En 1909, il revient au Salon des artistes français, exposer deux portraits de femmes. Son nouvel atelier parisien se situe désormais au 57 bis, boulevard Rochechouart. Entre 1911 et 1914, il est représenté à Moscou par la Galerie Lemercier.
L'entrée en guerre puis la révolution russe affaiblissent le peintre, qui est alors très proche, depuis plusieurs années, de Felia Litvinne. Elle prend soin du peintre, l'expose dans son hôtel particulier en 1922 et 1924, et, à sa mort survenue le 11 avril 1925 dans l'atelier du boulevard Rochechouart, devient sa seule héritière.
Hermann von Kaulbach
Hermann von Kaulbach (26 juillet 1846 à Munich - 9 décembre 1909 à Munich) était un peintre allemand de l'école de Munich.
Kaulbach était le fils du peintre Wilhelm von Kaulbach. Il était à l'origine étudiant en médecine à l'université Ludwig Maximilian de Munich, mais, peut-être inspiré par son père, il a quitté l'école pour étudier la peinture. En 1867, il devient l'élève de Karl von Piloty. Sous l'influence de ce dernier, Kaulbach se consacre presque entièrement aux thèmes historiques. En fin de compte, il est surtout connu pour ses portraits d'enfants. Il effectue deux voyages d'étude à Rome, en 1880 et en 1891. En 1886, il est nommé professeur de peinture d'histoire à l'Académie des beaux-arts de Munich. En 1906, il publie un livre d'images ayant pour thème les enfants, qui se vend à 135000 exemplaires.
Il est marié à Sophie Schroll, fille d'un graveur, avec qui il a trois enfants. Nombre de ses œuvres sont exposées au musée de Bad Arolsen (ville natale de son père). Ses lettres et autres documents font partie de la collection des archives de la littérature allemande (qui font partie du musée de la littérature moderne) à Marbach am Neckar. Il est enterré à l'Alter Südfriedhof de Munich.
Bien que son travail ait été généralement bien accueilli, il a parfois été critiqué pour avoir accordé trop d'attention aux détails, tout en négligeant l'importance du sujet principal du tableau. Son portrait de Lucrèce Borgia a suscité une controverse parce qu'il était considéré comme «trop obscène», et sa version du couronnement de sainte Élisabeth par l'empereur Frédéric II a été rejetée par certains critiques comme étant de la «peinture de costume».
Anton Seitz
Anton Seitz, né le 23 janvier 1829 à Roth et mort le 22 novembre 1900 à Munich, était un peintre allemand de genre, de paysages et de portraits.
Seitz est issu d'une vieille famille patricienne de riches industriels de Nuremberg, qui s'installa à Nuremberg en 1839. Il y fit ses études de latin et de lycée et commença en 1845, à l'âge de 16 ans, une formation auprès du graveur Friedrich Wagner à Nuremberg pour apprendre le dessin et l'art du noir. Sur la recommandation de ce dernier, Seitz fréquenta plus tard l'école des beaux-arts de Nuremberg où il reçut entre autres l'enseignement des peintres Albert Christoph Reindel et August von Kreling.
Influencé par ces derniers, Seitz préférait la peinture de genre et trouvait ses sujets principalement dans la vie quotidienne des «petites gens». A la mort de ses parents, Seitz s'installa à Munich en tant qu'assistant du peintre Gisbert Flüggen, afin de rattraper sa formation en matière de représentation colorée, jusque-là négligée. Il y réalisa de nombreux portraits, notamment un portrait du peintre animalier et graveur Johann Adam Klein, ainsi que des paysages. Il rejoint l'école de Munich par le biais de l'Académie des Beaux-Arts et se trouve sur un pied d'égalité avec des collègues comme Wilhelm von Diez ou Karl von Piloty.
Stimulé par l'étude des tableaux des peintres de genre Frans von Mieris et Pieter Cornelisz van Slingelandt, il se tourna vers la peinture de genre en 1853. En 1855, il réalise sa Garde de la porte, la Petite place d'étude de Monsieur le Magister et la Cruche brisée.
Dans les dernières années de sa vie, il a également réalisé quelques portraits grandeur nature. Seitz s'est fait construire une villa dans son pays natal et était considéré comme un mécène et un donateur généreux, ce qui lui a valu la citoyenneté d'honneur de la ville de Roth. Le 11 novembre 1900, il fit une chute malheureuse dans un escalier et mourut quelques jours plus tard, à l'âge de 71 ans, sans avoir repris connaissance. Dans une nécrologie, on pouvait lire:
«Le 22 novembre, l'art munichois a perdu en Anton Seitz l'un de ses peintres de mœurs les plus remarquables, dont les tableaux gracieux et merveilleusement achevés de la vie populaire du sud de l'Allemagne se trouvent dans les collections de la moitié du monde, sans que l'on ait jamais su grand-chose de cet artiste si noblement modeste. [...] Transféré de bonne heure à Munich, il compta bientôt parmi les meilleurs petits peintres de cette ville et n'a guère modifié son style tout à fait singulier en l'espace de quarante ans».
- L'art pour tous
Et Hyacinth Holland a fait remarquer:
«Bien que toutes les comparaisons soient boiteuses, on ne peut nier qu'il y ait eu entre Meissonier et Anton Seitz une certaine connivence intellectuelle, moins, il est vrai, dans le choix des sujets que dans leur exécution, dans la réalisation subtile, affectueuse, allant jusqu'aux moindres détails avec le même soin. En cela, le peintre allemand est tout à fait égal à ses modèles français, bien que Seitz ait choisi de représenter des scènes paisibles ou sereines au lieu de l'image mouvementée du soldat, dans la conception de leurs reproches, dans la reproduction vivante et pieuse de la nature, dans la pleine maîtrise de la couleur et dans sa présentation et sa technique en général, tous deux étaient congéniaux».
- En 1876, Seitz fut admis comme membre d'honneur de l'Académie des Beaux-Arts de Munich. A cette époque, il était déjà le premier petit peintre incontesté de l'école munichoise.
- En son honneur, sa ville natale, Roth, a nommé le 31 mars 2001 l'école Anton Seitz (Hauptschule, depuis 2010 Mittelschule).
- Médailles d'or à Munich et à Vienne.
- Chevalier de l'Ordre bavarois de Saint-Michel.
L'œuvre artistique de Seitz se caractérise par un léger jeu d'ombre et de lumière. Il s'est également fait connaître par la manière parfois humoristique de ses représentations.
Guillaume-Charles Brun
Guillaume-Charles Brun, né le 5 mai 1825 à Montpellier, dans l'Hérault, et mort le 20 février 1908 à Paris, était un peintre français.
Brun était originaire de Montpellier, comme son collègue Édouard-Antoine Marsal et son maître Alexandre Cabanel. Il est le fils de François Brun, corroyeur, et de Marguerite Virginie Roustoulan.
Élève de Édouard-Antoine Marsal, puis François Édouard Picot et Alexandre Cabanel, il entre à l'école des Beaux-Arts en 1847 et débute au Salon parisien en 1851.
Lors de la grande exposition annuelle de l'École des Beaux-Arts à l'automne 1847, une œuvre de Brun avait déjà été récompensée par une médaille. En 1851, il fut invité à participer à l'exposition annuelle du Salon de Paris. Ses deux œuvres «Portrait de Mme P...» et «Jeune femme en prière» furent bien accueillies par le public et la critique.
En 1857, il épouse Louise Angélique Mathilde Dessaint (1832-1903).
En 1868, il obtient une médaille.
En 1883, il est membre de la Société des artistes français. Il est également peintre officiel du ministère de la guerre.
Il meurt à l'âge de 82 ans à son domicile parisien de la rue Labat. Il est inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen.
Frederick George Cotman
Frederick George Cotman (Ipswich 14 août 1850 - 16 juillet 1920) était un peintre britannique de paysages, de portraits et d'intérieurs, membre de l'école de Norwich.
Frederick est né dans la famille d'artistes Cotman. Ses parents étaient Henry Edmund Cotman (1802-1871), ancien marchand de soie de Norwich, et sa femme Maria Taylor (1813-1895). Ses frères aînés, Henry Edmund Cotman (1844-1914) et Thomas Cotman (1847-1925) sont nés à Londres avant que la famille ne s'installe à Ipswich. Frederick est né au 186 Wykes Bishop Street, Ipswich en 1850 et est le plus jeune enfant de la famille. Il est le neveu de John Sell Cotman et le cousin de John Joseph Cotman et de Miles Edmund Cotman. Il est l'élève privé de William Thomson Griffiths, directeur de l'école d'art d'Ipswich.
Les liens de Cotman avec l'école de Norwich sont principalement dus à son lien familial avec John Sell Cotman, qui était l'un des principaux artistes de cette école. Cependant, il n'a jamais vécu dans le Norfolk, contrairement à de nombreux artistes de l'école.
Il travaillait à la fois à l'huile et à l'aquarelle. Son œuvre la plus connue, One of the Family, est aujourd'hui conservée à la Walker Art Gallery de Liverpool. Tout au long de sa carrière, qu'il a généralement passée à Londres, il a créé plus de trente tableaux. Il fut l'un des membres fondateurs de l'influent Ipswich Art Club, dont il resta membre toute sa vie.
Cotman est décédé à Felixstowe le 16 juillet 1920.
Georgios Jakobides
Geórgios Iakovídis, plus connu en Allemagne sous le nom Georg Jakobides, né le 11 janvier 1853 dans le village de Chídira (Lesbos) et mort le 13 décembre 1932 à Athènes, était un peintre grec.
Dès l'âge de treize ans, Geórgios Iakovídis se rend à Smyrne pour vivre auprès de son oncle, architecte de profession, et pour suivre les cours de l'Ecole Évangélique. Il montre très jeune des dispositions pour l'art et particulièrement pour la sculpture sur bois. En 1868, il accompagne son oncle à Menemen, et en 1870, à l'instigation de Michaíl Chatziloúkas, un négociant en bois, collaborateur de son oncle, qui lui apporte un soutien financier, il décide d'aller à Athènes étudier la sculpture.
Il s'inscrit à l'École des beaux-arts d'Athènes, où il suit les cours du peintre Nikifóros Lýtras et du sculpteur Leonídas Dróssis. On commence à remarquer son talent de peintre. Il obtient son diplôme de l'Ecole des Beaux-Arts avec mention «très bien» en mars 1877. Dès le mois de novembre 1877, il reçoit une bourse de l'État grec pour poursuivre ses études en Allemagne, à l'Académie des beaux-arts de Munich, où il est l'élève de Ludwig von Löfftz, de Wilhelm von Lindenschmit (en) et de Gabriel von Max. Il achève ses études aux beaux-arts de Munich en 1883, et s'installe dans cette ville où il travaillera pendant dix-sept ans.
Dès 1878, il ouvre son propre atelier à Munich et crée une école de peinture pour femmes qui a fonctionné jusqu'en 1898. Il ne tarde pas à gagner l'amitié et l'estime générales, grâce à son talent et à son travail. Il reçoit dès lors de nombreuses distinctions : «Médaille d'or» à Athènes en 1888, Prix Spécial à Paris en 1889, «Prix d'honneur» à Brême en 1890, «Médaille d'or» à Munich en 1893, «Prix von Economo» à Trieste en 1895 et à Barcelone en 1898, «Médaille d'Or» à Paris en 1900.
À partir de 1889, profondément affecté par le décès de son épouse, il cesse, dit-on, de peindre de joyeux petits enfants. En 1900, il devient le premier directeur de la Pinacothèque nationale nouvellement créé. Après la mort de son maître, Nikifóros Lýtras, il reprend, à titre gracieux, sa chaire d'enseignement de peinture à l'huile à l'Ecole des beaux-arts, ce qui lui a valu la «Croix d'or des Chevaliers». Durant cette période, il est le portraitiste officiel de la famille royale grecque, et en particulier l'ami personnel du prince Nicolas de Grèce, et le peintre de la haute bourgeoisie athénienne, ce qui lui permet d'être au nombre des rares peintres grecs à bien vivre de leur art.
En 1910 l'École des beaux-arts est séparée de l'Université polytechnique nationale d'Athènes; un décret royal lui attribue alors la direction de l'École des beaux-arts. Geórgios Iakovídis est remplacé à la tête de la Pinacothèque nationale par Zacharías Papantoníou en 1918. En 1926, il est nommé membre de l'Académie d'Athènes nouvellement créée. Il se retire en 1930 de l'École des beaux-arts. Il décède en 1932, à près de quatre-vingts ans.
Geórgios Iakovídis a suivi fidèlement le naturalisme académique allemand de «l'École de Munich». Les thèmes de sa peinture, malgré la vie et la lumière grecques qui la caractérisent, sont marqués par la théâtralité et la sévérité de l'académisme. Il s'est montré particulièrement critique à l'égard de l'impressionnisme français; c'est la raison pour laquelle on a considéré qu'il avait retardé l'introduction des courants artistiques modernes en Grèce.
Cependant, certains critiques d'art plus récents pensent que Geórgios Iakovídis n'a pas empêché ses élèves d'innover, même s'il ne partageait pas leurs vues.
À l'époque où il vivait en Allemagne, les thèmes de sa peinture étaient surtout des scènes de la vie quotidienne, en particulier des compositions avec des enfants, des intérieurs, des natures mortes, et des fleurs. À son retour en Grèce, il s'est attaché à peindre des portraits, devenant l'un des meilleurs portraitistes grecs.
Geórgios Iakovídis a laissé une œuvre importante d'environ deux cents tableaux, conservés à la Pinacothèque nationale d'Athènes, dans les plus grands musées mondiaux et dans des collections privées. Les plus célèbres de ses tableaux sont «Le concert des enfants» (Pinacothèque nationale), la «Querelle enfantine», «Un grand-père et son petit-fils», «Amour maternel». Ces scènes représentant des enfants sont considérées comme des modèles de vérité naturaliste.
En 1951, le fils du peintre, l'acteur Michális Iakovídis, a fait don à la Pinacothèque nationale du carnet personnel de l'artiste où sont répertoriées ses œuvres dans l'ordre chronologique, de 1878 à 1919. En 2005, ce musée a consacré une rétrospective à Geórgios Iakovídis.
Charles Haigh-Wood
Charles Haigh-Wood, était un peintre de genre anglais né en 1856 à Bury, Royaume-Uni et mort en 1927. Il a vécu à Londres, à Bury et à Taplow, dans le Buckinghamshire.
Charles Haigh-Wood est né en 1856 dans une maison située au-dessus d'un atelier à Bury, en Angleterre, où son père Charles Wood, maître artisan, fabriquait des cadres. Dans les années 1870, alors que les affaires de Charles père prospèrent, il se diversifie dans la vente de tableaux et emménage dans une nouvelle maison spacieuse.
Alors qu'il étudie à l'école, Haigh-Wood attire l'attention et, à 21 ans, il expose à l'Académie, dont il est ensuite élu membre. Après son élection, il voyage et étudie les maîtres de la Renaissance en Italie, avant de revenir s'installer en Angleterre.
Il a exposé de 1874 à 1904, à la Royal Academy de 1879 à 1904, à Suffolk Street, à la New Watercolour Society et ailleurs.
Parmi les titres exposés à la Royal Academy figurent «The Harvest Moon» 1879, «Chatterboxes» 1889 et «The Old Love and the New» 1901.
Ses talents de portraitiste lui valent de nombreuses commandes, mais Haigh-Wood est surtout connu pour ses tableaux de salon, des «conversations» ou des scènes de la société polie racontant des histoires, ce qui fait de lui un peintre de genre très populaire à la fin du XIXe siècle.
Son œuvre a connu une popularité incroyable de son vivant. Un certain nombre de ses peintures ont été achetées par des fabricants de cartes de vœux pour être reproduites, ce qui a assuré à la fois sa sécurité financière et sa réputation.
Emil Keyser
Emil Keyser, né le 2 juin 1846 à Stans dans le canton de Nidwald, et mort le 20 juin 1923 à Munich, était un peintre de genre suisse et le fils du peintre Heinrich Keyser.
Keyser était le fils du peintre Heinrich Keyser (1813-1900). Il étudia à l'école d'art du Grand-Duché de Bade à Karlsruhe avec Karl Friedrich Schick et Ludwig Des Coudres, puis en 1867 à l'Académie des Beaux-Arts de Munich avec Wilhelm von Diez.
Après ses études, Keyser voyagea en Europe et s'installa à Munich. Il peignit principalement des paysages avec des scènes du monde de l'enfance. Emil Keyser était membre de la Münchner Künstlergenossenschaft. Keyser était ami avec le sculpteur de Stans Eduard Zimmermann. Une sœur de Kayser était mariée à Martin von Feuerstein et l'autre sœur à Ernst Zimmermann.
Ses tableaux furent publiés dans Gartenlaube et Über Land und Meer. Il exposa ses œuvres au Glaspalast de Munich. Les tableaux de Keyser se trouvent dans les collections des musées de Munich et de Bâle. Trois tableaux sont également entrés dans l'ancienne galerie privée du prince régent Luitpold de Bavière.
Ludwig Blume-Siebert
Ludwig Blume-Siebert, né le 23 septembre 1853 à Arolsen et mort en 1929 à Munich, était un peintre de genre et un illustrateur allemand.
Il était le fils d'un maître-nageur d'Arolsen. Wilhelm von Kaulbach reconnut le talent du jeune Ludwig et lui permit de suivre en 1870 une formation à l'école d'arts appliqués de Nuremberg, dirigée par son gendre August von Kreling. Ludwig Blume-Siebert étudia ensuite la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf à partir de 1871, notamment auprès de Julius Roeting, puis, après l'incendie de 1872, il passa à l'Académie des Beaux-Arts de Munich où il découvrit la peinture de genre auprès de Franz Defregger à partir de 1873. Il vécut à New York de 1874 à 1879.
Dans les deux dernières décennies du XIXe siècle en particulier, Ludwig Blume-Siebert était représenté par des illustrations dans le magazine familial Die Gartenlaube et l'Illustrierte Leipziger Volkszeitung. Dans les années 1890, il séjourna parfois dans la colonie de peintres de Willinghausen. En 1906, il se rendit dans la province néerlandaise de Zélande.
Dans ses motifs, qui répondaient au goût de l'époque mais dont la qualité était loin d'atteindre celle de ses modèles Franz Defregger, Ludwig Knaus ou Benjamin Vautier l'Ancien, Blume-Siebert représentait surtout des scènes idylliques et populaires de la vie à la campagne, souvent avec des enfants. Il présenta ses œuvres à l'occasion d'expositions, notamment à Munich (1883: «La première fête d'anniversaire», 1888: «Les premières chaussures», 1893: «Visite amusante de la ville»), Brême et Dresde (1884: «Une petite danse à bord») ainsi qu'à Berlin (1886: «Colporteur devant une ferme»; «Repos de midi», gravure sur cuivre d'après Blume-Siebert par Richard Herzner, Berlin). Le tableau «Idylle. Vieux berger avec son petit-fils sur les genoux» de 1886 a été acheté par le musée d'Altenberg. Un «Intérieur de cuisine», huile sur toile, 56,9 × 45,7 cm, a été acquis en 1962 par le musée de Kassel. Il est aujourd'hui exposé à la Neue Galerie.
Carl Kronberger
Karl Kronberger (également appelé Carl Kronberger;7 mars 1841 à Freistadt, Haute-Autriche; 27 octobre 1921 à Munich) était un peintre de genre autrichien.
Karl Kronberger est né à Freistadt, fils d'un aubergiste. Une plaque commémorative est apposée sur sa maison natale dans la Böhmergasse (aujourd'hui 'Gasthof Deim' avec une enseigne poinçonnée représentant un cerf doré). Il a d'abord fait son apprentissage chez un peintre décorateur de Linz. En 1869, il se rendit à Munich, où Hermann Dyck était son professeur, et fréquenta brièvement l'académie locale (H. Anschütz, G. Hiltensperger). Kronberger resta à Munich et fut bientôt surnommé le «Spitzweg autrichien» en raison de ses scènes de genre pleines d'humour et de chaleur. Partant de scènes à multiples personnages, Kronberger se consacra plus tard tout particulièrement à la vie des vagabonds et des garçons artisans ambulants. La reproduction de ses œuvres dans des magazines très lus (comme la Gartenlaube) lui a permis d'acquérir une grande popularité de son vivant. Kronberger est enterré dans la partie ancienne du cimetière de la forêt à Munich.
Federico Andreotti
Federico Andreotti était un peintre italien, né le 6 mars 1847 à Florence et mort en 1930 dans la même ville.
Federigo Andreotti a étudié à l'Académie des beaux-arts de Florence avec Enrico Pollastrini et Angiolo Tricca. Il y a été nommé professeur et a reçu une bourse d'études. Il expose à la Royal Academy of Arts de Londres de 1879 à 1883.
Peintre de fresques, de paysages, de portraits, de figures féminines, de scènes de genre, de scènes historiques et de natures mortes, il utilise l’huile et l’aquarelle dans des décors historiques notamment des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans ses œuvres, il associe une certaine précision à des techniques impressionnistes. Il a également illustré les œuvres poétiques de Renato Fucini.
Édouard Bisson
Édouard Louis Félix Bisson, né à Paris le 6 avril 1856 et mort à Orgeval le 18 juillet 1945, était un peintre français, surtout portraitiste et spécialiste de scènes de genres. Il est représentatif du style pompier fin de siècle.
Bisson est l'élève de Gérôme. Il expose régulièrement au salon des artistes français, en particulier des figures féminines dans le goût académique de l'époque. Il est gratifié de la mention honorable en 1881 et en 1889 et d'une médaille de troisième classe en 1897. Il reçoit une médaille de bronze pour l'exposition universelle de 1900 à Paris. Ses toiles sont souvent représentées par des gravures et par la presse de l'époque.
Il épouse le 5 août 1899 l'artiste peintre Frédérique Heyne, connue sous le nom de Frédérique Vallet-Bisson, à la mairie du premier arrondissement de Paris.
Il devient chevalier de la Légion d'honneur en 1908.
Bisson expose régulièrement jusqu'à sa mort en 1945, développant son interprétation personnelle de la beauté féminine, à l'écart des nouveaux courants.
Eduard von Grützner
Eduard Theodor Grützner, depuis 1916 chevalier von Grützner (né le 26 mai 1846 à Groß-Karlowitz près de Neisse, Silésie; mort le 2 avril 1925 à Munich) était un peintre de genre allemand.
Eduard Grützner est né en 1846 à Großkarlowitz, près de Neisse, comme le septième et le plus jeune enfant d'une famille d'agriculteurs pas vraiment riche. Le prêtre local Fischer visitait souvent la maison de ses parents parce que le père d'Eduard était marguillier. Il a reconnu très tôt le talent et le penchant d'Eduard pour la peinture. Même en tant que garçon gardien, il s'appuyait sur tout ce qui lui tombait entre les mains. Le gérant du domaine rural d'un comte du quartier lui a acheté du papier et a été heureux lorsque le garçon, en plus des innombrables représentations d'animaux et de personnes, a dessiné avec précision un villageois avec ses caractéristiques.
Selon le Bénézit (édition de 1951), c'était un fils de paysan destiné à entrer dans les ordres, mais l'architecte munichois Hirschberg lui conseilla de faire de la peinture ; il s'inspira pour ses œuvres de personnages du théâtre de Shakespeare.
Le pasteur Fischer lui permet de fréquenter le lycée Neisse et, avec l'aide de l'architecte Hirschberg, l'emmène à Munich pour une formation artistique à l'école privée d'Herman Dyck en 1864.
La formation à l'école des arts et métiers auprès de Hermann Dyck fut cependant de courte durée. Dès le même semestre, il passa à la classe d'antique de l'Académie avec Johann Georg Hiltensperger et Alexander Strähuber, où les étudiants devaient se familiariser avec les idéaux de beauté de l'Antiquité.
En 1865, Grützner entra dans la classe de peinture de Hermann Anschütz à l'Académie. Parallèlement, il demanda des conseils et des encouragements à Carl Theodor von Piloty, jusqu'à ce qu'il soit admis dans sa classe en 1867.
La classe de Piloty était bondée d'artistes en herbe venus du monde entier. «Les Hongrois étaient les plus représentés, les Allemands de divers horizons, les Russes, les Polonais et les Grecs». Trois ans plus tard, Grützner quitta l'académie. En 1870, il s'installa dans son propre atelier, dans le pavillon de jardin du 18 de la Schwanthalerstraße à Munich. Rapidement, les tableaux se succèdent.
Dès sa jeunesse, il collectionnait les œufs, les papillons et les minéraux. Plus tard, il a peint un portrait du minéralogiste Paul von Groth et des œuvres comme «Der Geologe» ou «Mineraloge mit Brille» (vers 1923). À l'âge de 14 ans, il réalisa une copie manuscrite et dessinée à la main de l'ouvrage de référence Lehrbuch der Krystallkunde (1852) du minéralogiste Carl Rammelsberg, probablement à la demande du curé du village. Grützner était un grand collectionneur passionné, il préférait au début les pièces de la fin du gothique allemand et du début de la Renaissance. Au cours de la dernière décennie de sa vie, il s'est toutefois détourné de la fin du Moyen Âge pour collectionner des œuvres d'art d'Extrême-Orient. Dans ses grandes compositions, il insérait cependant presque toujours des objets anciens, le plus souvent issus de sa collection d'antiquités.
En 1874, Grützner épousa Barbara Link, qui lui donna deux ans plus tard une fille prénommée Barbara, que Grützner appela «Bärbele». En 1883, Grützner fit construire sa villa selon les plans de l'architecte Leonhard Romeis à proximité de l'immense complexe de bâtiments du Maximilianeum sur le Praterbergl. En 1884 - après dix ans de mariage heureux - sa femme Barbara décéda.
En 1886, la revue Die Kunst für Alle, éditée par le peintre et écrivain Friedrich Pecht, annonçait: «les peintres Eduard Grützner et Ludwig Willroider se sont vus décerner le titre de professeur par le prince régent Luitpold de Bavière».
En 1888, Grützner se fiança à Anna Wirthmann, la fille du commandant de la ville de Munich, qui donna naissance peu de temps après à son fils Karl Eduard. Après avoir reçu en 1880 la croix de chevalier de première classe de l'ordre du mérite de Saint-Michel, il fut anobli personnellement en 1916 par la remise de la croix de chevalier de l'ordre du mérite de la couronne bavaroise. Il a pu jouir de la prospérité et de nombreuses années de bonheur avec sa famille.
Cependant, les dernières années de sa vie n'ont pas été aussi harmonieuses. Sa femme, de dix-sept ans sa cadette, le quitta pour un chanteur viennois. En 1899, il a divorcé et le nom de sa femme n'a plus jamais été mentionné dans sa maison. A un âge avancé, il chercha du réconfort dans la philosophie chinoise et commença à apprendre le japonais. Parfois, il insérait dans ses tableaux une figure de Bouddha ou un vase chinois dans la composition. Il peignait aussi souvent des cardinaux ascétiques aux traits pas toujours sympathiques. Grützner est décédé le 2 avril 1925 à Munich. Sa tombe se trouve dans la partie ancienne du cimetière forestier de Munich.
Eduard von Grützner était, avec Carl Spitzweg, dont il était l'ami, et Franz von Defregger, le plus important peintre de genre munichois de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il plaçait la vie monastique au centre de son univers pictural, raison pour laquelle il est entré dans l'histoire comme «peintre des moines». Il aimait peindre des natures mortes, bien qu'il n'ait réalisé que peu de tableaux indépendants de ce type.
Joseph Haier
Josef Haier était un peintre, designer et photographe autrichien, né en 1816 à Vienne et mort en 1891 à Brno.
De 1844 à 1845, il étudie la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Munich avec Clemens von Zimmermann. De 1848 à 1850, il travaille à Olomouc. En 1850, il s'installe à Brno, en République tchèque, où il ouvre un studio de photographie. Depuis 1864, il s'intéresse à la photographie. Il séjourna à Nikolsburg et, à partir des années 1870, il travailla comme peintre à Vienne.
Au cours de sa carrière, Haier a également travaillé comme photographe itinérant, et ses œuvres picturales présentent principalement des portraits et des peintures de genre, caractérisées par le style romantique tardif. Haier a passé une grande partie de sa vie professionnelle entre l'Autriche et la République tchèque, et il est mort à Brno en 1891.
Alessandro Sani
Alessandro Sani (1856-1927) était un peintre italien, principalement spécialisé dans les sujets de genre.
Il est né et a résidé à Florence. Considéré comme l'un des derniers grands peintres italiens, Alessandro est l'un des rares artistes à être resté en Italie lors de l'immigration massive vers les États-Unis à la fin des années 1800 et au début des années 1900, ce qui fait de ses œuvres quelques-unes des seules œuvres d'art italiennes produites pendant cette période.
Parmi ses œuvres, citons La tentazione, achevée en 1879; Una lezione di mandolino; Scacco matto; Il piatto favorito; Una partita a scacchi; Soldati e Ostessa; Un cercatore mal capitato; Le promesse; La visita alla balia; Il saggio del vino; ses peintures reproduisent fidèlement des scènes d'intérieur.
Pietro Torrini
Pietro Torrini, né le jour de l'an 1852 à Florence, en Toscane, et décédé en 1920, était un peintre italien qui allait devenir un maître de la pièce de conversation du XIXe siècle en Italie.
Artiste prolifique, il est surtout connu pour ses œuvres de genre informelles, souvent agrémentées d'un thème ou d'une anecdote pleine d'esprit.
Il a beaucoup exposé et ses œuvres sont devenues très populaires auprès des collectionneurs de ce genre et apparaissent fréquemment sur le marché de l'art, en particulier à New York, avec des exemples intitulés «Sérénade du cuisinier», «Joueurs de cartes» et «Tâches ménagères».
Joseph Caraud
Joseph Caraud, né à Cluny le 5 janvier 1821 et mort à Paris le 12 novembre 1905, était un peintre français.
Au début de sa carrière, Joseph Caraud (1821-1905) a été inspiré, comme beaucoup d'autres artistes, par l'Italie et l'Algérie, et a basé ses premières participations au Salon sur son expérience dans ces pays.
Mais au fur et à mesure de sa carrière, il s'intéresse davantage aux scènes de genre anecdotiques dans lesquelles des femmes élégantes, dans leurs vêtements luxueux aux motifs somptueux, rappellent le style du XVIIIe siècle et le rendu des détails que l'on trouve dans les peintures de Fragonard, Greuze et Watteau.
Avant même de commencer sa formation artistique à l'École des Beaux-Arts, il expose ses premières œuvres au Salon de 1843: La Bonne Maman et La Petite Fille et Portrait de M.G..
En octobre de l'année suivante, il entre à l'École des Beaux-Arts de Paris dans les ateliers d'Alexandre Abel de Pujol, ancien élève de Jacques-Louis David, et de Charles-Louis Lucien Muller, peintre de scènes historiques et religieuses, qui influencent tous deux ses premiers travaux aux Salons.
De 1843 à 1846, il soumet plusieurs portraits au Salon, peut-être pour gagner de l'argent en vue d'un voyage en Italie, puisqu'à partir de 1848, il commence à soumettre des images basées sur des thèmes italiens.
Ses deux maîtres étant également portraitistes, c'est en étudiant avec eux qu'il s'initie à l'art du portrait.
Sa première œuvre basée sur la vie italienne est son entrée de 1848 intitulée Jeune Fille Italienne à la Fontaine et Italien Offrant un Bijou à une Jeune Fille.
Après avoir absorbé l'influence de la vie italienne, il voyage en Algérie et expose au Salon de 1853 Intérieur d'une Maison Maure à Alger, Femme d'Alger Agaçant une Perruche et Baigneuses Mauresques, entretenant ainsi l'intérêt romantique pour ces thèmes largement initié par Eugène Delacroix.
Ces deux voyages, lorsqu'ils sont examinés ensemble, révèlent de manière intéressante que Caraud a été influencé par plusieurs éléments au cours de sa première période.
D'une part, il se rend en Italie, peut-être sous l'influence de son professeur à l'École des Beaux-Arts, Abel de Pujol, qui s'intéresse aux scènes mythologiques et bibliques, car c'est encore en Italie que de nombreux artistes se rendent pour étudier les anciens maîtres italiens et s'initier à la peinture de paysage.
Le prix de Rome décerné par l'Académie continue d'encourager les étudiants à chercher dans ce pays une source d'inspiration artistique.
En outre, il se rend en Algérie, se liant ainsi à l'orientalisme, c'est-à-dire à l'engouement pour tout ce qui est «oriental».
Alors que la France s'intéresse de plus en plus à son rôle de puissance coloniale, elle encourage les artistes à se rendre en Afrique du Nord.
Les artistes y découvrent un environnement et une culture entièrement nouveaux, et nombre d'entre eux resteront fidèles à ce thème tout au long de leur carrière.
Si Caraud a d'abord tâté de nombreuses autres sources d'inspiration, il est clair qu'au Salon de 1857, il a laissé l'Italie et l'Algérie derrière lui et a commencé à travailler davantage sur les scènes qui feront sa renommée, des tableaux historiques et anecdotiques fortement influencés par l'époque de Louis XV et la vie de Marie-Antoinette.
En 1857, il expose notamment La Reine Marie-Antoinette au Petit-Trianon, une scène directement inspirée de cette période historique.
Il reçoit sa première médaille, de troisième classe, au Salon de 1859 lorsqu'il expose Representation d'Athalie devant le Roi Louis XIV par les Demoiselles de Saint-Cyr, entre autres, et reçoit une autre médaille, de deuxième classe cette fois, en 1861 pour des œuvres qui incluent celles basées sur des activités religieuses.
Ses œuvres, qui rappellent les thèmes et le style du XVIIIe siècle, contrastent fortement avec le sens dominant du réalisme qui imprègne de nombreuses œuvres de cette période en France et qui cherchent à documenter la vie quotidienne dans le pays.
Ces artistes réalistes ont basé leurs compositions sur une palette sombre et n'ont pas hésité à dépeindre les scènes les plus sombres de l'existence parisienne.
Pour Caraud, les images décadentes se concentrent sur le faste de la haute bourgeoisie, rendant chaque détail de manière précise, prenant grand soin de représenter les tissus portés par ses sujets, une préoccupation qui découle des maîtres antérieurs des XVIIe et XVIIIe siècles.
Il a été écrit à propos de cette œuvre qu'«il rend merveilleusement les vêtements, les meubles, les regards et les types. Tous ses sujets poudrés, musqués, enrubannés semblent sortir du Trianon» (Annales de l'Académie de Mâcon, 1881, cité dans Le Base Joconde). Caraud a peut-être aussi été influencé par les réalistes, mais jusqu'à ce qu'un plus grand nombre de ses œuvres soient mises au jour, l'exploration de ses thèmes reste conjecturale.
Malgré la possibilité qu'il ait travaillé sur des thèmes réalistes, il est surtout connu pour ses scènes anecdotiques basées sur le dix-huitième siècle.
Ces thèmes trouvent un écho auprès des jurys du Salon et du public.
La demande pour ses images est devenue si importante qu'elles ont été reproduites sous forme de gravures pour être diffusées parmi les masses, afin que chaque personne qui le souhaite puisse avoir un Caraud accroché dans sa maison.
Son intérêt pour la belle femme est similaire à celui de son contemporain James Tissot, qui, au début de sa carrière, a peint des femmes à la mode dans des costumes historiques.
Le dix-huitième siècle revêt une importance quasi mythique pour l'Europe bourgeoise du siècle suivant. L'artiste G.A. Storey a déclaré: «Il ne fait aucun doute que le manque de goût en matière d'habillement et d'autres aspects oblige souvent l'artiste à présenter ses fantaisies dans les costumes d'époques où les articles vestimentaires étaient en eux-mêmes des œuvres d'art, plutôt que dans les modes changeantes du jour qui, dans un an ou deux, non seulement paraissent démodées, mais se distinguent par leur laideur et leur vulgarité naturelles».
En 1867, il reçoit la plus haute distinction française et est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.
Il participe également à l'Exposition Universelle de 1889 à Paris où il obtient une médaille de bronze. Caraud continue à participer aux salons et expositions parisiens jusqu'en 1902, date à laquelle il expose pour la dernière fois le Jardin des Tuileries.
Il meurt en 1905, sans que l'on connaisse la date exacte de son décès.
Dans ses œuvres inspirées des scènes de genre du XVIIIe siècle, Caraud a trouvé un public sympathique et est devenu un artiste très demandé, comme en témoigne le fait que nombre de ses tableaux les plus populaires ont été largement reproduits pour répondre à l'attente du public.
Mais il faudra attendre la découverte d'un plus grand nombre de ses œuvres pour pouvoir évaluer la diversité de son travail. Néanmoins, sa place dans les annales de la peinture anecdotique du XIXe siècle est assurée.
Jacqueline Comerre-Paton
Jacqueline Comerre-Paton, née le 20 avril 1859 à Paris et morte le 11 mai 1955 au Vésinet, était une artiste-peintre française.
Jacqueline Fleurichamp est la fille de l'autrice Émilie Paton et du chroniqueur financier Jules Paton (né Fleurichamp). Épouse du peintre Léon Comerre, elle était liée d'amitié avec la peintre portraitiste Fanny Caillé qui a reproduit l'un de ses tableaux les plus célèbres, At the spring.
Elle entre à l'École des beaux-arts de Paris où elle est l'élève d'Alexandre Cabanel.
Membre de la Société des artistes français, elle obtient une mention honorable au Salon des artistes français de 1882 et sociétaire du Salon d'hiver, y expose en 1929 la toile Sonioutchka.
Antonio Rotta
Antonio Rotta, né le 28 février 1828 à Gorizia et mort le 10 ou 11 septembre 1903 à Venise, était un peintre italien, principalement de scènes de genre.
Antonio Rotta, né le 28 février 1828 à Gorizia, est le fils d'Antonio Lodovico Rotta et de Gioseffa Stubel, qui dirigeaient un lieu connu sous le nom de Caffè Pedocio, dans le quartier de Corno, Antonio Rotta a appris les premiers rudiments de la peinture auprès de Vincenzo Cristofoletti. Cependant, ce n'est que grâce à l'intérêt et au soutien financier de Carlo de Catinelli, ancien officier de l'armée et mécène de quelques jeunes artistes de Gorizia comme Giuseppe Battig, que le jeune peintre a pu s'inscrire à l'Académie des Beaux-Arts de Venise, où il arrive en 1841, et commence à suivre les cours d'Odorico Politi et de Ludovico Lipparini, rencontrant Angiolina, fille de Lattanzio Querena, qu'il finit par épouser.
Rotta poursuit ses études à l’Académie des beaux-arts de Venise sous Ludovico Lipparini. Ses premières peintures de genre de scènes vénitiennes sont suivies par un certain nombre de peintures religieuses et d'histoire, parmi lesquelles Titien instruisant Irene di Spilimbergo. Il revient à la peinture de genre, et produit beaucoup de scènes de la vie vénitienne, comportant souvent des enfants, dont l'un des plus connus est Le Cordonnier.
À l'occasion de sa Biennale de 1932 et avec l'approbation de la commission artistique composée d'Italico Ottone, d'Elio Zorzi et de Domenico Varagnolo, la ville de Venise souhaite exposer dans une section dédiée avec une mention spéciale, les œuvres posthumes d'Antonio Rotta, pour célébrer les trente ans de la Biennale de Venise, avec l'intention de commémorer le caractère intime de la peinture vénitienne de la fin du XIXe siècle, considérée comme un moment très important de l'histoire de l'art à travers le monde.
Beaucoup de ses œuvres ont été vendues à l'étranger. En 1891, il expose à Berlin.
Rotta, marié à une fille de Lattanzio Querena, a un fils, le peintre Silvio Giulio Rotta.
Il meurt le 11 septembre 1903 à Venise.
Rotta est présent dans les collections de nombreuses familles royales et de la haute noblesse du monde, dont celui du roi d'Italie Victor-Emmanuel III, et de l'empereur du Mexique Ferdinando Massimiliano de Habsbourg qui en 1857 acheta l'œuvre Festa di Santa Marta.
Lors d'une vente aux enchères Sotheby's à Londres en 2001, Une fête de l'eau vénitienne Antonio Rotta (Una festa Veneziana, 1863), une huile sur toile, vendue 158000 euros plus les frais de vente.
Edwin Thomas Roberts
Edwin Thomas Roberts est né à Londres dans les années 1840 et est décédé en 1917. Il était le fils de Thomas Edward Roberts qui était également artiste.
Roberts utilisait régulièrement des enfants dans ses œuvres et les représentait de manière charmante et idéaliste. Ce style d'art s'est avéré extrêmement populaire auprès du public victorien de l'époque et son travail est encore largement admiré aujourd'hui car il représente l'âge d'or de l'art et de la sentimentalité victoriens.
Edwin Thomas Roberts a exposé à la Royal Society of British Artists et à la Royal Academy.
Giulio del Torre
Giulio Del Torre ou Giulio del Torre, né le 21 décembre 1856 à Romans d'Isonzo (Empire d'Autriche) et mort le 1er janvier 1932 dans la même ville (Royaume d'Italie) était un peintre austro-italien.
Peintre de genre, il est connu pour ses scènes enfantines.
Giulio Del Torre est originaire de Romans d'Isonzo dans le comté de Gorizia. Fils du docteur Camillo Del Torre, il est né dans une famille aisée et a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne auprès de Karl von Blaas, puis à Rome et à Venise. Il s'installe ensuite à Turin, où il eut un fils, puis à Gradisca d'Isonzo. Il meurt dans sa ville natale le 1er janvier 1932.
L'œuvre Giulio Del Torre est principalement consacrée aux scènes de genre et aux portraits illustrant la vie dans le nord de l'Italie . Ses représentations d'enfants de rue, en vêtements déchirés dont le plus connu est Le Vendeur d'allumettes existant en plusieurs versions. Ses compositions sont déterminées par une palette de couleurs terreuses avec des nuances de bleu et de gris sur des arrière-plans dépouillés. Une de ses spécialités consiste dans le haut niveau de détail qui anime ses compositions nostalgiques. La première exposition de l'artiste a eu lieu à Gorizia en 18883. Divers tableaux de sa composition sont conservés dans les musées européens.