Elisabeth Jerichau-Baumann
Elisabeth Jerichau-Baumann, née le 21 novembre 1819 à Varsovie et morte le 11 août 1881 à Copenhague, était une peintre danoise d'origine allemande née en Pologne.
Anna Jerichau-Baumann naît à Żoliborz un arrondissement de Varsovie. Elle est la fille d'un fabricant de cartes, Philip Adolph Baumann (1776–1863) et de Johanne Frederikke Reyer (1790-1854).
À la suite de son rejet de l’école de Berlin par manque de talent, Elisabeth Baumann vient à Düsseldorf, en 1838, à l'âge de dix-neuf ans, après son mariage à Julius Hübner. Elle étudie à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf auprès de Karl Ferdinand Sohn pendant trois ans. Elle suit les cours de Carl Friedrich Lessing, Hildebrand et Wilhem von Schadow.
Anna Jerichau-Baumann expose pour la première fois en 1844.
En 1845, elle part vivre à Rome et se marie la même année.
En 1852, elle visite la Grande-Bretagne puis la Grèce et l'Égypte.
Dans ses publications, elle relate de la difficulté d’être femme et artiste, une association particulièrement difficile à vivre à son époque.
Anna Jerichau-Baumann se marie en 1845 avec le sculpteur danois Jens Adolph Jerichau. En 1849, le couple s'installe à Copenhague et son mari est ensuite nommée directeur de l'Académie des beaux-arts de 1857 à 1863. Jens et Elisabeth Jerichau ont neuf enfants, dont deux sont morts en bas âge. Harald Jerichau devient peintre.
Son style, influencé par ses voyage en Europe, ne lui donne pas la reconnaissance attendue au Danemark alors sous l'influence de la peinture romantique nationale (Âge d'or danois) de Niels Laurits Høyen ou Christoffer Wilhelm Eckersberg. Elle décide donc de peindre davantage de sujets en rapport avec l'histoire du Danemark telle la Valkyrie inspirée de la première guerre de Schleswig.
Au cours de sa carrière d'artiste, de nombreuses œuvres sont produites tels ques des portraits, par exemple Johanne Louise Heiberg ou des scènes de genre. Ses voyages au Maghreb et en Turquie lui inspirent des peintures orientalistes de femmes et de harem.
Wilhelm Marstrand
Nicolai Wilhelm Marstrand (né le 24 décembre 1810 à Copenhague et mort le 24 mars 1873 dans la même ville) était un peintre danois, frère du militaire Osvald Marstrand et de l'industriel et homme politique Troels Marstrand. Wilhelm Marstrand est l'un des artistes les plus en vue de son époque; élève de Christoffer Wilhelm Eckersberg à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark de 1826 à 1833, il sera l'un des représentants, avec quelques autres élèves de Eckersberg, de l'âge d'or danois. Il devient membre de l'Académie royale des beaux-arts en 1843, en devient professeur en 1848 et directeur de 1853 à 1857 puis de 1863 à sa mort.
Parmi ses œuvres majeures figurent Fête hors des murs de Rome un soir d'octobre et Citoyens romains rassemblés dans la joie dans une osteria (Romerske Borgere forsamlede til Lystighed i et Osteri en danois) peintes en 1839, ainsi que ses peintures d'histoire monumentales Christian IV sur le Trefoldigheden (1865) et Christian IV jugeant Christoffer Rosenkrantz (1864-66), décorant ou ayant décoré la cathédrale de Roskilde.
Carl Heinrich Bloch
Carl Heinrich Bloch (né le 23 mai 1834 à Copenhague - mort le 22 février 1890 dans la même ville) était un peintre danois, spécialiste des sujets historiques. Il occupe une place importante et même considérable dans l'art danois de la seconde moitié du XIXe siècle. Il excellait dans la technique aussi bien que dans les motifs. Outre ses œuvres peintes, il a laissé une œuvre graphique distinguée d'une grande valeur technique et esthétique. Ses contemporains voyaient en lui un des plus grands peintres du Danemark, mais après sa mort, en 1890, les nouvelles conceptions artistiques ont conduit à un avis plus réservé et plus critique. On peut le considérer comme le dernier grand artiste de la série des peintres romantiques tardifs. À partir de la fin des années 1990, il est de nouveau plus apprécié. La baisse de sa réputation après sa mort dans les milieux artistiques ne l’a pas empêché d’acquérir une grande popularité dans les milieux religieux, en particulier dans la mission intérieure et le système scolaire danois ; dans de nombreux foyers croyants on trouve des reproductions de ses œuvres.
Il naît à Copenhague et y étudie avec Wilhelm Marstrand à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark (Det Kongelige Danske Kunstakademi). Ses parents désirent le voir embrasser une profession respectable, tel qu'officier de la marine royale, mais ce n'est pas ce que lui désire, car tout son intérêt va au dessin et à la peinture, habité qu'il est de son rêve de devenir un artiste.
Il se rend en Italie pour étudier l'art en passant par les Pays-Bas, où il se familiarise avec l'œuvre de Rembrandt, qui exerce désormais une grande influence sur lui. Carl Bloch rencontre sa femme, Alma Trepka, à Rome, où il l'épouse le 31 mai 1868. Ils restent unis jusqu'à la mort prématurée de celle-ci en janvier 1886.
Ses premières œuvres dépeignent des scènes rurales de la vie quotidienne. De 1859 à 1866, Carl Bloch vit en Italie, et cette période est d'importance pour l'évolution de ses peintures historiques.
Il connaît son premier grand succès avec l'exposition de son Prométhée déchaîné, à Copenhague, en 1865. Après la mort de Marstrand, il termina la décoration de la salle de cérémonie à l'Université de Copenhague. Le chagrin d'avoir perdu sa femme pesa lourdement sur Bloch, et se retrouver seul avec leurs huit enfants fut pour lui très difficile.
Dans une lettre du Nouvel An de 1866 à Bloch, Andersen écrivit les lignes suivantes: «Ce que Dieu a bâti sur le roc ne sera pas emporté!» Dans une autre lettre Andersen déclarait: «Par votre art vous ajoutez un nouvel échelon à votre Échelle de Jacob vers l'immortalité.»
Dans une ode finale, d'un auteur célèbre à un artiste célèbre, il disait: «Écrivez sur la toile, apposez votre sceau sur l'immortalité. Alors, vous deviendrez noble ici, sur la terre.»
Il fut ensuite chargé de réaliser 23 peintures pour la chapelle du château de Frederiksborg. Toutes étaient des scènes de la vie du Christ et comme illustrations elles ont acquis une grande popularité. Les originaux, peints entre 1865 et 1879, sont restés dans cette chapelle. On peut trouver les retables à Holbaek, Odense, Ugerloese et Copenhague au Danemark, ainsi qu'à Loederup, Hoerup et Landskrona en Suède.
L’aide de l'artiste né danois Soren Edsberg, a permis récemment au Musée d'Art de l'Université Brigham Young d’acquérir « Le Christ guérissant à la piscine de Bethesda », autrefois propriété de la Mission intérieure à Copenhague.
Carl Bloch mourut d'un cancer le 22 février 1890. Sa mort fut «un coup brutal pour l'art nordique», selon un article de Sophus Michaelis qui n'hésita pas à dire: «le Danemark a perdu l'artiste qui incontestablement était le plus grand parmi les vivants». Vilhelm Kyhn déclara dans son éloge funèbre lors des funérailles de Carl Bloch: «Bloch reste et il vit encore».
Un éminent critique d'art danois, Karl Madsen, assurait que Carl Bloch était arrivé plus haut dans le grand ciel de l'art que tout autre artiste danois jusqu'alors. Il ajoutait: «S'il y a un Élysée où se rencontrent les âmes des artistes géants, riches, nobles et chaleureux, Carl Bloch y siégera parmi les plus nobles de tous!»
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Anton Raufer-Redwitz
Jean-Étienne Liotard
Jean-Étienne Liotard, né le 22 décembre 1702 à Genève où il est mort 12 juin 1789, était un peintre, dessinateur, pastelliste et graveur genevois.
Déjà célèbre en son temps, il voyagea et exerça son art partout en Europe et jusqu'au Proche-Orient. Homme libre et cultivé, ce portraitiste peignit les puissants comme les humbles. Son œuvre varié et prolifique est reconsidéré depuis les années 2000 à travers de nombreuses rétrospectives.
Jean-Étienne Liotard est né en république de Genève le 22 décembre 1702, fils d'Antoine Liotard, négociant, originaire de Montélimar d'où il s'était exilé après 1685 et d'Anne Sauvage. Jean-Étienne, dernier né d'une fratrie, a un frère jumeau, Jean-Michel (1702-1796), qui sera dessinateur et graveur3,4. Peu de détails semblent nous être parvenus sur son enfance. En 1720, Antoine, son père est en partie ruiné à la suite du krach du système de Law3. Malgré tout, Jean-Étienne Liotard reçoit l'enseignement du miniaturiste et professeur de dessin genevois Daniel Gardelle (1673-1753), qu'il surpasse au bout de quelques mois dans l'art de la copie. Puis, il entre au service de Jean-Louis Petitot (1692-1730), dont il copie les émaux et des miniatures avec une remarquable compétence.
Vers 1723-1725, les deux frères Liotard vont à Paris. Jean-Michel est l'élève de Benoît Audran le Jeune4. Jean-Étienne Liotard, après un bref séjour dans l'atelier de Jean-Baptiste Massé, qui lui permet de faire une première entrée dans la haute société et d'exécuter ses premiers portraits, cependant mal payés5, effectue des allers et retours entre la capitale française et la région genevoise et lyonnaise, visitant des parents. En moins de dix ans, il commence à se constituer un réseau, une clientèle ; on connaît une lettre datée du 14 mars 1733, adressée à un collectionneur par Jacob Vernet, dans laquelle ce dernier commissionne le peintre pour un envoi d'ouvrages destinés à la mère de Suzanne Curchod (la grand-mère de Germaine de Staël)5. Liotard commence également à graver à l'eau-forte et au burin. C'est aussi à cette époque qu'il se sent suffisamment compétent pour se présenter au concours de l'Académie royale de peinture et de sculpture, mais son tableau d'histoire, David au Temple, est refusé. Le peintre du roi, François Lemoyne, l'a cependant remarqué et lui conseille de «ne jamais peindre que d'après nature, un art dans lequel vous excellez». Ce dernier le recommande au marquis de Puysieulx, nommé ambassadeur à Naples, qui l'emmène avec lui commencer son Grand Tour.
Vers mars-avril 1736 il arrive à Rome où il peint les portraits du pape Clément XII et de plusieurs cardinaux. Trois ans plus tard, il rencontre à Florence le futur lord Duncannon qui le persuade de l'accompagner depuis Naples jusqu'à Constantinople, en passant par les îles de la mer Égée. Ce séjour va profondément marquer le peintre. Dessinant de nombreuses scènes de genre locales, il y rencontre Claude Alexandre de Bonneval, qui a pris le nom de Humbaraci Ahmed Pacha, et a ses entrées à la Cour ottomane. Liotard étudie les coutumes, s'en imprègne, adopte les tenues vestimentaires locales et se laisse pousser la barbe. De Constantinople, il est convoqué à Iași en Moldavie roumaine, puis de là, à Vienne le 2 septembre 1743, où on le surnomme «le peintre turc».
Dans la Vienne du Saint-Empire, il réalise les portraits du futur empereur François Ier et de la future impératrice Marie-Thérèse qu'on cite parmi ses chefs-d'œuvre, ainsi que d'autres membres de la cour. De là, il se rend à Venise où son frère Michel séjournait. Le comte Francesco Algarotti se porte acquéreur de La Belle Chocolatière (Dresde, Gemäldegalerie Alte Meister), un autre de ses chefs-d'œuvre. Il exécute aussi son autoportrait en Turc pour la galerie des Offices de Florence. Il repart ensuite pour Darmstadt, peint des membres de la cour de Hesse, et finit par revenir à Genève où il est célébré par les membres du conseil de la république.
Ensuite commence son second séjour parisien. Rejeté de nouveau par l'Académie royale, il entre à celle de Saint-Luc et expose de 1751 à 1753 plus de 30 portraits, dont ceux de Crébillon et Marivaux. Il est réputé être un peintre cher, et rançon du succès, suscite des jalousies et certains académiciens dénoncent ses abus de privilèges.
En 1751-1752, toujours habillé à la mode turque, il passe en Angleterre, où il retrouve ses anciens compagnons de Constantinople et d'Italie, et, grâce à Duncannon, peut peindre la princesse de Galles en 1753. De cette époque datent aussi de nombreuses natures mortes.
En 1755, il rejoint les Provinces-Unies où, à Amsterdam, l'année suivante, il épouse Marie Fargues le 24 août, fille d'un négociant français installé là. À cette occasion, Liotard finit par tailler sa barbe. Le couple part pour Genève et s'y établit durant près d'une douzaine d'années. Des enfants leur naissent. Liotard fréquente la famille de François Tronchin. Vers 1765, il commence une correspondance avec Jean-Jacques Rousseau et exécutera un portrait du philosophe en 1770. Sa réputation ne s'éteint pas : le 1er novembre, une lettre de l'impératrice Marie-Thérèse à Marie-Antoinette informe cette dernière que Liotard se rend exprès à Paris pour exécuter son portrait.
De nouveau en Angleterre en 1772, son nom figure parmi les exposants à la Royal Academy dans les deux années suivantes avant de revenir à sa ville natale à partir d'octobre 1774. Le 13 juillet 1777, l'empereur Joseph II qui voyageait incognito sous le nom de «comte de Falkenstein», rend visite à Liotard à Genève. S'ensuit un long périple vers Vienne durant lequel Liotard et son fils aîné explorent la région du Danube; il écrit un journal de voyage qui prend fin en 1778.
En 1781, Liotard fait paraître à Genève le Traité des principes et des règles de la peinture, somme qui résume plus de 50 ans de pratiques et où l'artiste exprime son idéal, se rapprocher au mieux du vrai.
En 1783, installé à Confignon, il est encore actif, désireux de faire le portrait de l'impératrice de Russie.
Il meurt à Genève le 12 juin 1789.
Liotard est un artiste très polyvalent et, bien que sa renommée dépende largement de la grâce et de la sensibilité de ses pastels, dont la Liseuse - connu sous le nom de Portrait de Mademoiselle Lavergne ou la Belle Lyonnaise, qui était la nièce du peintre) -, et la Belle Chocolatière, qui sont conservés à la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde, constituent de remarquables exemples, ses peintures sur émail, ses gravures sur cuivre et sa peinture sur verre sont également dignes d'attention critique. Collectionneur, expert de peintures des anciens maîtres, Liotard est également l'auteur d'un Traité des principes et des règles de la peinture (1781). Il a vendu à des prix très élevés plusieurs des chefs-d'œuvre qu'il avait acquis lors de son deuxième séjour en Angleterre. Les musées d'Amsterdam, de Berne et de Genève sont particulièrement riches en exemples de ses peintures et pastels. À Paris, le musée du Louvre conserve 42 de ses pastels. À Londres, le Victoria and Albert Museum expose le tableau Le Turc assis et le British Museum possède deux de ses pastels. Un portrait de l'artiste se trouve dans la Sala dei pittori de la galerie d'Uffizi de Florence.
Paul Chocarne-Moreau
Paul Chocarne-Moreau, né Paul Charles Chocarne à Dijon le 31 octobre 1855 et mort à Neuilly-sur-Seine le 5 mai 1930, était un peintre français.
Paul Chocarne est né à Dijon le 31 octobre 1855 dans une famille d'artistes. Son père est professeur de peinture et il est neveu du père Bernard Chocarne et de l'abbé Victor Chocarne, ainsi que le cousin des sculpteurs Mathurin, Hippolyte et Auguste Moreau.
Paul Chocarne entre à l'École des beaux-arts de Paris, où il est successivement l'élève de Tony Robert-Fleury et de William Bouguereau. Il débute au Salon des artistes français de 1882 et y expose assez régulièrement à partir de cette date sous le nom de Paul Chocarne-Moreau. En 1900 il y obtient une médaille de 2e classe et passe en hors-concours. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 19063.
Chocarne-Moreau se spécialise dans la peinture de genre. Il représente des saynètes de la vie parisienne dont les héros sont généralement de jeunes garçons facétieux issus de milieux populaires : jeunes apprentis-pâtissiers, ramoneurs, enfants de chœur, écoliers. Témoin de son temps, il peint des œuvres comme Sur la barricade qu'il expose au Salon de 1909. On a pu voir en lui un précurseur de Norman Rockwell.
Il meurt à Neuilly-sur-Seine le 5 mai 1930 et est inhumé au cimetière de Levallois-Perret.
Charles Moreau
Henriette Browne
Sophie de Bouteiller, dite Henriette Browne, était une peintre de genre française, née en 1829 à Paris et morte en 1901. Elle est également connue sous le nom de Mme de Saux de par son mariage le 14 juin 1855 avec le diplomate Jules Henry de Saux (†1879), ministre plénipotentiaire et secrétaire du comte Walewski.
Fille de Guillaume Bouteiller et nièce de Louise Bouteiller, Sophie de Bouteiller se forma à partir de l'année 1851 auprès de Charles Chaplin (peintre) et fut l'élève d'Émile Perrin. Elle est considérée par l'historiographie comme l'une des pionnières dans la peinture orientaliste. L'historiographie a par la suite relevé cette spécificité à l'intérieur de la masse importante de la peinture de genre au XIXe siècle. Au demeurant, peu de femmes faisaient partie de cet ensemble de peintres dits de harem. Elle exposa au Salon de 1853 à 1878. Elle y reçut une médaille de 3e classe dans la section Peinture en 1855. La même année, elle participe à l'Exposition universelle. Également peintre graveur, elle reçut une médaille de 3e classe dans la section Gravure en 1863 pour ses gravures d'après Alexandre Bida, lui-même connu pour ses sujets orientalistes.
Ses peintures de harem, telles Une visite (intérieur de harem ; Constantinople, 1860) et Une joueuse de flûte (intérieur de harem ; Constantinople, 1860) du Salon de 1861 qui ont connu un grand succès et ont été abondamment commentées notamment par Théophile Gautier, sont alimentées de ce que l'artiste a pu voir lors de ses voyages. Malgré leur succès, ces deux œuvres ont aussi fait l’objet d’une critique importante. Pour cause, toutes deux représentent une scène d’un harem oriental.
L'intérêt des critiques provenait du fait que l'on savait que les œuvres avaient été produites par une femme qui prétendait avoir vu à l'intérieur du harem. En effet, les femmes peintres partageaient un accès sexué aux harems que les hommes n’avaient pas. Les informations peintes sont alors considérées « authentiques », et dès lors, constituaient un défi potentiel aux conventions orientalistes.
Ainsi, son exploration unique du harem résonne comme une affirmation de la légitimité des femmes dans la narration artistique, tout en dévoilant un Orient bien plus diversifié et humain que les fantasmes érotiques souvent présentés par les artistes masculins. Henriette Browne contribue à une compréhension plus riche et équilibrée de l'Orient au sein de l'histoire de l'art du 19e siècle.
En 1860, elle se rend à Constantinople où elle accompagne son mari, diplomate. En 1865, elle entreprend en outre un voyage au Maroc. Puis elle se rend en Syrie en passant par l'Égypte durant les années 1868 et 1869.
Ayant atteint une reconnaissance critique et professionnelle conséquente, elle est désignée en 1862 comme l’un des membres fondateurs de la Société Nationale des Beaux-Arts de Paris. A titre posthume, en 1894, elle sera également membre honoraire de l’Institut royal des Aquarellistes (Royal Institute of Painters in Watercolours) de Londres.
Alors âgée de cinquante ans, elle n'expose plus à partir de 1879. Elle s'éteindra dans sa demeure du 39, rue Jean-Goujon à Paris, le 14 mars 1901.
José Pérez Siguimboscum
José Pérez Siguimboscum (1841-1909) était un peintre espagnol.
Il est né à Cadix en 1841. Il a enseigné le dessin de figures à l'Académie des beaux-arts de Cadix. Lors de l'exposition qui se tient dans cette capitale en 1879, il présente les tableaux Una maja («A Maja») et Ya se durmió («Elle dort déjà»), ce dernier appartenant à Salvador Viniegra, et reçoit une médaille d'argent. Lors de l'exposition de 1880 qui se tient dans la même capitale, il présente des œuvres intitulées ¿Me lo negarás ahora ? ¿Qué hay de política? Maja de principios del siglo et Voy bien. Plus tard, il réalise un portrait, envoyé à Barcelone en 1883, de l'armateur Antonio López, marquis de Comillas. Il meurt en 1909.
Knud Erik Larsen
Knud Erik Larsen, né le 27 août 1865 à Vinderød et mort le 7 décembre 1922 à Frederiksberg, était un peintre danois.
Knud Larsen naît le 27 août 1865 à Vinderød près de Frederiksværk au Danemark. Il est le fils de Jens Peter Larsen (1826-1897) et de Julie Sophie Olsen (1826-1897). Larsen étudie la peinture à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark et obtient son diplôme en 1889. Il expose pour la première fois à l'exposition de printemps de Charlottenborg en 1887. Larsen expose à l'Exposition universelle colombienne de Chicago en 1893, à l'Exposition générale d'art et industriel de Stockholm en 1897 et à l'Exposition baltique de Malmö en 1914. Larsen voyage en Angleterre en 1889; à Berlin et Dresde 1891; en Italie 1898; à Paris, aux Pays-Bas et en Belgique en 1899.
Larsen peint à l'origine des paysages et des images de genre. Il adopte un style plutôt conservateur mais agréable, particulièrement réaliste dans ses paysages de la campagne du Jutland. Son utilisation de la couleur est de manière évidente influencée par Hans Smidth et Vilhelm Kyhn, en particulier dans ses œuvres de genre telles que Sommer. Børnene binder Kranse (1900) aux tons impressionnistes vifs.
Il s'oriente ensuite de plus en plus vers le portrait, devenant l'un des portraitistes les plus populaires de son époque et travaillant souvent pour des institutions publiques et privées. Son travail englobe certaines des figures contemporaines les plus populaires, dont Vilhelm Thomsen, Harald Høffding, Axel Helsted, Hans Smidth, LA Ring et Theobald Stein.
Larsen est nommé membre de l'Assemblée générale de l'Académie royale des Beaux-Arts en 1898 et est membre du Comité d'exposition du Palais de Charlottenborg pendant les années 1905-1906, 1914-1922. Il est membre du Conseil général de l'école d'art de 1911 à 1914 et membre du Conseil de l'Académie royale des arts de 1908 jusqu'à sa mort en 1922.
En 1893, il épouse Frederikke Elisabeth Dall (1870-1963). Larsen meurt en 1922 à Copenhague et est inhumé au cimetière Assistens.
Larsen reçoit le prix Neuhausens en 1893, la médaille Eckersberg en 1898, la médaille Thorvaldsen en 1901 et le prix Serdin Hansens en 1901 et en 1905.
Arthur Drummond
Arthur Drummond (1871-1951) était un peintre britannique, fils de John Drummond, un artiste maritime britannique. Né à Bristol en 1871, Drummond s'initie très tôt à la peinture et reçoit les encouragements et le soutien de sa famille. Il semble qu'il ait reçu une formation complémentaire à Paris et à Londres.
En France, il a étudié avec Constant et Laurens, apprenant ainsi les méthodes des artistes académiques. À Londres, il étudie avec Sir Lawrence Alma-Tadema, l'important artiste néoclassique britannique, dont Drummond tirera sa plus grande influence.
Drummond se spécialise dans les scènes d'histoire et de genre et, comme Alma-Tadema, nombre de ses œuvres se déroulent dans l'Égypte, la Grèce ou la Rome antiques.
Au cours de sa carrière, Drummond expose ses œuvres à la Royal Academy, à la Royal Society of Artists de Birmingham et au Royal Institute of Oil Painters.
En 1890, Drummond vit au 41, Walterton Road, St. Peter's Park et expose sa première œuvre à la Royal Academy, intitulée The Minstrel. Il continue à exposer à la Royal Academy jusqu'en 1901.
Bien que Drummond se soit spécialisé dans les scènes d'histoire et de genre et que, comme son professeur Alma-Tadema, il ait situé nombre de ses œuvres dans la Grèce, l'Égypte et la Rome antiques, She Loves Butter ! appartient à une catégorie tout à fait différente. Comme beaucoup de ses contemporains, Drummond partageait manifestement la fascination de la société victorienne pour tous les sujets liés à l'enfance. Dans une prairie ensoleillée parsemée de boutons d'or jaunes, trois enfants d'âges différents jouent avec les fleurs. L'exubérance des enfants est reflétée par le jeu de lumière sur la scène et le coup de pinceau de bravoure avec lequel l'artiste rend ses jeunes sujets. La clarté de la palette, des blancs brillants aux roses éclatants se détachant sur le paysage vert et bleu, renforce encore l'atmosphère limpide d'une journée lumineuse en plein été. Un tour de force particulier du travail au pinceau est le rendu du bonnet blanc qui est presque tombé hors du plan de l'image. Exécuté en blanc vif et habilement peint, il attire le spectateur dans le tableau, un effet encore renforcé par le traitement habile de la perspective de la main tendue de l'enfant le plus jeune.
Margaret Tarrant
Margaret Winifred Tarrant, née le 19 août 1888 à Battersea et morte le 28 juillet 1959, était une illustratrice anglaise et auteure pour enfants, spécialisée dans la représentation d'enfants et de sujets religieux féeriques. Elle commence sa carrière à l'âge de 20 ans et peint et publie jusqu'au début des années 1950. Elle est connue pour ses livres pour enfants, ses cartes postales, ses calendriers et ses reproductions imprimées.
Tarrant naît en 1888 à Battersea, au sud de Londres, fille des paysagistes Percy Tarrant et Sarah Wyatt Tarrant. Elle étudie au département d'art de la Clapham High School et de la Clapham School of Art. Elle suit brièvement une formation d'enseignante, mais se tourne à la place vers l'art. Elle étudie à la Heatherley's School of Art et à la Guildford School of Art en 1935. Elle commence sa carrière à l'âge de 20 ans avec une édition de The Water Babies de Charles Kingsley.
Dans les années 1920, Tarrant contribue à populariser le thème des fées dans une longue série de titres sur des poèmes de son amie Marion St John Webb, tels que The Forest Fairies, The Pond Fairies, et The Twilight Fairies. Elle est longtemps associée à la Société Médicis et plusieurs de ses cartes postales, calendriers et livres pour enfants sont publiés par l'organisation6. Après la mort de ses deux parents en 1934, la Société l'envoie en voyage en Palestine pour faire des recherches4. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fait don d'affiches à l'effort de guerre et utilise un vieux vélo pour économiser l'essence.
Margaret Tarrant meurt le 28 juillet 1959.
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Richard Lauchert
Richard Lauchert était un portraitiste allemand né le 2 février 1823 à Sigmaringen et mort à Berlin en 1868.
Il est le fils de Josef Lauchert, conseiller à la cour, et de Walburga Lauchert, née à Guttenberg. Il a étudié à l'Académie de Munich. Après ses études, il s'est rendu à Paris, où il a travaillé peu de temps, puis en Allemagne. Il a reçu le titre de «Hofmaler» (peintre de la cour) par le prince de Hohenzollern. En 1852, il se rend au château de Rauden, en Haute-Schélie, où il peint les portraits de ses propriétaires, le duc Hatibor et son épouse. À Rauden, il rencontre la sœur de Herzog Amalie et se fiance avec elle. Après de longues discussions, les conditions du mariage sont acceptées et, en 1857 (automne), il se rend avec Amalie à Thur, propriété du duc d'Hatibor. Le chemin du jeune couple fraîchement marié mena d'abord en Russie, où Lauchert peignit l'empereur Alexandre à Pétersbourg, ainsi que le magnifique portrait de sa femme. Après ce travail, Lauchert s'installe avec sa femme à Berlin, où il réalise des portraits de la plus haute aristocratie. C'est également à Berlin qu'il réalise une quantité incroyable de ses plus beaux portraits. L'été, Lauchert partait en villégiature avec sa famille (2 fils et 3 filles), généralement dans la forêt de Thuringe, où il réalisait les plus beaux dessins de paysages. Le peintre est mort en 1868.
Wilhelm Friedenberg
Wilhelm Friedenberg était un peintre allemand né en 1845 et mort en 1911. Il est connu pour ses peintures de genre.
On ne sait pas presque rien sur lui.
Franz Defregger
Franz Defregger (à partir de 1883, chevalier Franz von Defregger), né le 30 avril 1835 dans le Tyrol-Oriental à Ederhof et mort le 2 janvier 1921 à Munich, était un peintre austro-bavarois de l'école de Munich spécialiste de la peinture de genre et de la peinture d'histoire.
Defregger est le fils d'un fermier tyrolien. Il vend la ferme familiale à la mort de son père en 1860 pour que ses deux sœurs puissent émigrer aux États-Unis. Lui-même se rend alors à Innsbruck et prend des leçons de dessin et de sculpture auprès de Michael Stolz (de). Quelques mois plus tard à l'automne 1860, il part pour Munich se présenter à Carl von Piloty, professeur à l'académie des beaux-arts. Il entre dans la classe préparatoire du professeur Hermann Dyck, à l'école royale de dessin de Munich. C'est le 19 juillet 1861 qu'il se présente à l'examen d'entrée de l'académie. Il y étudie ensuite avec le professeur Hermann Anschütz dans la classe de peinture.
Defregger fait un voyage d'étude à Paris en 1863. Il fait des copies dans les musées, notamment des académies de nus, et fréquente les ateliers parisiens. Il est de retour à Munich le 8 juillet 1865 et se remet au travail. Il est le condisciple de Makart et Max à l'atelier de Piloty entre 1867 et 1870, qui l'initie à la peinture d'histoire.
Les toiles de Defregger, qui mettent souvent en scène des personnages de scènes paysannes de montagne rencontrent aussitôt un vif succès, ainsi que ses scènes du soulèvement du Tyrol de 1809. Son style influença Albin Egger-Lienz.
Defregger est professeur de peinture d'histoire entre 1878 et 1910 à l'académie de Munich. Il est fait chevalier de l'ordre du mérite civil de la Couronne de Bavière en 1883 et reçoit l'anoblissement à titre personnel de la part du roi de Bavière.
Defregger expose à l'exposition du Centenaire de l'art allemand à Berlin en 1906. Il est alors un peintre célèbre et récipiendaire de plusieurs décorations et médailles. Il a eu notamment pour élèves Josef Moroder-Lusenberg, Hans Perathoner (de), Lovis Corinth, Ludwig Schmid-Reutte, Hugo Endl, et a collaboré avec Rudolf Epp. Il a influencé aussi Mathias Schmid, peintre de scènes tyroliennes.
En 1913, ses recommandation permettent à Stephanie Hollenstein d'obtenir une bourse qui lui permet d'étudier pendant un an en Italie.
Il est enterré au cimetière du Nord à Munich.
Frederick Dielman
Frederick Dielman (25 décembre 1847 - 15 août 1935) était un portraitiste et figuriste germano-américain.
Dielman est né à Hanovre, en Allemagne, et a été emmené aux États-Unis dans sa petite enfance. Il est diplômé du Elf Sternberg College de New Windsor, dans le Maryland, en 1864 et, de 1866 à 1872, il travaille comme topographe et dessinateur pour le U.S. Army Corps of Engineers à Fortress Monroe et à Baltimore, ainsi qu'à l'étude des voies d'accès au canal des Alleghanies en Virginie. Il a ensuite étudié avec Wilhelm von Diez à l'Académie royale de Munich, où il a reçu une médaille dans la classe de vie.
Il ouvrit un studio à New York, où il travailla d'abord comme illustrateur de livres et de magazines, puis devint un dessinateur et un peintre de genre distingué. Il fut l'un des premiers membres de la Society of American Artists, fut nommé Académicien national en 1883, et fut également membre de l'American Water Color Society, du New York Etching Club et du Salmagundi Club. Il a été président de la Fédération des arts de New York.
En 1899, Dielman est élu président de la National Academy of Design. En 1903, il devient professeur de dessin au College of the City of New York et, à peu près au même moment, il est nommé directeur des écoles d'art de la Cooper Union.
Il a apporté d'importantes contributions aux éditions de luxe d'œuvres de Longfellow, Hawthorne, George Eliot et d'autres écrivains, ainsi qu'aux diverses publications du Tile Club, dont il était membre. Ses décorations murales et ses panneaux de mosaïque pour la Bibliothèque du Congrès à Washington sont remarquables. Parmi ses tableaux présentés aux expositions de la National Academy figurent The Patrician Lad (1877), Young Gamblers (1885) et a Head (1886). L'une de ses illustrations les plus connues est A Girl I Know.
Il est décédé à son domicile de Ridgefield, Connecticut, le 15 août 1935.
Johann Friedrich Engel
Johann Friedrich Engel (également connu sous le nom de John Fred Engel, 24 avril 1844 - 2 mars 1921) était un peintre et illustrateur allemand qui a vécu quelque temps aux États-Unis.
À l'âge de huit ans, Engel est parti aux États-Unis avec ses parents. Ils s'installent à Albany, dans l'État de New York. Engel étudie avec le peintre belge François Unterricht, retourne en Allemagne en 1861 et entre à l'Académie des arts de Düsseldorf. Le 18 janvier 1862, il entre à l'Académie royale des arts de Munich. Après avoir obtenu son diplôme en 1868, il retourne aux États-Unis. En 1873, il retourne en Allemagne et s'installe à Munich, où il meurt le 2 mars 1921.
Engel était un portraitiste et un peintre de scènes de genre. Son œuvre comprend des portraits d'enfants en costumes bavarois traditionnels ou des scènes se déroulant dans la région du Chiemgau, en Haute-Bavière, comme Pêcheuse au Chiemsee (1879) ou Retour de pêche. La famille d'Engel l'a inspiré, son petit-fils Hugo ayant servi de modèle pour au moins une œuvre. Ses œuvres ultérieures comprennent des scènes de genre, notamment des tableaux comme Félicitations, notre grand-mère, Invités près du mur, Joyeuse solitude (1898) et Le secret (1901). En 1910, il crée trois cadres avec des représentations allégoriques des saisons de l'année. La plupart de ses œuvres se trouvent dans des collections privées.
Ernst Nowak
Ernst Nowak était un peintre autrichien né le 7 janvier 1851 à Opava, en République tchèque, et mort le 30 mai 1919 à Vienne, en Autriche.
Il est surtout connu pour ses scènes religieuses, ses scènes de genre et ses portraits. Il a suivi l'enseignement de Carl Wurzinger (1817-1883) et d'August Eisenmenger (1830-1907) à l'Académie de Vienne. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans des musées.
Fritz Wagner
Fritz Wagner est né à Zurich le 20 juillet 1872 et mort en 1967. C'était un peintre allemand de natures mortes, de paysages et de scènes de genre représentant généralement des cavaliers. Wagner a étudié à l'Accademia di Belle Arti di Brera de Milan.
Fritz Wagner était l'élève de Karl Roth et de Robert Seitz à Munich. Il a été influencé par Hiasl Maier-Erding. Il a été actif à Munich et à Frauenchiemsee.
Il effectua des voyages d'étude en Italie, en Hongrie et en Roumanie. Il s'inspira de Max Gaisser (1857-1922) et de ses intérieurs hollandais, et il a réalisé des portraits de moines à la manière d'Eduard von Grützner (1846-1925). Wagner était membre de l'Association nationale des artistes d'Allemagne.
Henriëtte Ronner-Knip
Henriëtte Ronner-Knip, née le 31 mai 1821 à Amsterdam et morte le 28 février 1909 à Ixelles, était une peintre animalière belgo-néerlandaise.
Henriëtte est le deuxième enfant du peintre Josephus-Augustus Knip (1777-1847) et de Cornelia van Leeuwen (1790-1848). Élève de son père, elle débute très jeune par la peinture d'animaux, de paysages et de natures mortes.
Henriëtte épouse le 14 mars 1850 à Amsterdam Feico Ronner (1819-1883), originaire de Dokkum. Ils eurent six enfants, Marie-Thérèse (1851-1852), Alfred Feico (1852-1901), Edouard (1854-1910), Marianne Mathilde (1856-1946), Alice (1857-1957) et Stéphanie-Emma (1860 -1936). Alfred, Alice et Emma devinrent artistes et Edouard avocat.
Henriëtte et Feico Ronner s'installent à Bruxelles en 1850, après leur mariage, où ils habitèrent successivement
- Rue de la Régence, 7 (de 1850 à 1854)
en 1852, cependant, ils habitèrent rue du Lait battu à Saint-Josse-ten-Noode
- Avenue Rogier, 157 (de 1854 à 1856)
- Chaussée d'Etterbeek, 172 (de 1856 à 1871)
- Rue du Maelbeek (de 1871 à 1873)
- Rue de la Vanne, 19 (de 1873 à 1878)
- Chaussée de Vleurgat, 51 (de 1878 à 1903)
- Rue Gachard, 43 (de 1903 à 1909), chez ses filles
Elle se spécialise dans la peinture animalière, au début surtout des chiens puis, à partir de 1870, presque exclusivement des chats, pour lesquels elle parvient avec une grande virtuosité à représenter le détail du pelage. Elle reçoit de nombreuses commandes notamment de la Cour belge mais aussi de notables anglais.
Charles Verlat
Charles Verlat, né le 25 novembre 1824 à Anvers et mort dans la même ville le 23 octobre 1890, était un peintre et un graveur belge.
Son large champ pictural couvre la peinture d'histoire, les scènes de genre, les représentations animales, les sujets d'art sacré et les œuvres orientalistes.
Étudiant à l'académie des beaux-arts d'Anvers, il bénéficie également de l'enseignement de Nicaise de Keyser, une des figures majeures de l'école de peinture historique romantique belge. Après quelques premiers succès en Belgique, Charles Verlat s'établit à Paris (1850-1868) où il fréquente Gustave Courbet qui influence sa palette.
En 1869, Verlat est nommé directeur de l'école des beaux-arts de Weimar. De retour à Anvers, en 1875, il effectue un important séjour en Palestine avant de revenir définitivement dans sa ville natale en 1877 jusqu'à sa mort en 1890.
Michel Marie Charles Verlat naît à Anvers en 1824. Il est le fils de Charles Joseph Henri Verlat, un fabricant de savon, d'huile et de soude et de Caroline Catherine Antonie Jacobs. À douze ans, Charles Verlat réalise une reproduction de La prise de Constantine, d'après Horace Vernet, qui est ensuite exposée dans la vitrine du marchand d'art Tessaro à Anvers. Sa mère est une femme avertie quant aux arts qui incite son fils à étudier le dessin auprès du sculpteur Johannes Antonius van der Ven à l'académie royale des beaux-arts d'Anvers.
Étudiant à l'académie d'Anvers, Charles Verlat est également l'élève du cours privé de Nicaise de Keyser, l'une des figures clés de l'école de peinture historique romantique belge. Verlat est remarqué dès 1842 pour son tableau Pépin le Bref tuant un lion qu'il envoie l'année suivante au salon triennal d'Anvers. Ses premiers tableaux s'inspirent de l'école romantique belge et traitent d'événements marquants de l'histoire de Belgique. Il se met aussi progressivement à peindre des scènes animalières, ainsi que des scènes de genre. En 1845, il expose son Carloman à la chasse au sanglier au salon de Bruxelles de 1848. Trois ans plus tard, il propose au Salon de Bruxelles de 1851: Le Sommeil et Loups se disputant une proie. En 1849, il peint sa première composition religieuse destinée à l'église Saint-Gommaire de Lierre. Il participe au Prix de Rome de Belgique en 1847, le sujet est Le Baiser de Judas, mais le jeune artiste ne l'emporte pas, probablement en raison de son incapacité partielle due à un bras cassé. En 1849, il reproduit le même thème destiné à l'église de Tienen, la commune natale de son père. Heureusement, un riche parent, Albert Marnef van Wespelaer, lui verse en 1849 une allocation qui lui permet de poursuivre ses études pendant quatre ans.
En 1850, Charles Verlat s'installe à Paris où il travaille sous la direction d'Ary Scheffer. Il envoie deux tableaux au salon de Bruxelles de 1851: Romulus et Remus et La Vierge et l'Enfant Jésus. En 1852, Verlat dispose de son propre atelier à Paris, il réside Place de la Barrière à Montmartre, mais travaille à la cité Frochot où œuvrent également Philippe et Théodore Rousseau, cofondateur de l'école de Barbizon, ainsi qu'Eugène Isabey. Même s'il est établi en France, il reçoit plusieurs commandes officielles de Belgique, comme en témoigne sa composition Godefroid de Bouillon durant l'assaut de Jérusalem, exposée au Salon de Bruxelles de 1854. En 1855, il emporte une médaille à l'exposition universelle de Paris pour son Tigre attaquant un troupeau de buffles et, en 1858, il expose Le Coup de collier au salon de Paris. Pendant son séjour à Paris, il fréquente notamment Hippolyte Flandrin et Thomas Couture et se lie d'amitié avec Gustave Courbet. À Paris, Verlat subit l'influence du réalisme de Gustave Courbet lorsqu'il peint La Lourde charge en 1867. Il est la cible du Charivari qui raille la composition. En revanche, sa Piéta, présentée au salon de 1867, lui vaut le grade de chevalier de la Légion d'honneur.
Invité par le grand-duc Charles-Alexandre de Saxe-Weimar-Eisenach, il est nommé directeur de l'école des beaux-arts de Weimar en 1869. Parmi ses élèves, figure Max Liebermann. Il y peint plusieurs portraits, dont un de la grande-duchesse Sophie des Pays-Bas et un autre de Franz Liszt, dont il devient un ami personnel. Favorablement apprécié par le grand-duc, il enseigne à ses filles Marie-Alexandrine et Élisabeth et reçoit en 1874 l'ordre du Faucon blanc. Parmi les professeurs, on retrouve à Weimar d'autres Belges comme Alexandre Struys, Willem Linnig (le jeune) ou Ferdinand Pauwels.
Peu après son retour à Anvers en 1875, il entreprend au mois d'août un voyage de près de deux ans au Moyen-Orient, en Égypte, en Palestine et en Syrie. Il est motivé par le désir d'étudier la vie réelle des modèles de ses peintures religieuses. De ce séjour, Verlat rapporte une cinquantaine de tableaux, parmi lesquels: Vox populi (1876), Vox dei, Le tombeau du christ et la Fuite en Égypte (1877). Il expose ses œuvres «orientales» à Weimar, Anvers, Bruxelles et Londres où elles recueillent un beau succès.
De retour à Anvers en mai 1877, où il s'établit définitivement, il est nommé professeur de peinture à l'Académie d'Anvers en remplacement de Joseph Van Lerius, mort l'année précédente. Il devient directeur de l'académie en 1885. En 1877-1878, il fait construire à Anvers un hall d'exposition en bois, pour y accrocher ses compositions exécutées lors de son voyage en Palestine. La salle Verlat accueille par la suite de nombreuses expositions de groupes. En 1884, Charles Verlat soutient les membres du cercle artistique Als ik Kan, fondé par de jeunes artistes qui tiennent leurs 24 premières expositions.
Lorsque Vincent van Gogh étudie durant une brève période à l'académie d'Anvers en 1886, Charles Verlat et lui se disputent sur le style de dessin non conventionnel de Van Gogh.
Le 23 octobre 1890, malade depuis quelques mois après son accident vasculaire cérébral et sans avoir recouvré ses forces, Charles Verlat, meurt, âgé de 65 ans, en son domicile, Mutsaard, 29, à Anvers. Le 27 octobre 1890, ses funérailles civiles sont célébrées à Anvers avec les honneurs militaires (dus aux commandeurs de l'ordre de Léopold) et il est inhumé au cimetière du Kiel.
Charles Verlat est un artiste polyvalent qui pratique la peinture, l'aquarelle et la gravure. Il est aussi un dessinateur passionné. Ses sujets sont variés et comprennent des peintures d'animaux, des portraits, des compositions religieuses, des œuvres orientalistes, des scènes de genre, y compris un certain nombre de singeries et quelques natures mortes. Il a d'abord été influencé par les professeurs de l'Académie d'Anvers qui étaient partisans de l'école romantique belge et a prêché un retour au glorieux style baroque flamand pour traiter des événements majeurs de l'histoire de la Belgique. Il est ensuite inspiré par d'autres mouvements artistiques contemporains: les idéalistes allemands qu'il connaît grâce à Ary Scheffer à Paris et le réalisme de Gustave Courbet. Durant son séjour en Palestine, sa palette s'estompe et perd son éclat flamand. Malgré ces nombreuses influences, sa principale inspiration est l'œuvre des maîtres baroques flamands: Rubens, van Dyck et Jordaens. Il a retrouvé sa palette plus colorée après son retour à Anvers.
Au cours de sa vie, il a été reconnu comme un important peintre animalier. Il était capable de rendre les animaux d'une manière vivante et réaliste. L'une de ses premières œuvres animalières a été acquise par le peintre animalier anglais Edwin Landseer. L'un des exemples les plus connus de son art dans ce domaine est La Défense du troupeau. Peint pendant sa résidence en Palestine, il relève de la palette sourde qu'il a adoptée pendant cette période. Il montre le type de représentation dynamique des interactions animales que l'on peut voir uniquement dans les peintures animalières des premiers animaliers flamands tels que Frans Snyders. Verlat a aussi peint de nombreuses œuvres dans le genre des singeries, c'est-à-dire des représentations humoristiques de singes se livrant à des activités humaines. Les singes dans les scènes sont souvent vêtus de costumes qui ajoutent de la comédie à leur «singe» d'une action humaine spécifique (souvent un vice comme fumer ou jouer) ou d'une profession telle que critique d'art, dentiste, peintre, musicien, etc.
Au-delà des représentations animalières et des portraits, Charles Verlat a également réalisé de vastes panoramas, comme La Bataille de Waterloo (122 mètres de long et 10 mètres de haut et dont les paysages sont du pinceau de l'anversois Auguste De Lathouwer) en 1881 et Le Traité de San Stefano en 1882. Un troisième panorama, commandé à Chicago, devait représenter La Terre Sainte, mais n'a pu être réalisé en raison de la mort du peintre.
Charles Verlat a également créé quelques gravures originales au début des années 1880, dont un autoportrait. Il a travaillé directement sur l'assiette sans autre préparation ce qui donne à ces œuvres un aspect spontané.
Jean-Marc Nattier
Jean-Marc Nattier, né le 17 mars 1685 à Paris où il est mort le 7 novembre 1766, était un peintre français.
Fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier, Jean-Marc Nattier eut un talent précoce : à quinze ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie.
Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome, mais le jeune lauréat préféra rester à Paris et user de la permission qu’il avait obtenue de dessiner, pour les faire graver, les tableaux de la galerie de Rubens au Luxembourg commandés par Marie de Médicis. La célébrité lui fut prédite par Louis XIV, qui lui dit, en voyant quelques-uns de ses dessins: «Continuez, Nattier, et vous deviendrez un grand homme».
En 1713, il fut reçu membre agréé de l’Académie. Deux ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de Pierre Ier le Grand à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam, d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar. Mais, après avoir fait le portrait de l'épouse secrète de Pierre le Grand (depuis 1707), devenue son épouse officielle en 1712, la future impératrice Catherine 1ère (de 1725 à 1727), et un tableau représentant la bataille de Poltava, il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne put se décider à quitter son pays. Pour autant, lorsque Pierre 1er vint visiter la France en 1717, il se fit peindre un portrait par Nattier.
Il est élu membre de l’Académie le 29 octobre 1718, sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse (musée de Tours).
Il épouse le 26 janvier 1724, à l'église Saint-Roch, Marie Madeleine de la Roche3 avec qui il aura un fils, Jean Marc Nattier (1734-1754) et trois filles:
- Marie Pauline Catherine Nattier (1725-1775) qui épouse en 1747 le peintre Louis Tocqué
- Charlotte Claudine Nattier (1730–1779) mariée en 1754 avec François Philippe Brochier, secrétaire d’ambassade puis consul
- Madeleine Sophie Nattier mariée 1° en 1763 avec le peintre Charles-Michel-Ange Challe (1718-1778); 2° en 1798 avec Jean Guillaume Bertrand, veuf de Catherine Silvie
Nattier avait partagé l’engouement presque général pour le système de Law. La déconfiture de la banque et la perte d’un procès de famille assez important le laissèrent sans autres ressources que celles qu’il pouvait tirer de son talent. À partir de ce moment, Nattier se met à peindre plus particulièrement des portraits4, et se fait promptement une grande réputation en ce genre.
Le 26 mars 1746, il est nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il expose aux différents salons de 1737 à 1763 et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du XVIIIe siècle.
Le chevalier d’Orléans, grand prieur de France, le charge d’achever la décoration, commencée par Raoux, d’une des galeries de son hôtel, et lui donne un logement au Temple.
Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de Louis XV en 1748, il peint tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe (musée de Dresde), l’impératrice Marie-Thérèse (musée de Bruxelles), la reine Marie Leszczyńska; mesdames Henriette et Adélaïde, filles du roi, qui figurèrent au salon de 1758 et sont au musée de Versailles; le Dauphin; la Dauphine; mesdemoiselles de Beaujolais, de Chartres, de Clermont; etc.
À la mort du chevalier d’Orléans, grand prieur de France, en 1748, le prince de Conti fait vendre au profit de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem tous les tableaux et autres objets lui ayant appartenu. Nattier, touché de voir vendre, sous ses yeux et à l’encan, des tableaux qui lui avaient coûté des soins et des travaux infinis, y met l’enchère, et les rachète.
Autant le début de sa carrière avait été brillant, autant les dernières années de Nattier sont remplies de chagrin. «Bien avant que d’être hors d’état de pouvoir toucher le pinceau, il fut malheureux. La guerre, le fléau des arts, l’inconstance du public, le goût de la nouveauté, tout se réunit pour lui faire éprouver le plus triste abandon. À cette grande affluence à laquelle il était accoutumé succéda une désertion presque totale; enfin, il ne lui resta plus de ses grandes occupations que quelques ouvrages à finir pour la cour commencés dans des temps plus heureux.»
Aux chagrins qu’il ressent de l’abandon du public et de ses anciens protecteurs vient se joindre une douleur plus grande encore. Nattier avait envoyé en Italie son fils, qui lui donnait les plus grandes espérances, pour y achever ses études de peinture. Six mois après son arrivée à Rome, le jeune homme se noie en se baignant dans le Tibre.
À la fin de sa vie, Nattier est réduit à un état voisin de la misère après avoir échoué à obtenir une pension, qu’il avait sollicitée le 27 juin 1754, ressentant les premières atteintes d'un mal qui devait le retenir au lit pendant les quatre dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier est recueilli par son gendre, le peintre Charles-Michel-Ange Challe chez lequel il meurt en novembre 1766, âgé de 81 ans.
Jean-Marc Nattier a donné son nom à une nuance de bleu dite bleu Nattier, qui est intermédiaire entre le bleu roi et le bleu marine.
Norman Rockwell
Norman Rockwell, né à New York le 3 février 1894 et mort le 8 novembre 1978 à Stockbridge (Massachusetts), était un illustrateur américain. Il est célèbre pour avoir illustré de 1916 à 1963 les couvertures du magazine The Saturday Evening Post, où il représenta dans un style naturaliste et réaliste, la vie quotidienne aux États-Unis dans l'entre-deux-guerres et l'après-guerre.
Lors de la Seconde Guerre mondiale il participe à l'effort de guerre en réalisant la série d'affiche Les Quatre Libertés qui illustre un discours du président Franklin Delano Roosevelt. Marqué par la tradition de l'illustration de livres d'aventures du XIXe siècle, représentée par Howard Pyle et N. C. Wyeth, il travaille aussi pour des éditeurs notamment en illustrant Les Aventures de Tom Sawyer, ainsi que pour le cinéma et la publicité. Sa collaboration la plus longue est avec l'organisation des Boy Scouts of America de 1913 à 1976 pour qui il illustre chaque année le calendrier, et le magazine Boy's Life.
Vers la dernière partie de sa carrière il évolue vers des thèmes politiques et sociétaux, en illustrant pour la revue Look des articles sur le Corps de la paix ou la ségrégation raciale aux États-Unis. La plus grande partie de ses œuvres est conservée dans le musée qui porte son nom à Stockbridge.
Dès son enfance, Norman Rockwell présente des prédispositions pour le dessin et entre en 1908 à la Chase School of Fine and Applied Arts. En 1910, il abandonne ses études et entre à l'Art Students League of New York, où il perfectionne sa technique auprès de George Bridgeman et Thomas Fogarty. La même année, il illustre son premier livre, Tell me why, Stories, et commence une longue collaboration avec le mouvement des boy-scouts des États-Unis en illustrant la revue Boys' life.
En 1916, il se rend à Philadelphie siège du magazine The Saturday Evening Post et propose trois couvertures au directeur de la revue George Horace Lorimer, qui sont acceptées. Il devient dès lors le peintre de l'Américain moyen et son nom est identifié à cette revue dont il réalise les plus célèbres illustrations et couvertures jusqu'en 1963. En 1935, il illustre les romans de Mark Twain, Tom Sawyer et Huckleberry Finn. En 1942, il participe à l'effort de guerre en publiant Les Quatre Libertés qui acquièrent une célébrité mondiale. Dans les années 1950, il est considéré comme le plus populaire des artistes américains et fait les portraits d'Eisenhower, de Kennedy et de Nasser.
Les années 1960 voient le déclin de l'illustration au profit de la photographie et le changement de directeur artistique amène Rockwell à quitter le Saturday Evening Post. À partir de 1964, il travaille pour la revue Look et illustre des thèmes plus en relation avec les convulsions politiques du temps. Sa plus célèbre illustration pour Look, Notre problème à tous (1964), représente une petite fille noire américaine se rendant à l'école, escortée par des agents fédéraux, en pleine période ségrégationniste. Vers la fin de sa vie, il fait encore des affiches publicitaires et le calendrier des boy-scouts jusqu'en 1976.
L'art de Norman Rockwell se situe dans une période charnière de l'histoire de l'illustration. Il est l'héritier de la tradition américaine du XIXe siècle et tout particulièrement de Howard Pyle, qui en fut l'un des plus importants représentants par ses livres d'aventures et qui l'influença très profondément. Dans la continuité de Joseph Christian Leyendecker, sa peinture est représentative d'une nouvelle manière qui s'imposera avec l'essor des magazines illustrés entre les années 1920 et 1950. Il fait la synthèse entre ces deux courants et, par son style précis et méticuleux, il annonce l'hyperréalisme.
Outre Pyle et Leyendecker, Norman Rockwell fut influencé par des maîtres de l'art occidental: Vermeer, Frans Hals, Chardin, pour leurs scènes d'intérieurs, ainsi que les peintres Meissonier et Gérôme pour le travail sur les détails minutieux, ou le portraitiste John Singer Sargent. On trouve aussi des réminiscences de Winslow Homer dans ses illustrations de Tom Sawyer. Les illustrateurs anglais de l'époque victorienne ont eu aussi une grande influence, tels ceux des ouvrages de Charles Dickens ou de Lewis Carroll, Hablot Knight Browne, Arthur Rackham et John Tenniel. À son tour, Norman Rockwell influencera nombre d'illustrateurs.
Norman Rockwell a expliqué son travail technique dans deux ouvrages, My Adventures as an Illustrator et Rockwell on Rockwell: how I make a picture. Il commençait par choisir son sujet, dont il faisait plusieurs esquisses et croquis pour élaborer l'idée de départ, puis il réalisait un dessin au fusain très précis au format identique à celui de la toile définitive. Il reportait ce dessin sur la toile et commençait la peinture proprement dite. Il peignait à la peinture à l'huile très diluée à l'essence, chaque couche était recouverte de vernis à retoucher, ce qui aura des conséquences néfastes pour la conservation de certaines de ses toiles, le vernis jaunissant de manière irrémédiable.
À partir des années 1930, Rockwell ajoute un nouvel auxiliaire à son travail, la photographie, ce qui lui permet de travailler avec ses modèles sans leur imposer des temps de pose trop longs. Le procédé aura une influence sur son œuvre en orientant sa peinture vers le photoréalisme.
Le style de Norman Rockwell a été qualifié de storyteller (narratif). Comme illustrateur, il faisait en sorte que ses œuvres soient en parfaite correspondance avec les textes qu'il illustrait (c'est le cas de Tom Sawyer). Pour ses couvertures de magazines, chaque détail avait un rôle dans la narration de la scène. Son travail a évolué d'un naturalisme hérité du XIXe siècle à une peinture plus précise dans sa période la plus prolifique. Il use aussi de la caricature pour accentuer le caractère comique de certaines situations.
James Wells Champney
James Wells Champney (16 juillet 1843 - 1er mai 1903) était un artiste de genre et un illustrateur américain connu pour ses portraits, ses scènes orientales et ses paysages américains.
Champney est né à Boston, fils de Benjamin et de Sarah Wells Champney. Sa mère décède alors qu'il est encore très jeune et il est élevé par des membres de sa famille. À l'âge de 16 ans, il commence sa carrière comme apprenti graveur sur bois et gagne sa vie en réalisant des gravures sur bois. Au début de la guerre civile, il abandonne son apprentissage et s'engage dans le 45e régiment de volontaires du Massachusetts. Après la guerre, il enseigne le dessin pendant une courte période et, en 1866, il se rend en Europe où il étudie avec le peintre de genre Edouard Frère à Ecouen. Il étudie ensuite avec Van Lerius à l'Académie royale d'Anvers. Il retourne en Amérique en 1870 et ouvre une académie, mais il est rapidement attiré par l'Europe, s'installant à Rome pendant un certain temps et visitant Paris.
En 1873, il s'enfuit avec Elizabeth Williams, son ancienne étudiante en dessin, pour la sauver d'un mariage arrangé. Pendant les trois années qui suivent leur mariage, le couple voyage à travers l'Europe et vit en France lorsque naît leur premier enfant. La famille s'installe finalement à Deerfield, dans le Massachusetts.
James et Elizabeth deviennent des collaborateurs productifs. Elizabeth contribue à de nombreux articles et illustrations pour des magazines tels que Scribners et Harper's. Elle est également l'auteur de plusieurs séries de livres de voyage, souvent illustrés par son mari. Les gravures et les illustrations de James sont très populaires et sont utilisées pour illustrer les livres non seulement de sa femme, mais aussi d'autres auteurs notables.
En 1879, les Champneys achètent une seconde maison sur la Cinquième Avenue de New York, où James établit un studio, ainsi qu'à Deerfield, dans le Massachusetts. Bien qu'il passe le plus clair de son temps à travailler dans son studio new-yorkais, son lieu de travail préféré est le studio de Deerfield.
En 1880, le couple obtient un contrat pour illustrer une série d'articles pour le Century Magazine. Pour ce faire, le couple entreprend un voyage en Afrique du Nord, en Espagne et au Portugal, visitant des localités telles que Tanger et Tétouan au Maroc, qui n'avaient pas été couvertes par l'un des magazines illustrés de l'époque. En Europe, ils découvrent les œuvres du réaliste espagnol Mariano Fortuny et du peintre français Henri Regnault, et passent une grande partie de leur temps à suivre les traces de ces artistes en Espagne, en France et au Maroc Entre 1880 et 1890, les Champney effectuent plusieurs voyages en Europe et, en 1890, ils ouvrent un studio à Paris.
À partir de 1885 environ, Champney se consacre presque exclusivement aux pastels. Il expose des pastels à l'exposition colombienne de Chicago (1893, 1898). En 1882, il est élu membre associé de la National Academy of Design et membre du Salmagundi Art Club.
Le mariage des Champney est très heureux. Alors qu'il prépare un voyage en Russie, James meurt le 1er mai 1903 d'une chute dans une cage d'ascenseur à New York; les circonstances sont rapportées dans le New York Times. Sa veuve lui laisse un fils, Édouard Frère Champney (né en 1874 en France), architecte à Washington, et une fille, Mme John Humphreys, dite Marie Champney (née en 1877), peintre de miniatures.
Les peintures de Champney comprennent des paysages et des sujets de genre, ainsi que des scènes orientalistes. Après ses voyages en Europe, il se concentre presque exclusivement sur les pastels et se fait connaître pour ses portraits, en particulier ceux de jeunes filles. Parmi les nombreux portraits qu'il a peints, citons ceux de William Winter, Henry M. Stanley et Mary Mannering sous le nom de « Daphne ». Il donne également des conférences sur la photographie et se fait l'avocat du potentiel pictural de la photographie. En outre, il réalise des décorations pour l'hôtel Manhattan en 1898. Il signe souvent ses œuvres du nom de «Champs» pour se distinguer des autres artistes portant le même nom de famille.
Jane Maria Bowkett
Jane Maria Bowkett (1837-1891) était une peintre britannique traditionnelle de style victorien qui travaillait principalement à l'huile. Son œuvre a été décrite comme «de charmantes images légèrement naïves de femmes et d'enfants, soit des intérieurs, soit souvent des scènes de plage». Elle a cependant réussi à établir une carrière réussie en tant qu'artiste professionnelle dans une profession dominée par les hommes. Il a été suggéré que dans certains tableaux, elle créait des scènes ambiguës en refusant de représenter les femmes comme des modèles de vertu morale et en dépeignant les mères et les enfants comme étant satisfaits indépendamment de la présence d'un homme. Il a également été suggéré que le tableau Young Lady in a Conservatory (Jeune femme dans un jardin d'hiver) constitue un commentaire social sur les restrictions morales imposées aux femmes, car le sujet est représenté dans un petit jardin d'hiver avec un minimum d'espace pour se déplacer.
Née à Londres, Jane Maria Bowkett était l'aînée d'une fratrie de treize enfants. Plusieurs de ses sœurs sont également devenues artistes. Son père, Thomas Bowkett, était médecin et participait activement au mouvement chartiste. En 1862, J.M. Bowkett a épousé l'artiste Charles Stuart, mais a continué à signer ses œuvres en utilisant son nom de jeune fille. Elle a donné naissance à six enfants, dont trois seulement ont survécu à l'accouchement. Cependant, la famille prospère par la suite et, au milieu des années 1880, Bowkett et son mari achètent enfin une impressionnante propriété nouvellement construite à Hampstead, dotée d'un immense studio à galerie relié à la maison spacieuse par un jardin d'hiver à voûte en berceau. Elle vécut dans cette maison jusqu'à sa mort en 1891.
Lorsque Bowkett a commencé à se former à la peinture, elle a fréquenté une école de design gérée par le gouvernement à Londres. Bowkett travaillait principalement à l'huile, dans laquelle elle peignait souvent des scènes domestiques quotidiennes et des scènes de genre. Sa carrière a été couronnée de succès. Elle commence à exposer en 1858 avec Angels Heads after Joshua Reynolds à la Society of Female Artists (plus tard Society of Women Artists). En 1860, elle fait ses débuts à la British Institution avec Put your finger in the foxhole, vendu pour 3 guinées. Son dernier tableau est exposé à la Royal Hibernian Academy (The Bailiff's Daughter of Islington) en 1891, au prix de 35 livres sterling. Au cours des années qui ont suivi, elle a exposé plus de 120 tableaux dans ces galeries et dans de nombreuses autres, telles que la Society of British Artists (RBA), la Royal Scottish Academy, le Royal Glasgow Institute of the Fine Arts, la Walker Art Gallery, la Manchester Art Gallery, le Royal Institute of Oil Painters. Ses œuvres pouvaient atteindre des prix élevés; par exemple, à la RBA en 1875, On the Sands at Shanklin, Isle of Wight a été vendu 157,10 livres sterling. Elle a également exposé quatre fois à la Royal Academy : une fois en 1861 (Preparing for dinner), deux fois en 1881 (Ophelia et Four miles more) et une fois en 1882 (Sally in our Alley, etc.).
Un exemple d'œuvre de Bowkett qui a fait l'objet d'une interprétation féministe est Preparing Tea (ou Time for tea, comme elle a été rebaptisée lorsqu'elle a été vendue pour 2000 livres sterling chez Christie's South Kensington le 16 mars 2011). Cette peinture montre une femme, vraisemblablement une épouse et une mère, étalant de la confiture sur des toasts tout en regardant par la fenêtre, tandis qu'un de ses enfants fait griller du pain près d'un feu et que l'autre porte une paire de pantoufles d'homme. Il a été suggéré que Bowkett laisse une certaine ambiguïté dans l'expression faciale de la mère lorsqu'elle voit le train de son mari approcher au loin. Ce critique suggère également que l'œuvre de Bowkett combine des concepts de la vie quotidienne, des scènes domestiques idéalisées et des idéaux de maternité dans lesquels elle refuse de représenter les femmes comme des modèles de vertu domestique. Cette interprétation est suggérée dans certaines de ses autres œuvres où Bowkett dépeint des femmes qui se préoccupent de leurs tâches domestiques et qui ne répondent pas aux attentes qui leur ont été fixées. Le critique conclut qu'en perturbant l'interaction entre la forme et le contenu, Bowkett est capable de laisser une ambiguïté morale dans son œuvre.
Il a été suggéré que Bowkett considérait les jardins d'hiver comme une forme de paradis artificiel. Le tableau Young Lady in a Conservatory (1870-1880) représente une jeune femme dans un jardin d'hiver s'occupant d'un lys dans un grand pot. Autour d'elle se trouvent d'autres plantes telles que des fuchsias, des pélargoniums et des fougères. Il a également été suggéré que cette œuvre dépeint un sentiment d'enfermement et fait un commentaire social sur les restrictions morales imposées aux femmes de la classe moyenne à cette époque (1870-1880) et que les étamines saillantes du lys font référence à un éveil sexuel, ce qui renvoie aux concepts de restrictions morales.
Percival DeLuce
Percival DeLuce était peintre de genre et portraitiste américain né à New York le 26 février 1847 et mort le 21 février 1914 dans la même ville.
Il était l'aîné des trois fils d'Henry DeLuce et de Jane Elizabeth Weller et l'arrière-petit-fils du peintre Thomas Thompson (1776-1852). Son père était droguiste en gros et sa mère était la fille de John Weller, un restaurateur new-yorkais prospère avec lequel elle vécut après la mort de son mari Henry en 1852. Jane Weller DeLuce s'est remariée en 1855 avec John Rogers Hudson, qui est devenu le partenaire de James Earl Budlong dans le domaine de la bijouterie en gros, jusqu'à ce que l'entreprise de Providence (Rhode Island) fasse faillite lors d'une panique financière nationale aux alentours de 1859. Les cinq membres de la famille retournent alors s'installer dans la grande maison familiale des Weller, située sur Washington Square Park, à New York.
Percival DeLuce a été éduqué dans des «écoles de dames» où il a rencontré John Irving, un neveu de Washington Irving, qui est devenu son meilleur ami pour la vie. Sa formation artistique débute à l'âge de 14 ans, en 1861, lorsqu'il commence à travailler chez Gibson's Stained Glass Establishment. C'est là qu'il se rend compte de son besoin et de son intérêt pour le dessin et qu'il s'inscrit aux cours de Thomas Seir Cummings, l'un des fondateurs de la National Academy of Design. En plus de ses études avec Cummings, Percival s'inscrit en 1865 à l'Antique School of the National Academy of Design, qu'il quitte la même année pour des raisons inconnues afin d'étudier avec Edwin White, un peintre de portrait de genre qui a étudié à Paris, Rome et Düsseldorf.
À 20 ans, sur les conseils de White et avec le soutien financier de son grand-père Weller, DeLuce s'embarque en 1867 pour ce qui deviendra la première de ses deux longues expériences européennes. Après avoir séjourné à Londres et dans sa famille à Canterbury, il commence à étudier pendant près de trois ans à l'Académie royale d'Anvers jusqu'en 1870, année de la mort de son grand-père Weller et du déménagement de sa mère à Brooklyn. En mai de cette année-là, il part à Paris pour étudier à l'Académie Julien pendant quelques mois avant d'aller étudier à Bruxelles à l'Académie royale. La guerre franco-prussienne l'empêche de retourner à Paris. En 1872, la mère de Percival et les membres de la famille élargie, dont des cousins et deux de ses demi-frères, arrivent à Bruxelles pour entrer à l'école. DeLuce a gardé son propre logement et son propre studio, bien que les membres de la famille lui rendent visite et posent occasionnellement pour lui.
Au cours de l'été 1873, toute la famille retourne à Brooklyn où il rejoint les siens tout en conservant un studio au 19 Elm Street, toujours à Brooklyn. C'est là que ses peintures sont acceptées dans les expositions de la Brooklyn Art Association et, plus important encore, de la National Academy of Design New York.
Le 24 août 1875, Percival DeLuce épouse Emma Budlong, la fille aînée de James E. Budlong, l'ancien associé de son beau-père, et ils s'installent dans leur propre maison à Brooklyn. Le 15 mai 1877, Percival et Emma partent via Londres et Canterbury pour sa deuxième expérience européenne, cette fois-ci pour une année d'études dans la populaire colonie d'artistes de Barbizon et un retour à Paris. Bien qu'il soit en possession de la lettre d'introduction requise, le couple séjourne dans le village d'Ecouen, où il avait séjourné quelques jours en 1870, mais cette fois pour trois mois avant de se rendre à Paris pour entrer à l'école de Léon Bonnat, qui sera plus tard à la tête de l'Académie française. Après leur séjour à Paris, le couple retourne pour deux mois supplémentaires à Écouen, suivis de courts séjours à Bruxelles et à Atwerp avant de retourner à New York en octobre 1878 dans la maison de la grand-mère Weller. Il s'installe alors dans un studio au 153 de la Cinquième Avenue.
La première fille du couple, Marion, naît en 1879, année où Percival crée la première des nombreuses illustrations qu'il réalisera pendant plusieurs années pour le Harper's Magazine. Il expose également une œuvre qu'il a peinte à Écouen et des portraits à l'exposition de la National Academy of Design. En 1863, il est élu à la tête du département artistique du Packer Collegiate Institute de Brooklyn et est l'un des trois seuls membres de la faculté à occuper un poste de professeur à part entière. Ses œuvres sont régulièrement acceptées non seulement dans les expositions de la National Academy of Design, mais aussi dans d'autres expositions sélectives, et il possède un studio dans le Sherwood Building, un centre populaire pour les artistes new-yorkais.
À l'âge de 7 ans, Marion meurt d'une fièvre typhoïde. Un peu plus d'un an plus tard, le 27 juillet 1888, une deuxième fille, Olive, naît de parents encore endeuillés par la mort prématurée de leur unique enfant. L'amour et la dévotion de cet artiste pour ses filles sont bien documentés par le nombre de croquis et de portraits qu'il a faits d'elles au fur et à mesure qu'elles grandissaient.
En 1890, Percival démissionne de son poste à l'Institut Packer pour se consacrer entièrement à la peinture, y compris à un nombre croissant de commandes de portraits. Le 11 mars 1897, DeLuce est élu membre associé de la National Academy of Design, ce qui signifie que la plupart des artistes professionnels de l'époque recherchent une reconnaissance «officielle». Auparavant, il était membre de l'American Water Color Society ainsi que d'autres organisations professionnelles. En 1913, sa vue baisse. Il a changé sa technique de peinture et la plupart de ses œuvres sont de petites études de nature à l'huile contenant une beauté de lumière, de couleur et de forme, qui sont peut-être plus abstraites qu'auparavant, mais néanmoins représentatives et formelles.
Sa première opération de la cataracte est un succès, mais il meurt avant la deuxième opération, l'été suivant, d'un rhume qui s'est transformé en pneumonie, à l'âge de 67 ans, le 21 février 1914, à l'hôpital presbytérien de New York. Il est enterré au cimetière de Greenwood aux côtés de sa fille Marion.
Joséphine Bowes
Joséphine Bowes, comtesse de Montalbo (née Joséphine Benoîte Coffin-Chevallier ; 1825 - 9 février 1874) était une actrice, artiste, collectionneuse et mécène d'origine française. Elle était mariée à un autre collectionneur, John Bowes, fils de John Bowes, 10e comte de Strathmore et Kinghorne. Elle et son mari ont fondé le Bowes Museum à Barnard Castle, Teesdale.
Joséphine Benoîte Coffin-Chevallier est née en 1825, fille d'un horloger et d'une comédienne, elle-même comédienne à Paris sous le nom de Mlle Delorme. Elle est actrice de vaudeville, actrice, comédienne et chanteuse au Théâtre des Variétés. Coffin-Chevallier rencontre John Bowes, un riche propriétaire terrien, lorsqu'il achète et gère le théâtre. Ils se découvrent un amour commun pour les arts, et l'on pense qu'ils entament une relation peu de temps après leur rencontre en 1847. Après leur mariage en 1852, elle se retire de la scène pour se consacrer à la peinture et à la collection d'œuvres d'art. En guise de cadeau de mariage, John Bowes lui acheta l'ancienne demeure d'une des maîtresses du roi Louis XV, le château du Barry, qui devint leur résidence.
Après son mariage avec John Bowes, elle devient une hôtesse réputée. Elle était considérée comme l'une des grandes teneuses de salon et mécènes de Paris à l'époque. La Revue Critique a écrit à propos de ses réunions d'artistes, d'intellectuels et de la société française des années 1860 que «les salons de Madame Bowes comptent parmi les plus brillants de Paris». Elle était célèbre pour ses goûts en matière de mode et de joaillerie, et une facture de 1872 de l'une de ses visites au plus grand couturier de l'époque, Charles Worth, équivaut à 114 000 livres sterling en monnaie moderne (2020).
Bowes est devenue une mécène à grande échelle et est connue pour avoir commandé des pièces de théâtre à plusieurs dramaturges de l'époque. Elle était également douée pour reconnaître les œuvres d'art qui allaient faire sensation, achetant des œuvres impressionnistes avant que l'impressionnisme n'ait eu un grand impact.
Bowes était une artiste amateur talentueuse qui a étudié avec le peintre paysagiste Karl Josef Kuwasseg. Elle finit par devenir une artiste qualifiée, et ses œuvres furent exposées à quatre reprises à la fin des années 1860 à l'Académie des Beaux-Arts de Paris et une fois à la Royal Academy de Londres - une réussite inhabituelle pour une femme de l'époque. Le Bowes Museum conserve encore cinquante-cinq de ses peintures dans sa collection, dont la plupart sont des paysages.
Dans les années 1860, les Bowes conçoivent l'idée de fonder un musée à partir des collections déjà importantes de John. La vision de Joséphine était de créer un lieu où les mineurs de charbon et les fermiers de la région pourraient découvrir les beaux-arts et améliorer leur vie. Elle vendit le château du Barry afin de collecter des fonds pour le projet, et est connue pour avoir vendu certains de ses diamants les plus précieux afin de financer l'achèvement du musée. Le musée la considère comme la force motrice du projet. En 1862, le couple commence la collection destinée spécifiquement à un musée sur les terres ancestrales de Bowes à Teesdale. Le couple charge l'architecte Jules Pellechet, qui avait déjà travaillé avec eux en France, de concevoir un musée à Barnard Castle, qui est la ville la plus proche de la maison familiale de John, Streatlam Castle.
Au cours des douze années suivantes, quinze mille objets furent achetés pour remplir le bâtiment projeté. Bowes collectionnait des pièces d'un large éventail. D'après les documents qui restent, les archivistes de la collection Bowes supposent que Bowes utilisait son propre regard artistique pour collectionner des pièces d'arts décoratifs telles que des céramiques, de l'argenterie et des tapisseries. Elle fit également de nombreux achats lors des expositions internationales qui eurent lieu à Paris en 1862, en 1867 et à Londres en 1871. Ses achats de tableaux bénéficient de ses amitiés avec de jeunes artistes, et elle travaille également avec deux marchands parisiens, Mme Lepautre et A. Lamer, qui ont laissé des registres annotés de leurs transactions, toujours conservés par le musée. Elle achète des œuvres d'artistes aussi divers que El Greco, Cannaletto, Boucher, Anne Vallayer-Coster, Courbet, et Charles Joshua Chaplin.
Le couple n'a pas eu d'enfants. En 1868, son mari acheta à la nation de Saint-Marin le titre de comtesse de Montalbo pour Bowes, afin d'élever son statut. En tant que fils illégitime, John Bowes n'avait pas hérité des titres de son père. Ils visitent régulièrement les domaines familiaux à Durham, au Royaume-Uni, et choisissent cet endroit pour créer le musée d'art, à la fois pour répondre aux besoins de la population locale en matière d'art et pour créer un héritage. Bowes s'est attachée à constituer une collection digne du musée, achetant des œuvres qui, même si elles n'étaient pas de son goût, lui semblaient devoir être exposées dans un tel lieu.
Lors de la cérémonie marquant la pose de la première pierre, Bowes aurait dit à son mari: «Je pose la première pierre, et vous, M. Bowes, poserez la deuxième». Joséphine a officiellement posé la première pierre du musée le 27 novembre 1869, mais elle était apparemment trop malade pour le faire physiquement et s'est contentée de la toucher avec une truelle. Le bâtiment du musée, dans le style d'un château français, n'a été achevé qu'en 1892. Bowes n'a pas vécu assez longtemps pour voir l'achèvement du musée. En mauvaise santé depuis les années 1850, elle mourut d'une maladie pulmonaire à l'âge de quarante-huit ans, à Paris, le 9 février 1874. Même dans les derniers jours de sa vie, on sait qu'elle veillait à ce que les nouvelles pièces de la collection du musée soient envoyées à Teesdale. John Bowes est décédé en octobre 1885 à Streatlam, et a été enterré à côté de Joséphine à Gibside.
Ernest Dupont
Ernest Dupont est un peintre de genre français né à Paris en 1825 et décédé en 1888. Il fut l'élève de Paul Delaroche (1797-1856).
Voici ce qu'a écrit Charles Baudelaire au sujet de ce peintre dont je ne sais pas grand chose:
Nous avons rencontré un pauvre petit portrait de demoiselle avec un petit chien, qui se cache si bien qu’il est fort difficile à trouver; mais il est d'une grâce exquise. C'est une peinture d'une grande innocence, apparente, du moins, mais très bien composée, et d’un très joli aspect; un peu anglais1.
Note de Henri Lemaitre, Ancien élève de l'École Normale Supérieure Agrégé de l'Université, Docteur ès lettre, dans "Curiosités esthétiques - L'Art romantique et autres Œuvres critiques de Baudelaire" (1962):
1. Ernest Dupont devait continuer dans cette voie et se spécialiser dans les portraits de jeunes filles, genre dans lequel il était normal qu'il parût un peu anglais, à une époque où, sur la lancée de l’anglomanie romantique, la «manière anglaise» en peinture était encore fort à la mode. Et Baudelaire, dont le goût et l'esthétique doivent tant à l'Angleterre, ne pouvait manquer de faire cette dernière remarque.
Louise Mercier
Louise Claudine Mercier, née à Paris en 1862 et décédée à Paris en 1925, était une peintre de genre. Elle fut l'élève de son père Charles Jean Mercier (1832-1909) et de Jules Lefebvre. Elle exposa des œuvres au Salon des Artistes Français de 1879 à 1907; elle obtient la mention Honorable en 1896.
Louise Mercier fut officier d'Académie.
Timoléon Lobrichon
Timoléon Marie Lobrichon, né le 26 avril 1831 à Cornod et mort en 1914, était un peintre et illustrateur français, célèbre pour ses représentations de l'enfance.
Lobrichon est l'élève de François-Édouard Picot.
En 1856, il crée un album de bande dessinée en format italien, Histoire de Mr Tuberculus, aventure d'un garçon rêveur avec un gros nez. Vers cette époque, il est l'auteur de portraits charge pour L'Album du Gaulois.
Peintre d'histoire, de portrait et de genre, il est connu en particulier pour ses compositions mettant en scène des enfants, largement reproduites à l'époque sous forme de gravures, par la maison internationale Goupil & Cie.
On peut ainsi citer les toiles Un coin du jardin du Luxembourg, Poucet et Maddy ou encore La Vitrine du magasin de jouets. Outre les portraits d'enfants, Lobrichon fut également remarqué pour ses paysages jurassiens et normands, ou son portrait de Michelet.
En 1883, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.
Il a vécu à Elbeuf et était ami avec le peintre Edmond-Adolphe Rudaux.
Édouard d'Apvril
Édouard d'Apvril, né Marie Antoine Philibert Édouard d'Apvril le 8 janvier 1843 à Grenoble, décédé le 12 octobre 1928 était un peintre français.
Il fut élève de Félix Cottavoz à Grenoble et d'Isidore Pils à Paris. En 1868, son premier envoi au Salon de Paris (Jeune fille à sa toilette et Portrait de jeune homme) est accepté. Il y participera régulièrement par la suite jusqu'en 1885. Après ses études à l'École des Beaux-Arts, il revient à Grenoble pour se consacrer à son art.
Inspiré par les maîtres flamands et hollandais qu'il copiait à ses débuts au musée de Grenoble, il fit un voyage en Hollande en 1887. Il fréquenta le cercle des peintres qui se retrouvaient le dimanche à Proveysieux. Il perd la vue à partir de 1918.
Édouard d'Apvril est enterré au cimetière Saint-Roch de Grenoble.
Il fut avant tout un peintre de genre et un portraitiste.
Léon Bonnat
Léon Bonnat, né le 20 juin 1833 à Bayonne et mort le 8 septembre 1922 à Monchy-Saint-Éloi, était un peintre, graveur et collectionneur d'art français.
Il est grand-croix de la Légion d'honneur.
Originaire de Bayonne, Léon Joseph Florentin Bonnat vit entre 1846 et 1853 à Madrid, où son père Joseph Bonnat est libraire et où il étudie la peinture auprès de José de Madrazo y Agudo et de Federico de Madrazo. Il arrive à Paris en 1854, et devient l'élève de Léon Cogniet à l'École des beaux-arts. Sa Résurrection de Lazare lui vaut un deuxième prix au prix de Rome en 1857.
L’étude des maîtres espagnols au musée du Prado a fait que sa peinture soit à l'avant-garde de la peinture française dans les années 1850, opposant le néo-classicisme et utilisant une palette de tons terreux et de fonds neutres, ainsi qu’un coup de pinceau lâche et déterminé.
Il fait un long séjour un voyage en Italie au début des années 1860, où il fait partie du groupe des Caldarrosti avec Jean-Jacques Henner et Edgar Degas. Il visite l'Orient et voyage en Grèce et au Moyen-Orient à la fin des années 1870.
À son retour, il se consacre aux scènes de genre et plus particulièrement au portrait.
On lui doit ainsi environ 200 portraits de personnalités de son temps, parmi lesquels ceux de Louis Pasteur, Alexandre Dumas (fils), Henri Germain, Victor Hugo, Dominique Ingres, Joseph-Nicolas Robert-Fleury, Hippolyte Taine, Sosthènes II de La Rochefoucauld duc de Doudeauville et son épouse Marie princesse de Ligne, de leur fils Armand de La Rochefoucauld, Pierre Puvis de Chavannes, et parmi les personnalités politiques, ceux de Léon Gambetta, Jules Ferry, Armand Fallières, Adolphe Thiers, Jules Grévy, Émile Loubet, le duc d'Aumale ou Ernest Renan.
Dans son autoportrait du musée du Prado, on peut voir comment sa peinture a évolué vers des formes plus audacieuses, en grattant le pinceau et en utilisant la spatule, avec un colorisme étendu, ce qui lui valut d'être considéré comme un peintre académique.
Portraitiste à succès, il est comblé d'honneur et devient membre de l'Académie en 1881.
La peinture religieuse de l'époque n'était pas toujours d'une dévotion suffisamment canonique aux yeux de l'Église ou de l'administration qui pourvoyait aux ornements du culte. Bonnat fait partie des rares élus qui parviennent à concilier le Salon et l'autel. Son Saint Vincent de Paul prenant la place d'un galérien, grand succès au Salon de 1866, est conservé à Paris à l'église Saint-Nicolas-des-Champs. Ce tableau à sensation, aux effets anatomiques musclés, rappelle l'Espagne.
Il est l'auteur du Martyre de Saint-Denis, peinture murale de 1880 au Panthéon de Paris.
Léon Bonnat est nommé chef d'atelier de peinture de 1888 à 1905, à l'École des beaux-arts de Paris, où il forme de nombreux élèves dont Henri de Toulouse-Lautrec, Raoul Dufy, Charles Bernier, Léon Cassel, Gustave Caillebotte et Othon Friesz.
Selon les élèves qui ont traversé ses salles de classe, c'est un excellent professeur. Comme tous les professeurs de l'École, il est chargé d'instiller la liberté d'interprétation et la liberté d'exécution. Il leur fait connaître la peinture espagnole et recommande le voyage à Madrid pour visiter le musée du Prado. Il introduit ainsi «la manière de peindre à l'espagnole», ce qui influencera l'évolution de la peinture française.
Il est élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur le 14 octobre 1900.
Entre 1900 et 1922, il dirige les Musées nationaux.
Directeur de l'École des beaux-arts en 1905 en remplacement de Paul Dubois décédé, il le restera jusqu'à sa mort.
Il meurt à Monchy-Saint-Éloi en 1922, léguant une importante collection de peintures, de dessins et de sculptures au musée Bonnat-Helleu à Bayonne. Il est inhumé au cimetière Saint-Étienne de Bayonne.
Théophile Gautier rédige une dizaine de critiques sur les tableaux de Bonnat dans Le Moniteur universel. Il dira de ses Paysans napolitains qu'ils sont une « petite merveille9 ». Il figure ainsi parmi les premiers exposants de la Société nationale des beaux-arts en 1863.
La critique cependant n'a pas toujours épargné Bonnat, qui se plaint dans une lettre à Théophile Gautier du 26 mai 1865: «on me maltraite fort cette année». Il fait allusion à la réception d’Antigone conduisant Œdipe aveugle, dont le réalisme semble vulgaire aux critiques habitués aux représentations d'une Grèce classique idéalisée.
Mais il a ses défenseurs, comme Théodore Véron qui voit paradoxalement en lui une des «têtes du mouvement réaliste», et loue à propos d'un Christ «cette dramatique interprétation du Sauveur […] [qui] troubla la plupart des esprits bornés aux sempiternels clichés. Ce fut une révolte générale contre cette insurrection de la pensée libre».
La dominante brune des toiles de Bonnat a fait l'objet de nombreuses plaisanteries scatologiques chez ses détracteurs, notamment de la part d'Alphonse Allais dans ses chroniques.
Alphonse Gaudefroy
Alphonse Gaudefroy était un peintre français né à Gentilly le 15 mars 1845 et mort à Bréhat en 1936.
Alphonse Gaudefroy est l'élève de Léon Cogniet et d'Alexandre Cabanel à l'École nationale des Beaux Arts. Il est second Prix de Rome en 1874 (Mention honorable en 1884). Restaurateur officiel à la Manufacture de Beauvais et aux Gobelins, il est également décorateur de trumeaux, plafonds, dessus de portes, à Paris, Versailles ou Fontainebleau, ainsi que dans plusieurs châteaux français. Ami de Jules Dalou, il peint en 1889 le sculpteur travaillant à son Triomphe de la République (aujourd'hui au Middlebury College Museum of Art).
Edmond-Adolphe Rudaux
Edmond-Adolphe Rudaux né à Verdun le 10 février 1840 et mort en juin 1908 à Donville-les-Bains était un peintre, illustrateur et graveur français.
Connu pour ses représentations d'enfants à la plage, il est le père de l'astronome Lucien Rudaux (1874-1947) et du peintre Henri Rudaux (1870-1927).
Edmond-Adolphe Rudaux est né à Verdun le 10 février 1840.
Il est d'abord élève du peintre de fleurs Victor Leclaire (1830-1885) et d'Eugène Lavieille. Il habite à cette époque au 54, rue de La Rochefoucauld à Paris. Il expose pour la première fois au Salon en 1863 deux natures mortes.
L'année suivante, il envoie au Salon une première scène de genre. Il épouse Marie-Louise Libert en 1864, dont il aura deux enfants. Puis il fréquente en voisin l'atelier de Gustave Boulanger (1867). Il produit alors des scènes de chasse et de pêche.
En 1870, il présente au Salon une aquarelle, La Petite Curieuse, un projet d'éventail: c'est le début d'une longue série consacrée à la jeunesse et à l'enfance, thème qui marquera désormais une grande partie de son travail. Ses scènes vont vite devenir à la mode et sont copiées de son vivant, comme par exemple sa toile Le Péage (1868), scène champêtre et galante, qui, selon Henri Beraldi, a été reproduite « un nombre incalculable de fois » sous la forme de gravure typo, chromos, carte de vœux, etc.
Vers 1873, il s'installe avec sa famille à Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Il découvre les plages de Veules-les-Roses. Le jeune peintre Émile-Louis Minet lui rend visite pour des conseils. Dans les années 1880, il part vivre à Donville-les-Bains où il fait bâtir une maison appelée «Les Gerbettes». Dans le jardin, il commande un petit observatoire, inauguré le 27 mars 1894, que son jeune fils Lucien utilise et qui déterminera sa vocation.
Il poursuit son travail de peintre en s'inspirant de la région autour de Granville.
Illustrateur d'ouvrages de bibliophilie et travaillant pour les publications d'Alfred Mame destinées à la jeunesse, il ne se contente pas de dessiner, il grave également. On estime sa production à plus de 200 eaux-fortes, publiées entre autres chez Cadart dans L'Eau-forte en (quatre pièces, 1874-1881) et chez Conquet (Paris), dont une remarquable suite pour les Nouveaux contes à Ninon (1882) d'Émile Zola.
Il meurt en juillet 1908, chez lui, à Donville-les-Bains.
Thomas Falcon Marshall
Thomas Falcon Marshall (1818-1878) était un artiste anglais, connu comme peintre à l'huile et à l'aquarelle. Il a peint des portraits et des paysages, ainsi que des peintures historiques.
Marshall est né à Liverpool en décembre 1818 et a travaillé principalement dans cette ville et à Manchester. Lors de l'exposition de l'Académie de Liverpool en 1836, il présente quatre tableaux. En 1840, la Society of Arts lui décerne une médaille d'argent pour une peinture à l'huile représentant une figure et, en 1839, il expose pour la première fois à la Royal Academy. Vers 1847, il s'installe à Londres.
Marshall meurt à Kensington le 26 mars 1878.
Marshall a exposé 60 œuvres à la Royal Academy, 40 peintures au British Institute et 42 à la Suffolk Street Gallery. Il était également bien représenté aux expositions de Liverpool et de Manchester. The Coming Footstep (1847) est entré dans la collection nationale à South Kensington. Emigration - The Parting Day et Sad News from the Seat of War sont d'autres exemples bien connus de son travail.
Marshall était marié. Sa femme, Amelia Jane, lui a survécu, ainsi qu'un fils.
George Hardy
George Hardy (1822-1909) était un peintre de genre anglais, membre de la colonie de Cranbrook et frère aîné de l'artiste Frederick Daniel Hardy.
George Hardy est né à Brighton, dans le Sussex. Il est l'aîné des huit enfants de George Hardy (1795-1877) et de son épouse Sarah (née Lloyd) (1803-1872). Le père de George était corniste dans le Private Band of Music des maisons royales de George IV, de la reine Adélaïde et de la reine Victoria. Son père était également un artiste amateur, qui a reçu l'enseignement de James Duffield Harding et d'Edmund Bristow. Les ancêtres de George Hardy étaient originaires de Horsforth dans le Yorkshire; Gathorne Gathorne-Hardy, premier comte de Cranbrook, était son petit-cousin.
George Hardy est admis aux Royal Academy Schools en 1841 sur la recommandation de Thomas Webster, ami de la famille et parent de la mère de Hardy.
Les peintures d'intérieurs de cottages de Hardy reflètent l'influence de Thomas Webster et des peintres de genre hollandais du XVIIe siècle, comme on peut le voir par exemple dans The Leisure Hour (1855). Au cours des années 1850, George Hardy aide son jeune frère Frederick Daniel, en particulier à améliorer sa peinture de figures humaines. Ils collaborent à quelques tableaux.
Les voyages de Hardy en Normandie ont fourni des sujets pour plusieurs tableaux exposés à la Royal Academy. La Sœur de Charité (1866) est une étude d'une maison de pêcheur en France. Hardy a exposé 41 tableaux à la Royal Academy entre 1846 et 1892.
Après son mariage en mai 1862 avec Ellen Hutton (1833-1894), Hardy vit à Cranbrook dans le Kent et est membre de la colonie d'artistes de Cranbrook. Il est représenté derrière son frère Frederick Daniel Hardy dans The Dismayed Artist (1866), peint par F.D. Hardy. Dans ce tableau, F.D. Hardy vient d'arriver pour continuer son travail, mais il est consterné de voir que les murs pittoresques sont en train d'être recouverts de lait de chaux. L'idée de ce tableau pourrait être liée à un commentaire paru dans The Art Journal à propos de l'exposition de George Hardy à la Royal Academy, Interior of an English Cottage (1849): «Chaque brique du sol est marquée; c'est une histoire réussie dans tous les domaines, à l'exception du blanc autour de la cheminée.
George et Ellen Hardy ont eu quatre enfants. Après la mort de sa femme, George Hardy vit avec sa fille Louise et son mari, le révérend Charles Pratt, à Eastbourne, puis à Warbleton, dans le Sussex, où il meurt en 1909, à l'âge de 86 ans. La plus jeune fille de George Hardy, Marguerite Ellen, était une artiste qui peignait des scènes de montagne dans le col de Khyber après son mariage avec le professeur Llewellyn Tipping, l'un des fondateurs de l'Islamia College, à Peshawar, et son premier directeur.
Henry Woods
Henry Woods (22 avril 1846 - 27 octobre 1921) était un peintre et illustrateur britannique, et l'un des principaux artistes de l'école néo-vénitienne.
Henry Woods est né à Warrington dans une famille de la classe moyenne. Son père, William, est prêteur sur gages et, pendant un certain temps, conseiller municipal; sa mère, Fanny, est commerçante. Il est l'aîné d'une fratrie de neuf enfants.
Woods a étudié à la Warrington School où il a reçu une médaille de bronze du Département des sciences et des arts, et une bourse pour étudier à la South Kensington School of Art, déménageant à Londres en 1865 avec son camarade étudiant en art Luke Fildes: « ils sont devenus le plus grand ami et le confident artistique de l'autre pour la vie.» En 1869, Woods et Fildes sont tous deux devenus illustrateurs pour le journal The Graphic et se sont associés aux artistes John Everett Millais, Hubert von Herkomer et Frank Holl. La même année, Woods a commencé à exposer aux expositions de la Royal Academy - son style étant influencé par Carl van Haanen et Eugene de Blaas - et a continué à le faire jusqu'à sa mort.
En 1871, Woods et Luke Fildes logent ensemble à Finsbury, Londres, puis au 22 King Henry's Road, Haverstock Hill, où chacun dispose d'un studio. Tous deux font partie d'un cercle de dessinateurs de paysages en plein air qui comprend Marcus Stone et Charles Edward Perugini. En 1874, Woods devient le beau-frère de Fildes à la suite du mariage de ce dernier avec sa sœur, Fanny, également artiste.
Woods se rend pour la première fois à Venise en 1876 et, malgré quelques retours en Angleterre, il y reste et y travaille de 1878 à la fin de sa vie, dépeignant la vie quotidienne des Vénitiens; il se lie d'amitié avec la colonie d'artistes composée de Ludwig Passini, August von Pettenkofen, Cecil van Haanen, Eugene de Blaas, Roussoff, Ruben et Thoren; il rencontre Whistler en 1879-1880, qu'il présente à Roussoff, et se lie d'amitié avec Sargent. Durant l'été 1880, il visite l'Angleterre et s'engage dans les Artists' Rifles - il est volontaire depuis quelques années - s'exerçant aux manœuvres sur Wimbledon Common et montant la garde lors des banquets de la Royal Academy.
Ce sont ses peintures de Venise de 1881, At the foot of the Rialto et The Gondolier's Courtship, qui lui permettent de devenir membre associé de la Royal Academy en 1882; en 1893, il en devient membre à part entière, aux côtés d'Henry Moore et de John MacWhirter. Avant 1882, il dispose d'un studio dans la Casa Raffaelli, après quoi il s'installe dans un studio plus grand donnant sur le Grand Canal, près de l'église San Maurizio, tout en travaillant au village de Serra Valle pendant «la pleine chaleur de l'été vénitien». L'impératrice Frederick, qui discute favorablement de ses peintures de Serra Valle, est l'une des visiteuses de son studio. En 1890-92, Woods écrit des lettres de Venise qui sont publiées dans le Daily Graphic.
En 1889, une œuvre présentée à l'Exposition universelle de Paris remporte une médaille de bronze.
Woods était également membre de l'Arts Club et membre honoraire de l'Accademia di Bella Arte.
À l'exception de deux ans et demi avant 1919 et de visites occasionnelles en Angleterre pour exposer à la Royal Academy, Woods resta à Venise jusqu'à la fin de sa vie, dernièrement à l'hôtel Calcina près des Zattere. Le 27 octobre 1921, Woods peignait le matin au palais ducal et retournait en gondole à la Calcina pour le déjeuner. Le gondolier revient plus tard et trouve Woods mort à côté de son chevalet. Un service commémoratif a été organisé à San Vio, l'église anglaise, après quoi il a été enterré dans le cimetière protestant.
Étienne Aubry
Étienne Aubry, né le 10 janvier 1745 à Versailles et mort dans la même ville le 24 juillet 1781, était un peintre français.
D’une famille peu aisée, Étienne Aubry montra tôt des dispositions pour le dessin. Il commença sa formation artistique avec Jacques Augustin de Silvestre, «maitre à dessiner des enfants de France», avant d’entrer dans l’atelier du peintre néoclassique Joseph-Marie Vien, futur directeur de l'Académie de France à Rome et Premier peintre du roi.
Dans les premières années de sa carrière, Aubry travailla presque exclusivement comme portraitiste, et c’est en tant que tel qu’il fut agréé à l’Académie royale en 1771. Il fit ses débuts au Salon de la même année, exposant quatre portraits. Il connait ses premiers succès dans ce genre, portraiturant certains de ses plus célèbres contemporains : Christoph Willibald Gluck, Étienne Jeaurat (vers 1771), Madame Victoire jouant de la harpe (1773), etc. Le 30 septembre 1775, il est reçu à l’Académie royale comme portraitiste avec les portraits de Noël Hallé et de Louis-Claude Vassé comme morceaux de réception. À partir de ce moment, voulant donner plus d’essor à son talent, il se mit à peindre, à la façon de Jean-Baptiste Greuze, dans le genre plus considéré dans la hiérarchie des genres, des scènes de genre pathétiques et morales, tirées de la vie domestique. En fait, après n’avoir exposé que des portraits aux Salons de 1771 et 1773, n’avoir présenté qu’un seul portrait, avec un certain nombre de scènes de genre, en 1775, comme l’Amour paternel, il n’exposa aucun portrait en 1777, où sa présentation du Mariage rompu au salon de 1777 eut un grand succès.
Bien décidé à devenir peintre du «grand genre» d’histoire, il se rendit, avec la protection du surintendant des bâtiments de France, comte d'Angiviller, son mécène le plus important, à Rome, à l’automne 1777, afin de se former à la peinture d’histoire. Ses images d’histoire ne rencontrèrent cependant pas le succès escompté, il peignit très peu et, en 1780, il retourna, malade de fièvres, en France où il mourut l’année suivante. Il avait néanmoins pu réaliser Les Adieux de Coriolan à sa femme (1781), sa dernière tentative dans la grande manière, exposé à titre posthume au Salon à l’automne 1781, qui remporta un grand succès. Selon Bachaumont, «l’on trouve une couleur vraie, une composition sage, un effet net, et surtout un excellent gout de l’antique». Pour la Gazette des beaux-arts, il «fut certainement un des meilleurs, bien que son œuvre peu abondante».
Aubry était très apprécié de ses contemporains. Diderot a écrit à son sujet: «M. Aubry marche à grands pas dans sa carrière; ses portraits sont des garants des succès qu’il peut se promettre de jour en jour. M. Jeaurat est vivant; et beaucoup d’autres ne lui cèdent point en force, en couleur et en ressemblance. C’est un agréé qui vaut plus d’un agréant.» Son œuvre a été gravé par Delaunay, Saint-Aubin, ou encore Le Vasseur. Frère cadet de Philippe-Charles Aubry, à qui l’on doit la première traduction française des Passions du jeune Werther, il avait épousé la fille de son collègue Louis-René Boquet, Marie-Madeleine Boquet, dont il eut un fils, Marie-Augustin, né à Paris vers 1774, entré dans l’atelier de Vincent à l’école de l’Académie de 2 avril 1788 et il était encore en 1791.
Jean-Baptiste Greuze
Jean-Baptiste Greuze, né le 21 août 1725 à Tournus et mort le 21 mars 1805 à Paris, est un peintre et dessinateur français.
Jean-Baptiste Greuze est né le 21 août 1725 à Tournus en Saône-et-Loire. Fils d'un entrepreneur et architecte, Jean-Baptiste Greuze fut dès sa plus tendre enfance attiré par le dessin, malgré la volonté de son père qui le destinait au commerce. Il fut soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon, dont il sera l'élève. Greuze suit son professeur à Paris où il s'installe en 1750. Il devient l'élève de Charles-Joseph Natoire à l'Académie royale de peinture et de sculpture, professeur avec lequel il eut des démêlés.
Ses débuts au Salon de 1755 furent un triomphe. Son Père de famille lisant la Bible à ses enfants connaît un grand succès. Il devient membre associé de l'Académie. Il part étudier à Rome de 1755 à 1757 et il y peint Les Œufs cassés peu de temps après son arrivée.
Aux couleurs claires et lumineuses, à l'attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d'influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l'idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie. Il capture les détails des décors et des costumes, parle au cœur, éduque les observateurs et cherche à les rendre "vertueux".
Le 3 février 1759, il épouse Anne-Gabrielle Babuty, fille d'un libraire du quai des Augustins, François Babuty, dont il expose en 1761 le portrait. Cette même année, il suscite l'engouement du public et de la critique au Salon, avec son Accordée de village.
L'année suivante, le 16 avril, à Paris, son épouse donne naissance à une première fille qu'ils prénomment Anna-Geneviève. Elle embrassa la carrière de son père qu'elle soutiendra jusqu'à sa mort.
Greuze demande le divorce qui est prononcé le 4 août 1793, et il se venge de ses déboires matrimoniaux en exécutant un dessin au lavis intitulé La Femme en colère où Anne-Gabrielle a l'apparence d'une furie; dessin qui est aujourd'hui la propriété du Metropolitan Museum of Art de New-York.
Ayant placé sa fortune en rentes sur l'Hôtel de Ville, la Révolution le ruina entièrement.
Mort en sa demeure sise rue des Fossés Saint Denis (qui longeait le boulevard de Bonne-Nouvelle), Greuze repose à Paris au cimetière Montmartre. Depuis 1864, une rue Greuze, voie du 16e arrondissement de Paris, rend hommage à l'artiste. On peut, d’autre part, toujours voir sa maison natale à Tournus, ville qui érigea une statue en son honneur en 1868 (œuvre de Benoît Rougelet, visible place de l'Hôtel-de-Ville).
La tombe de Jean-Baptiste Greuze et de ses filles: Anna-Geneviève (décédée le 6 novembre 1842) et Louise Gabrielle Greuze (décédée le 10 avril 1812), se trouve dans la 27e division du cimetière de Montmartre à Paris.
On peut y lire (en majuscules):
RIVAL DE LA NATURE, ORGUEIL DE NOTRE FRANCE
IL GARDA TOUJOURS PUR L'HONNEUR DE SES PINCEAUXIL PEIGNIT LA VERTU, L'AMITIÉ, L'INNOCENCE
ET SON ÂME RESPIRE A TRAVERS SES TABLEAUX
Achille Devéria
Achille Devéria était un peintre, illustrateur et graveur français de l'époque romantique, né le 6 février 1800 à Paris et mort le 23 décembre 1857 dans cette ville.
Achille Devéria est le fils d'un fonctionnaire de la Marine, et l'aîné d'une fratrie de cinq enfants. Il suit tout d'abord les cours de peinture d'Anne-Louis Girodet1 puis ceux de Louis Lafitte, dessinateur du roi.
En 1822, alors qu'il commence à exposer au Salon, lui et son frère Eugène (également peintre) ouvrent un cours de dessin.
Achille Devéria fait la connaissance de Victor Hugo et de son épouse un soir de décembre 1824 en attendant l'ouverture des guichets sous les galeries du théâtre de l'Odéon où se donne, depuis le 7 du mois, l'opéra Robin des Bois ou les Trois balles, adaptation française très libre du Freischütz de Weber. Un dessin promis lors de cette rencontre et apporté à Madame Hugo marque le début de leurs échanges réguliers et des visites qu'ils se rendent désormais mutuellement à leurs domiciles respectifs.
Achille Devéria épouse, en 1829, Céleste Motte, fille de l'imprimeur lithographe Charles Motte (1785-1836). D'après leur fils Gabriel «la maison que [son] père possédait rue Notre-Dame-des-Champs n°453 était enfouie dans des jardins: elle avait la tranquillité d'une retraite et la gaieté d'un nid.» Cette maison avait deux entrées. La seconde, plus volontiers indiquée comme adresse officielle dans les catalogues du salon se trouvait au n°38 de l'ancienne rue de l'Ouest (quartier du Luxembourg, ancien 11e arrondissement) qui longeait, à cette époque, la pépinière plantée à l'emplacement de l'ancien enclos des Chartreux.
La maison est à la fois le foyer familial où logent également Eugène et Laure Devéria et le lieu de travail d'Achille qui y installe son atelier. Elle est «gaie et animée par le mouvement [des] six enfants» du couple qui reçoit dans son salon «toute la pléiade romantique.»
Victor Hugo, Alexandre Dumas (père), Prosper Mérimée, Franz Liszt et de nombreux autres artistes et écrivains viennent dans son atelier pour se faire immortaliser. Un portrait d'Honoré de Balzac jeune homme (1825) lui est attribué. Alfred de Musset y déclama ses premiers vers.
Achille exerça son art dans des genres divers. On lui doit des tableaux religieux et des aquarelles fort recherchées. Il est le premier qui ait su appliquer la couleur à la lithographie, avec l'aide de Motte qui effectuait les tirages.
En 1830, Devéria est un illustrateur reconnu qui a publié de nombreuses lithographies (par exemple le frontispice du Faust de Goethe). Il a aussi exécuté des peintures et des gravures érotiques.
Durant le Salon de 1846, son travail est remarqué par la critique. Charles Baudelaire écrit:
Voilà un beau nom, voilà un noble et vrai artiste à notre sens.
En 1849, Devéria est nommé directeur du département des Estampes de la Bibliothèque nationale et conservateur adjoint du département égyptien du Louvre. Il passe ses dernières années à voyager en Égypte, dessinant et transcrivant des inscriptions.
À l’époque romantique, en écho à ce qui advenait au milieu du XVIIIe siècle, on constate une abondance et une qualité d'illustrateurs qui se compromettent en détournant leurs outils au service de ce qui était considéré à l'époque et pendant longtemps, de la pornographie. Les libraires du XIXe siècle dénomment ces anonymes «Devéria et son école». Alfred de Lostalot (1837-1909), rédacteur de la Gazette des beaux-arts dénonce, après sa mort, l'artiste: «Devéria, lui, s’est prodigué dans tous les [mauvais] genres ce qui n’est pas sans avoir fait du tort à son talent et à sa réputation». La chose était donc su mais personne n'en parlait. Parmi les images érotiques composées par Devéria et ses complices, et la multitude des supports licencieux, la lithographie romantique pornographique reste l’image obscène la plus raffinée d’autant que – fait unique dans toute l’histoire de l’art érotique – elle n’est pas la conception d’un artiste isolé aux fantasmes inspirés mais d'un véritable mouvement, uni et concerté. L'a priori qui nous fait appréhender les romantiques français comme des jeunes gens vaporeux, désuets et obsolètes se retrouve mal en point, lorsque nous les découvrons plutôt provocateurs, ardents, lubriques et égrillards, vigoureux héritiers des valeurs émancipatrices du siècle des Lumières.
Achille Devéria est le frère d'Eugène Devéria (1805-1865), peintre lui-aussi, et de Laure Devéria (1813-1838), peintre de fleurs morte prématurément.
Par son mariage avec Céleste Motte, conclu en 1829, il est le gendre de l'imprimeur lithographe Charles Motte. Six enfants naissent de ce mariage, dont
- Théodule Charles Devéria (1831-1871), égyptologue ;
- Sara Dévéria (1838-1914), épousera Paul-Alfred Colin (1838-1916), peintre de marine et de paysage, lauréat du prix de Rome;
- Jean-Gabriel Devéria (1844-1899), sinologue.
Le 14 novembre 1855, Achille Devéria est fait chevalier de la Légion d'honneur.