Edmond-Adolphe Rudaux
Edmond-Adolphe Rudaux né à Verdun le 10 février 1840 et mort en juin 1908 à Donville-les-Bains était un peintre, illustrateur et graveur français.
Connu pour ses représentations d'enfants à la plage, il est le père de l'astronome Lucien Rudaux (1874-1947) et du peintre Henri Rudaux (1870-1927).
Edmond-Adolphe Rudaux est né à Verdun le 10 février 1840.
Il est d'abord élève du peintre de fleurs Victor Leclaire (1830-1885) et d'Eugène Lavieille. Il habite à cette époque au 54, rue de La Rochefoucauld à Paris. Il expose pour la première fois au Salon en 1863 deux natures mortes.
L'année suivante, il envoie au Salon une première scène de genre. Il épouse Marie-Louise Libert en 1864, dont il aura deux enfants. Puis il fréquente en voisin l'atelier de Gustave Boulanger (1867). Il produit alors des scènes de chasse et de pêche.
En 1870, il présente au Salon une aquarelle, La Petite Curieuse, un projet d'éventail: c'est le début d'une longue série consacrée à la jeunesse et à l'enfance, thème qui marquera désormais une grande partie de son travail. Ses scènes vont vite devenir à la mode et sont copiées de son vivant, comme par exemple sa toile Le Péage (1868), scène champêtre et galante, qui, selon Henri Beraldi, a été reproduite « un nombre incalculable de fois » sous la forme de gravure typo, chromos, carte de vœux, etc.
Vers 1873, il s'installe avec sa famille à Saint-Pierre-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Il découvre les plages de Veules-les-Roses. Le jeune peintre Émile-Louis Minet lui rend visite pour des conseils. Dans les années 1880, il part vivre à Donville-les-Bains où il fait bâtir une maison appelée «Les Gerbettes». Dans le jardin, il commande un petit observatoire, inauguré le 27 mars 1894, que son jeune fils Lucien utilise et qui déterminera sa vocation.
Il poursuit son travail de peintre en s'inspirant de la région autour de Granville.
Illustrateur d'ouvrages de bibliophilie et travaillant pour les publications d'Alfred Mame destinées à la jeunesse, il ne se contente pas de dessiner, il grave également. On estime sa production à plus de 200 eaux-fortes, publiées entre autres chez Cadart dans L'Eau-forte en (quatre pièces, 1874-1881) et chez Conquet (Paris), dont une remarquable suite pour les Nouveaux contes à Ninon (1882) d'Émile Zola.
Il meurt en juillet 1908, chez lui, à Donville-les-Bains.
Jean-Baptiste Greuze - Jeune fille assise (non daté) - Restauré
Ce tableau comme plusieurs œuvres de Greuze nous délivre un message. En effet cette jeune femme tient dans sa main un cadre ovale représentant un cœur transpercé d'une flèche, symbole de déception sentimentale. Cet élément, allié au paysage dépouillé et à l'attitude mélancolique du modèle, vêtu à l'antique, rappelle les œuvres peintes à la fin du XVIIIème siècle par Greuze. En effet, les figures féminines en larme accompagnées d'objets altérés ou brisés font référence à la nostalgie de l'enfance et à la perte de la virginité et de l'innocence comme Diderot le suggéra pour des œuvres telles que le miroir brisé ou La cruche cassée conservées à la Wallace Collection de Londres. Ces tableaux peuvent être teintés d'érotisme ou, au contraire, faire appel à la morale. Dans notre œuvre, la flèche n'a pas atteint sa cible et la couronne de victoire que tient la jeune femme semble se faner, tout le pathos de la composition semble simplement suggérer la nostalgie d'un amour perdu. Ce type de sujet remplaça les scènes de genre dramatique dans la veine de L'Accordée de village passées de mode à la fin de la carrière de Greuze. Des personnalités telles que Bachaumont ou le Marquis de Marigny admirèrent les tableaux de cette dernière production et contribuèrent certainement à les mettre à la mode.